« Ce que disent nos rêves » avec Clotilde Leguil sur France Inter

Nos rêves nocturnes, ces espaces et productions qui peuvent nous laisser curieux, inquiets, légers, indifférents… La philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil nous introduit avec pédagogie, simplicité, pertinence et un souci de justesse et de profondeur, à ce domaine qui depuis toujours fascine et questionne l’être humain.

A écouter sans modération si le sujet vous intéresse.

Par France Inter.

« Les rêves sont mystérieux mais rêver semble être la chose du monde la mieux partagée. Grâce à cette série de 7 épisodes, apprenez à les comprendre et à les interpréter. Clotilde Leguil, philosophe et psychanalyste, nous dit tout sur nos nuits, faites de terreurs, de rêves ou de cauchemars.

Le rêve est une expérience hors du commun, une aventure subjective qui nous propulse en un lieu où nous ne pensions pas être. Certains vont être indifférents aux rêves, ne pas se laisser déranger par ce qu’ils ne comprennent pas. D’autres vont même ne jamais s’en souvenir. C’est aussi le sort du rêve de se perdre, de s’effacer, de disparaître. Mais d’autres vont se sentir concernés par un rêve. Comme si le rêve avait quelque chose à leur apprendre sur eux-mêmes, peut-être une vérité cachée ou un désir méconnu. C’est alors que rêver peut devenir une expérience trouble et troublante qui nous ouvre la porte d’un autre monde.

Dans cette série, Clotilde Leguil revient aux origines de l’interprétation des rêves, notamment avec Freud, qui avait saisi que les rêves étaient, non pas des messages prophétiques ni des messages des dieux, mais des messages de l’inconscient. Encore aujourd’hui, au XXIᵉ siècle, le rêve resterait la voie royale d’accès à l’inconscient. La psychanalyste veut nous offrir la chance d’accéder au grand secret que nous sommes pour nous-mêmes. Elle tire des exemples pour nous éclairer dans des œuvres de fiction, de la série En Thérapie, aux films d’Hitchcock ou à ceux de David Lynch. Le cinéma apparu en même temps que la psychanalyse au tout début du XXᵉ siècle ne nous parle-t-il pas aussi de cette expérience d’avoir sous les yeux ce que l’on ne veut pas voir ? De plus, un rêve ne nous montre-t-il pas une scène qui s’apparente à un tableau que l’on regarderait de près sans savoir exactement ce qu’on y voit ?

Le rêve serait la manifestation déguisée d’un désir inconscient. Mais cela ne fonctionne pas à chaque fois, car il y a certains rêves qui tournent au cauchemar et produisent même en nous un effroi. Qu’est-ce à dire ? Freud se serait-il trompé ? Est-ce là une conception réductrice du rêve ? Ou encore, les cauchemars sont-ils des répétitions sans fin des traumatismes ?

Du rêve au cauchemar, en passant par le sentiment d’étrangeté

Le rêve est le lieu d’apparitions. Clotilde Leguil nous emmène dans ce monde qui est aussi celui des fantômes, des apparitions et des disparitions. Le rêve peut nous faire revoir des êtres disparus. Nous avons le sentiment de les retrouver comme s’ils étaient vraiment là, vivants comme avant. Pourtant, nous les perdons à nouveau au réveil. Double perte. Est-ce rassurant ou effrayant ? Que cela signifie-t-il et permet-il ?

Certains rêves, aussi, reviennent nous hanter quelquefois à des dates symboliques, celles qui commémorent un événement qui a fait une cassure dans notre existence, quand nous essayons de l’oublier. Freud disait de l’inconscient qu’il ne connaît pas le temps. Le cauchemar serait-il alors l’épreuve terrible de la répétition du traumatisme ? En prenant au sérieux un cauchemar, nous pouvons apprendre quelque chose sur notre angoisse. L’angoisse qu’une expérience traumatique vienne à se répéter, l’angoisse de retrouver ce devant quoi nous avons été une fois sans défense.

Ce voyage à travers l’inconscient nous emmène dans les rêves et les cauchemars, mais aussi à travers le sentiment d’étrangeté. Freud emploie le mot d’unheimlich pour décrire cette expérience d’une inquiétante étrangeté, cette expérience d’un phénomène bizarre qui se produit dans notre existence et qui peut nous confronter au sentiment d’être comme dans un rêve. Il a hissé cette expérience au rang de manifestation de l’inconscient. Comme si, au cœur du plus familier, il y avait aussi quelque chose d’étranger, qui vient à surgir alors que nous ne faisons pas attention. Dans ces moments-là, on se sent ridiculement perdu, comme si on redevenait un enfant qui ne trouve plus son chemin.

