La psychanalyse
La psychanalyse est à la fois une méthode d’exploration de la vie psychique, une approche thérapeutique et un ensemble de théories sur le fonctionnement psychique.
Née avec les travaux de Sigmund Freud à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, elle repose notamment sur l’idée qu’une partie de ce qui nous anime échappe à notre conscience. Nos manières de penser, de ressentir, d’agir ou d’entrer en relation peuvent ainsi être influencées par notre histoire, par des conflits psychiques, par des expériences dont nous ne saisissons pas toujours les effets et par des modes de relation qui tendent parfois à se répéter.
La psychanalyse ne s’intéresse pas seulement au symptôme lui-même, mais cherche à explorer la place qu’il peut prendre dans l’histoire, les relations et la vie psychique d’une personne. Cette compréhension se construit progressivement dans la parole et dans la relation thérapeutique.
L’inconscient et la vie psychique
La notion d’inconscient est au cœur de la psychanalyse. Elle désigne l’idée qu’une partie de notre vie psychique n’est pas directement accessible à la conscience, tout en pouvant participer à nos pensées, nos émotions, nos choix, nos relations ou certaines répétitions dont nous ne comprenons pas immédiatement le sens.
Freud a développé la méthode de l’association libre, invitant la personne à dire aussi librement que possible ce qui lui vient à l’esprit. Rêves, souvenirs, associations, images, lapsus, silences ou répétitions peuvent alors devenir des voies d’exploration de l’expérience psychique.
Il ne s’agit pas de considérer que chacun de ces phénomènes posséderait une signification cachée qu’il suffirait au thérapeute de décoder. Le sens éventuel se construit et se découvre dans le travail avec la personne, à partir de son histoire, de ses associations et de ce qui apparaît dans la relation thérapeutique.
La psychanalyse a également accordé une place importante aux conflits psychiques et aux mécanismes de défense. Certaines façons de nous protéger peuvent avoir été nécessaires ou utiles à certains moments de notre histoire. Elles peuvent aussi continuer à agir alors même que les circonstances ont changé, parfois au prix d’une souffrance ou d’une limitation de nos possibilités.
Une histoire qui ne s’arrête pas à Freud
Si Freud est à l’origine de la psychanalyse, celle-ci ne s’est pas arrêtée à son œuvre. Dès les premières décennies du XXe siècle, ses concepts ont été discutés, remaniés et prolongés, donnant naissance à différents courants de pensée et de pratique.
L’attention portée aux pulsions et aux conflits intrapsychiques s’est notamment enrichie d’un intérêt croissant pour les premières relations, les processus de séparation et d’individuation, la construction du sentiment de soi, les expériences précoces et la manière dont la relation à l’autre participe au développement psychique.
Des auteurs comme Melanie Klein, Donald Winnicott ou Wilfred Bion, parmi beaucoup d’autres, ont profondément transformé le champ psychanalytique. D’autres développements ont donné naissance, parmi les différents courants contemporains, à des approches intersubjectives et relationnelles, qui accordent une place importante à ce qui se construit entre le patient et le thérapeute, et pas seulement à ce qui serait à découvrir « à l’intérieur » du patient.
La psychanalyse constitue ainsi aujourd’hui un champ pluriel. Les différents courants ne donnent pas exactement la même place aux pulsions, aux relations précoces, au langage, au corps, au traumatisme ou à la relation thérapeutique. Ils partagent cependant l’attention portée aux processus inconscients et à la manière dont l’histoire psychique continue à agir dans le présent.
Transfert, contre-transfert et relation thérapeutique
La relation entre le patient et le thérapeute occupe une place particulière dans la psychanalyse. La psychanalyse désigne par transfert le processus par lequel des attentes, des affects et des modes de relation issus de l’histoire d’une personne peuvent se réactualiser dans la relation avec l’analyste.
Le transfert n’est donc pas seulement envisagé comme un obstacle ou une répétition du passé. Ce qui se produit dans la relation thérapeutique peut devenir une voie d’accès à des manières de vivre et d’entrer en relation qui ne sont pas toujours directement conscientes.
