« Humans of gestalt » – my contribution

Deux collègues gestalt-thérapeutes, Heather Anne Keyes (au Mexique) et Kamila Bialy (en Pologne) ont créé un joli projet, vivant, qui porte pour titre « Humans of gestalt« , ou « Les êtres humains que sont les gestalt-thérapeutes ». Le projet est international et rassemble petit à petit des collègues du monde entier.

L’intention de ce projet, comme l’indique son site, est, en quelques mots : Qui sommes-nous ? Et que faisons-nous ? Comment ce que nous faisons a façonné qui nous sommes ?

J’ai eu le plaisir d’y contribuer. Quel(s) évènement(s) et quelles personnes m’ont influencé dans mon cheminement ? Comment en suis-je arrivée à rencontrer la gestalt-thérapie ? Ce qui m’attiré dans la gestalt-thérapie, à l’origine, et aujourd’hui ? Quel avenir, selon moi, à la gestalt-thérapie ? … etc.

L’interview est en anglais, cependant youtube permet une traduction automatique (et pas toujours des plus fines…) en français ; pour cela, au niveau du bandeau en bas de la vidéo, cliquer sur « paramètres » sur la droite, puis sur « subtitles » ; activer cette fonction qui par défaut affiche « anglais », et choisir « français ».

Bon visionnage !

« Le désir des femmes, entre flamme et flemme », Le Monde, juin 2020

Article suffisamment complexe pour en devenir intéressant. Publié dans Le Monde le 13 juin 2020, original ici.

Le désir des femmes, entre flamme et flemme

Chronique par Maïa Mazaurette.

Nombre d’entre elles commencent à s’ennuyer au lit au bout d’un an de relation et font l’amour sans en avoir envie. La chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette explique comment il faudrait renoncer au stéréotype de la sexualité comme ciment du couple.

LE SEXE SELON MAÏA

Faites-vous partie de ces couples qui ont toujours envie de faire l’amour, même après trente ans de vie commune, exactement au même moment ? Si la réponse est oui, vous êtes certainement un personnage de cinéma (si vous êtes Daniel Craig dans James Bond,écrivez-moi). Selon la dernière enquête Ifop/Charles.co, publiée en avril, 62 % des femmes et 51 % des hommes ont parfois la libido dans les choux. Conséquence logique : 63 % des femmes et 44 % des hommes ont déjà fait l’amour sans en avoir envie.

Les femmes sont en effet les premières concernées par les rapports non désirés, un phénomène sur lequel le sociologue Jean-Claude Kaufmann s’est penché dans son dernier essai, Pas envie ce soir,publié la semaine dernière aux éditions Les Liens qui libèrent. La parole est donnée à ces « décrocheuses » du désir… et, bien sûr, aux hommes qui les accompagnent.

Pourquoi mettre les femmes en première ligne d’un problème qui parfois touche les hommes ? Parce que la dégringolade de la libido féminine est à la fois plus fréquente et plus brutale. Le sociologue est ici soutenu par la recherche académique, qui révèle que de nombreuses femmes commencent à s’ennuyer au lit au bout d’un an. Leur libido n’est pas plus faible (comme le démontrent les premiers mois d’une relation), mais elle est plus irrégulière (ce que nous considérons comme un désir « normal » est calqué sur une norme masculine).

Comment expliquer cette irrégularité, sans forcément tomber dans le discours tout-hormonal ? (Rappelons que les hommes aussi ont des hormones.) Jean-Claude Kaufmann propose plusieurs pistes.

Des hommes rétifs à se mettre en situation de séduction

Tout d’abord, il observe que la perte de désir accompagne souvent l’entrée dans la conjugalité et la routine, car culturellement, nous n’investissons pas le domestique de la même manière. Les hommes recherchent à la maison le réconfort… et le moindre effort. Chez les femmes, à l’inverse, le foyer rime avec des attentes élevées. Quand la logistique devient un enchaînement de gestes automatiques, dénués de surprise et de fantaisie, elles se retrouvent émotionnellement sur le carreau, ce qui inspire au sociologue une belle formule : « Les femmes sont des fondatrices, pas des gestionnaires. »

On ne s’étonnera donc pas que le désir féminin soit enflammé par les débuts de relation, forcément plus mouvementés. Cette propension à l’aventure a même pu faire dire à certains chercheurs que les femmes n’étaient pas faites pour la monogamie (et que si le patriarcat occidental favorise cette monogamie, c’est parce qu’elle garantit aux hommes un « minimum sexuel »).