Les rêves et l’enfance

Freud avait découvert à quel point les rêves les plus simples, les rêves d’enfant, se présentent comme de véritables hallucinations, c’est-à-dire des expériences auxquelles le sujet croit vraiment dans le rêve. Tout se passe comme si l’enfant croyait si bien à son rêve qu’il vivait réellement ce qui lui arrive. Pour Freud, les rêves d’enfants permettent de voir à ciel ouvert les désirs inconscients.

Clotilde Leguil parle aussi de ces enfants que nous avons tous été avant que d’être adultes, et aussi de cet enfant en nous que nous avons souvent oublié et qui revient à travers l’angoisse, devant un regard énigmatique, devant une voix un peu trop forte, devant un cri, devant une situation nouvelle. Cette angoisse n’est jamais rationnelle, elle ne donne pas sa cause. Elle nous fait sujet angoissé, mais aussi sujet perdu, et l’on retrouve quelque chose d’une angoisse infantile. La psychanalyste explore donc l’expérience de l’angoisse, de son rapport à l’enfant en nous, en suivant les indices laissés ici et là par Freud, par Lacan, mais aussi par Hayao Miyazaki dans ses créations. » (France Inter)

Et si vous êtes intéressés à aller plus loin, je vous recommande la série de 7 épisodes par Clotilde Leguil : « Ce que disent nos rêves » dans l’émission « L’Inconscient » sur France Inter.

Accès à cette série : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-ce-que-disent-nos-reves

webinaire « UN ENFANT EST BATTU », … 100 ANS APRES

Voici donc la 2è partie de ce webinaire qui aura lieu samedi 16 janvier prochain à partir de 9h. J’ai apprécié la qualité du 1er volet et ne peux que recommander ce 2è à venir.

Pour rappel, le 1er volet avait eu lieu le 7 novembre dernier. Ces deux webinaires proposent une lecture et réflexion sur un texte majeur de Freud, et sa prolongation dans notre contexte, 100 ans après. Ils sont proposés par l’association Caméléon , basée en Nouvelle Aquitaine, et qui a pour objet de, je cite « approcher les cultures adolescentes en lien avec la modernité : réalisation de projets de recherche (séminaires, conférences, bourses d’études, etc)réalisation d’actions d’information, de communication et de prévention des risques en santé de l’adolescent;réalisation d’actions d’information, de communication et de prévention auprès des proches et professionnels de l’adolescence;réalisation d’actions de formation et d’audits;réalisation de recherches actions dans le domaine de l’adolescence« .

Heure et lieu

16 janv. à 09:00 – 12:30Zoom

À propos de l’événement

9h : Ouverture : Dr VALÉRIE ADRIAN, pédopsychiatre, membre titulaire de la SFPEADA, trésorière de CAMÉLÉON.

9h15 : Soumission et survie… de la désobéissance.

Dr RÉMY PUYUELO, pédopsychiatre, psychanalyste, ancien membre titulaire formateur de la SPP, membre de la SEPEA, rédacteur en chef de la revue Empan.

9h45 : Du fantasme à la représentation, en art et au psychodrame.

SARA GUINDANI, docteur en philosophie, psychologue clinicienne, psychanalyste, directrice du programme « Politique des images » à la Fondation Maison des sciences de l’homme, enseignante en théorie de l’art à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis.

10h15 : Débat animé par le Dr VALÉRIE ADRIAN.

10h45 : table ronde « Actualité des violences de l’enfant et de l’adolescent : victime et/ou auteur ? »

· Violences sur l’enfant et protection de l’enfance.

MICHÈLE CRÉOFF, juriste, vice-présidente du Conseil national pour la protection de l’enfance.

· Doit-il y avoir une narration de la violence ? Une lecture des tendances actuelles et de leurs représentations pour l’enfant et l’adolescent.

FLORENT FAUGÈRE et JEAN-PHILIPPE MOUTTE, psychologues cliniciens, vice-présidents de CAMÉLÉON.

· Violences de l’image. Autour de la pornographie : activité ou passivité des enfants et des adolescents ?

MARION HAZA-PERY, psychologue clinicienne, maître de conférences HDR à l’université de Poitiers, secrétaire générale du CILA, présidente de CAMÉLÉON.

12h – 12h30 : réponses aux questions et conclusion

Tarif : Formation permanente: 50,00 € / Individuel : 25,00 € / Membre : gratuit / Étudiant ou sans emploi: gratuit

Renseignements : assocameleon33@gmail.com https://www.cameleon33.org/

webinaire « UN ENFANT EST BATTU », … 100 ANS APRES

Ce webinaire propose une lecture et réflexion sur un texte majeur de Freud, et sa prolongation dans notre contexte, 100 ans après. Il proposé par l’association Caméléon , basée en Nouvelle Aquitaine, et qui a pour objet de, je cite « approcher les cultures adolescentes en lien avec la modernité : réalisation de projets de recherche (séminaires, conférences, bourses d’études, etc)réalisation d’actions d’information, de communication et de prévention des risques en santé de l’adolescent;réalisation d’actions d’information, de communication et de prévention auprès des proches et professionnels de l’adolescence;réalisation d’actions de formation et d’audits;réalisation de recherches actions dans le domaine de l’adolescence« .