La notion de contre-transfert désigne historiquement ce qui, chez l’analyste, est mobilisé dans la relation avec le patient. Sa compréhension s’est considérablement élargie : dans de nombreux courants psychanalytiques contemporains, ce que le thérapeute éprouve dans la rencontre peut aussi contribuer à la compréhension de ce qui s’y joue, à condition d’être interrogé et élaboré plutôt que pris comme une vérité sur le patient.
Cette conception a progressivement conduit à accorder davantage de place à la relation elle-même et à ce qui se construit entre les deux personnes. Selon les courants psychanalytiques, cette dimension relationnelle est pensée de façons différentes, mais le transfert, le contre-transfert et l’attention portée au processus thérapeutique restent des repères majeurs du travail psychanalytique.
Le cadre et les différents dispositifs
La cure psychanalytique classique, associant le divan pour le patient et le fauteuil pour l’analyste, constitue le dispositif historique de la psychanalyse. La position allongée, qui limite le face-à-face, vise notamment à favoriser l’association libre et le déploiement de la vie psychique.
Mais le travail d’orientation psychanalytique ne se réduit pas au divan. Il peut également se pratiquer en face-à-face et a donné naissance à différents dispositifs : psychothérapies individuelles, travail avec les enfants et les adolescents, groupes, psychodrame, approches de couple ou de famille, notamment.
Quel que soit le dispositif, une attention particulière est portée au cadre : rythme et durée des séances, modalités de rencontre, continuité du travail, règles convenues entre le patient et le thérapeute. Ce cadre n’est pas seulement organisationnel ; il participe aux conditions dans lesquelles le processus thérapeutique peut se déployer.
Le choix d’un dispositif ne découle donc pas automatiquement d’un diagnostic ou d’un symptôme. Il se réfléchit à partir de la situation de la personne, de sa demande, de ce qu’elle traverse et de ce qui paraît pouvoir soutenir le travail thérapeutique.
La psychanalyse : des courants différents
La psychanalyse a donné naissance à des écoles et des courants différents, qui ne partagent pas toujours les mêmes conceptions théoriques ni les mêmes manières de travailler.
Certains accordent une place centrale aux pulsions et aux conflits intrapsychiques, d’autres aux relations précoces et aux relations d’objet, au langage et à la symbolisation, ou encore aux dimensions intersubjectives et relationnelles de l’expérience.
Ces différences peuvent avoir des conséquences très concrètes sur la manière dont un psychanalyste écoute, intervient, interprète ou envisage sa place dans la relation thérapeutique. Se dire psychanalyste ne renseigne donc pas, à lui seul, sur la manière dont un professionnel travaille.
→ Psychologue, psychothérapeute, psychiatre… Comment s’y retrouver ?
Pour comprendre plus précisément la différence entre titre réglementé, formation à une approche psychothérapeutique et reconnaissance professionnelle.
La psychanalyse dans ma pratique
La psychanalyse constitue, avec la Gestalt-thérapie, l’un des deux principaux référentiels de ma pratique clinique.
Elle nourrit particulièrement mon attention à l’histoire psychique d’une personne, aux processus inconscients, aux conflits et aux mécanismes de défense, aux répétitions, ainsi qu’à ce qui peut se rejouer dans la relation thérapeutique.
Cette référence m’invite également à ne pas considérer ce qui apparaît dans une séance comme immédiatement transparent. Une parole, un silence, une émotion, une manière d’entrer en relation peuvent avoir plusieurs significations, parfois contradictoires, et une part de ce qui nous anime peut nous rester inconnue.
La psychanalyse et la Gestalt-thérapie sont issues d’histoires et de cadres théoriques différents. Je ne cherche pas à les confondre ni à fabriquer une synthèse théorique entre elles. Elles constituent pour moi des référentiels qui peuvent éclairer différemment une même situation clinique.
La psychanalyse soutient ainsi particulièrement mon attention à ce qui s’inscrit dans une histoire et peut se répéter à notre insu ; la Gestalt-thérapie, à la manière dont l’expérience prend forme dans la situation présente et dans la relation. Ces perspectives peuvent entrer en dialogue dans mon travail sans perdre leur spécificité.
Pour aller plus loin
- Société Psychanalytique de Paris (SPP)
- Société Belge de Psychanalyse (SBP)
- International Psychoanalytical Association (IPA/API)
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© Astrid Dusendschön . Contact: 06 84 58 08 38 . Lanmeur, près de Morlaix et Lannion