Par ailleurs, la domesticité joue contre les femmes en général : après une double ou triple journée de travail, ces dernières ont besoin de repos plutôt que de sexe. D’autant que les modalités de la sexualité conjugale consistent souvent à continuer le travail de care (le soin à autrui) ! Kaufmann rappelle que moins les hommes contribuent aux tâches domestiques, plus les femmes sont nombreuses à déclarer que c’est eux qui ont envie. Leur tête est en effet trop remplie pour que leur corps soit disponible. Saupoudrez cette situation de grossesses, d’allaitement et de soins aux enfants, et l’imaginaire érotique n’a plus aucune place pour se construire.

Mais outre les conditions pratiques, ce sont aussi les conditions charnelles qui manquent. Le désir visuel des femmes est rarement stimulé. On observe même un paradoxe : les hommes auraient « trop » de désir et pourtant les femmes font des efforts pour se rendre attirantes, alors que les femmes « manqueraient » de désir… et pourtant une majorité d’hommes résistent toujours à l’idée de se mettre en situation de séduction, sauf de manière très homéopathique. On marche sur la tête !

Peu éduquées à dire non

Cette dissymétrie étant posée, reste à voir quelles conséquences pratiques elle entraîne. S’il suffisait de dire « pas ce soir » ou « reparlons-en dans quatre ans », il n’y aurait pas de problème. Mais la double révolution sexuelle et féministe enjoint aux femmes de désirer autant que les hommes, sous peine de passer pour des coincées. Et là, c’est la double peine : honteuses de ne pas ressentir le désir attendu, peu éduquées à dire non, menacées parfois, les femmes optent pour des signaux « faibles », relevant du refus autant que de l’indécision : gestes de recul, passivité, silence, bâillement, évitement… Pour Kaufmann, « le message que les femmes envoient est davantage celui d’un manque d’enthousiasme que d’un refus caractérisé. Il revient donc à l’homme de trancher pour savoir s’il doit ou non insister un peu. Nous sommes au plus près de la zone grise, où les repères se trouvent à tâtons ».

Ce brouillage produit des situations déconcertantes (les articles vous suggérant de « décrypter » le désir féminin, alors qu’il vaudrait mieux apprendre à décrypter le non-désir féminin), mais aussi des comportements dramatiques, qui peuvent aboutir au viol conjugal : le livre décrit des assauts perpétrés pendant le sommeil, des épouses qui ignorent qu’un mari peut violer, des hommes qui pensent sincèrement que leur envie est plus importante que la non-envie de leur partenaire, etc. La norme de la chambre partagée empire le problème, puisqu’elle rend le corps des femmes constamment disponible.

Ce qui nous amène au point suivant : face au risque d’incompréhension ou d’agression, pourquoi dire oui « quand même », pourquoi ne pas partir ? Les raisons sont multiples : par peur de décevoir ou d’être agressée, par habitude, pour échapper à la pression et aux reproches, parce qu’exprimer son non-consentement est compliqué à cause de sa culture ou de ses traumatismes… mais surtout parce que « c’est comme ça ».

Arriver à une égalité de satisfaction

Ce fatalisme (« les rapports sont le prix à payer pour rester en couple ») se fonde sur ce que Kaufmann qualifie de « mythe fondateur » contemporain : « Si le sexe va bien, alors le couple va bien. » Dans ce paradigme, le rapport sexuel fait office de rituel qui illustre le lien conjugal. Ce rituel serait surinvesti par les hommes mais progressivement désinvesti par les femmes – parce que ces dernières réactivent leur conjugalité par des rituels plus nombreux et complexes (comme la densification de l’univers domestique et familial).

C’est là qu’un engrenage désolant se met en place. Côté femmes, on culpabilise – d’autant que les premiers mois de la relation ont créé une norme de fréquence intenable sur la durée : si on se compare avec les tout débuts, on perd à tous les coups. Il « faut » donc se forcer. Mais le mille-feuille d’injonctions ne pousse pas qu’à feindre le désir : il faut aussi feindre le plaisir ! Car selon nos représentations : 1) un couple amoureux doit avoir envie ; 2) une femme libérée doit avoir envie… et 3) une femme libérée doit prendre du plaisir. Celles qui ne rentrent pas dans ce modèle se taisent, persuadées d’être seules au monde. Les plus motivées érotisent carrément leur manque de désir : l’homme insiste, la femme résiste, l’homme jouit, la femme accepte que ça fasse un peu mal, tout est formidable (pour l’utopie, on repassera).