Heure et lieu

samedi 07 novembre 2020, 08:30 – 12:30, webinaire

À propos de l’événement

En 1919, Freud propose de prolonger sa théorie des perversions en développant l’idée d’un fantasme fréquemment retrouvé dans les cures d’adultes, celui de la fustigation d’un enfant. Par-là, la complexité de la construction fantasmatique se dévoile : le fantasme prend alors le pas sur la réalité de la violence faite aux enfants.

Dans le texte intitulé « Un enfant est battu », le fantasme en question est potentiellement scandaleux, déroulant une scène de fustigation enfantine, renvoyant à la permanence de la sexualité chez l’enfant et à son caractère polymorphe. L’enjeu de cet écrit est de saisir, d’une part, comment l’activité fantasmatique se doit d’être préservée – et ce au sein même des atteintes réelles et difficilement symbolisables de la violence –, d’autre part, comment le fantasme permet de rester vivant.

Mais qu’en est-il cent ans après ? Peut-on et doit-on considérer l’activité fantasmatique sous le même prisme ? L’actualité des violences, leurs nouvelles formes, que les médias déclinent quotidiennement, ne peuvent que questionner. Mais nous ne devons pas évacuer des violences actuelles la part fantasmatique toujours irréfragablement active. Ainsi, s’il convient de prendre en compte la détresse et la souffrance liées aux atteintes faites aux enfants d’aujourd’hui, il nous faut aussi tenir bon sur la part active et reconstructive du fantasme dans la constitution des récits de soi en analyse.

Nous aborderons dans cette matinée les origines et les développements du texte freudien, tant dans ses dimensions historiques et métapsychologiques que dans le lien fantasmatique unissant Freud et sa fille Anna. Nous insisterons sur la constitution du masochisme chez l’enfant. Les enjeux sociétaux, cent ans après Freud, seront pris en compte dans cette lecture. Pour cela, un magistrat évoquera avec nous, cliniciens, la résonance actuelle du conflit entre représentation et agir, contribuant à éclairer une voie féconde mais complexe de l’accueil de la parole de l’autre et de son interprétation toujours nécessaire.

Une autre demi-journée sera prévu prochainement pour poursuivre les débats autour des violences actuelles faites aux enfants.

*****

9h : Ouverture : MARION HAZA,

Psychologue clinicienne, maître de conférences HDR à l’université de Poitiers, secrétaire générale du CILA, présidente de CAMÉLÉON

9h15 : « Un enfant est battu » : du fantasme à l’effraction traumatique.

PASCAL ROMAN, Psychologue – psychothérapeute, Département de psychiatrie, SMPP – CHUV, Lausanne (Suisse) ; Professeur de Psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse – Institut de Psychologie, Université de Lausanne (Suisse), membre du CILA.

9h45 : Le droit de l’enfant à se faire rendre justice.

JEAN PIERRE ROSENCZVEIG, (sous réserve) magistrat, ancien Président du Tribunal pour enfants de Bobigny, fondateur et président de Défense des Enfants International – France.

10h15 : débat animé par FLORENT FAUGERE et JEAN-PHILIPPE MOUTTE, psychologues cliniciens, vice-présidents de CAMELEON.

10h45 : Le masochisme chez l’enfant.

JEAN-YVES CHAGNON, psychologue, psychothérapeute, professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l’Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité, expert judiciaire (Tribunal de Bourges), membre du CILA.

11h15 : Fantasmes sado-masochiques dans le lien entre Freud et sa fille Anna.

FLORIAN HOUSSIER, psychologue clinicien, psychanalyste, professeur de psychologie clinique et de psychopathologie, Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité (UTRPP 4403), président du CILA.

11h45 – 12h30 : réponses aux questions que les personnes auront posées au fil de la matinée.

P. Guyomard – « L’éthique de la psychanalyse »

 

« La psychanalyse est un remède contre l’ignorance. Elle est sans effet sur la connerie. » Jacques Lacan

L’éthique de la psychanalyse

À cette interrogation que Lacan déploie en 1960, le séminaire « L’Éthique de la

41PS1C64K2L._SX285_BO1,204,203,200_.jpgpsychanalyse » a longtemps semblé donner une réponse. Mais la possibilité même d’une telle éthique lui importait sans doute moins que la transformation de la question par sa

propre théorie de l’inconscient. Aussi est-ce davantage le développement de la psychanalyse et du discours analytique jusque dans sa radicalité, qui produit des réponses dont la pluralité semble interdire ce qui serait une Éthique.

 

Une conférence enregistrée en mars 2016 : à écouter ici.

Patrick Guyomar, psychanalyste, professeur émérite à l’Université Paris Diderot et président de la Société de psychanalyse freudienne (SPF).