Côté hommes, on se sent tout aussi coupable. Le devoir de performance conduit à redouter de décevoir l’autre : en n’en faisant pas assez, au début… ou en en faisant trop, par la suite. Quand le désir de la partenaire disparaît, les pires incertitudes réapparaissent : « Si elle n’a plus envie, c’est qu’elle n’est pas satisfaite, je suis un mauvais amant. »

Comment sortir de l’ornière ? Pour Jean-Claude Kaufmann, il est urgent de faire évoluer nos mythes de couple : quand une norme sociétale dominante est en contradiction flagrante avec les faits, les normes doivent changer, pas les gens !

Concrètement, il faudrait renoncer non seulement au stéréotype de la sexualité comme ciment du couple, mais aussi à l’idée d’un désir parfaitement égalitaire. Tant que nous resterons attachés à ce socle culturel, certaines femmes se sentiront obligées de se sacrifier, et certains hommes trouveront des excuses pour mettre leurs partenaires sous pression – alors même que d’autres protocoles pourraient permettre de mieux cohabiter.

Nous voilà placés face à un défi aussi ambitieux qu’indispensable : parce que la théorie doit s’effacer devant la pratique, notre culture sexuelle doit passer d’une égalité de désir à une égalité de satisfaction. Tout un programme.

vient de paraître ‘L’Ecole des Parents’ n° 636, Juillet-Septembre 2020

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Bernard Stiegler, philosophe. RIP.

Avec quelque délai, dû à la coupure estivale.

Bernard Stiegler était un philosophe français qui axait sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles — sociales, politiques, économiques, psychologiques — portées par le développement technologique et notamment les technologies numériques. Fondateur et président d’un groupe de réflexion philosophique, Ars industrialis, créé en 2005, il dirige également à partir d’avril 2006 l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) qu’il a créé au sein du centre Georges-Pompidou. (texte repris d’une publication originale ici).

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Je reproduis ci-dessous la publication de mon ami et collègue Alkaly Cissé à l’annonce du décès de Bernard Stiegler.

Sa mort jeudi 6 août à l’âge de 68 ans a pris tout le monde de court, à l’exception de ses proches, et n’a pas fini de susciter des réactions un peu partout en France et à l’étranger. « C’est une mort que rien ne laissait présager aussi subite, tant il avait l’esprit jeune, avide de modernité, ivre de ses enthousiasmes. Atteint d’un mal qui l’avait beaucoup fait souffrir il y a quelques mois et dont il pressentait un retour inéluctable, il s’est donné la mort, non en dépressif, mais en philosophe, dit son ami Paul Jorion. » (Mark Hunyadi, Le Temps)

Défenseur d’un Internet neutre, Bernard Stiegler était connu pour son travail sur les mutations sociales portées par le développement technologique, notamment l’étude des réseaux sociaux et des médias. Il a travaillé notamment sur le cas de Facebook qu’il qualifie d’exemple du « capitalisme pulsionnel ». Pour lui, les interactions sur la plateforme sont « des appels à libérer son énergie libidinale au profit des réactions spontanées et affectives (…). En échange de quoi nous offrons les données concernant nos goûts et dégoûts, afin de recevoir la publicité et les contenus les mieux ciblés, ceux les plus proches de nos désirs… » (Revue des médias, Ina)

Au lieu d’écrire un énième article sur celui qu’on qualifie de « technicien de la pensée et penseur de la technique » ou encore « penseur de la démocratisation numérique« , nous avons choisi plutôt de donner à lire ici quelques réactions significatives qui aident, peut-être, à mieux cerner le personnage et sa pensée (sur ce dernier point le lecteur se reportera directement à ses ouvrages et aux nombreuses recensions qui leur sont consacrées) : 

Ainsi, le Collège international de philosophie qui annonçait sur Twitter et Facebook sa disparition soudaine : « Un contemporain hors du commun, qui a cherché à inventer une nouvelle langue et de nouvelles subversions. »

Michel Deguy : « Ses livres (…) étaient d’une intelligence et d’un savoir extraordinaire. C’était un profond lettré, un poéticien et un mécanicien, il avait un rapport continu avec la poésie »

Mathieu Potte-Bonneville : « Il travaillait à l’intersection de différents domaines, autour de la figure de l’hybridité, dans une sorte de vigilance inventive, traçant des ponts entre l’esthétique, la technologie et la politique. Il renouvelait le lexique et les notions pour penser une situation, ce qui a pu le rendre difficile à lire par moments. Il inventait son vocabulaire en marchant. »

Mathieu Triclot : « Sa manière de lier un travail conceptuel hautement spéculatif et des entreprises de transformation technologique ici et maintenant me semble une de grandes singularités de son engagement. C’est un modèle de philosophie des techniques : capable à la fois d’une critique radicale des techniques contemporaines et de donner des clés de lecture pour l’action. Un peu tout ce qu’on peut attendre de la philosophie. »

Jean-Luc Nancy : « Il était un pionnier de la réflexion contemporaine sur la place de la technique dans notre société, sur la technique comme partie active et constituante de notre civilisation. » (Sonya Faure et Simon Blin, Libé— 7 août 2020)

Mark Hunyadi: « Personnage volubile, attentif, amical et irascible, il s’était ces vingt dernières années consacré à la réflexion sur l’emprise des technologies numériques sur nos vies et la société, après s’être imposé sur la scène intellectuelle française, dès le milieu des années 1980, puis avec sa thèse avec Jacques Derrida en 1993, comme un penseur majeur de la technique. 

La mort a figé sa vie en roman. Sans bac, tenancier d’un bar à jazz à Toulouse, il a les finances difficiles. Qu’à cela ne tienne, il va régler cela lui-même en décidant d’aller braquer une banque. Ça marche, et il y prend goût. C’est le quatrième braquage à main armée qui lui sera fatal, et lui vaudra 5 ans de prison. C’est là que, grâce à un professeur de philosophie (Gérard Granel) qui l’avait pris en amitié dans son bar, il découvre les grands auteurs, qu’il dévore avec passion.

Dès sa sortie de prison, il ira à la rencontre de Jacques Derrida; il se fait remarquer, et sa carrière s’enclenche alors, insolite, hétérodoxe, multiforme mais pas incohérente: professeur de technologie à Compiègne, directeur adjoint de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) de 1996 à 1999, fondateur de l’association Ars Industrialis depuis 2005, professeur en Chine, directeur d’un centre de recherche au Centre Pompidou depuis 2006, il voulait dans tous ces domaines combattre la bêtise culturelle que le marché imposait à tous. »

Sa fille, Barbara Stiegler, est une philosophe reconnue, enseignant la philosophie politique à l’université Bordeaux-Montaigne.

Bibliographie sélective de Bernard Stiegler ( on trouvera sur la Toile de nombreux Entretiens accordés par Bernard Stiegler, ainsi que des recensions) :

La Technique et le Temps (trois tomes, dont La Faute d’Epiméthée), Galilée, 1994-1996-2001

Passer à l’acte, Galilée, 2003

Des pieds et des mains. Petite conférence sur l’homme et son désir de grandir, Bayard, 2006

Qu’appelle-t-on panser ?  :

1. L’Immense Régression, 2018

2. La Leçon de Greta Thunberg, 2020

 » En quoi le regard du parent aide le bébé à se construire ? » par Didier Houzel

4 minutes c’est court et c’est plein ! Un plaisir que d’écouter Didier Houzel, pédopsychiatre et psychanalyste, spécialisé dans la psychanalyse de l’enfance. Et qui nous concerne tout autant, nous adultes.

Partage par yapaka.be datant de juin 2018.

« Écrire, c’est tenter de traduire l’intraduisible » par Virginie Megglé

Poésies…. original ici.

Écrire, quoi écrire, pourquoi écrire ?

Écrire, c’est tendre vers l’autre, l’attendre, l’entendre nous lire, imaginer le toucher. La rencontre avec le lecteur est une des plus émouvantes expériences qui me soit donnée. Quand il nous fait entendre qu’il nous a lu… En nous l’écrivant par exemple. Le silence alors qui nous sépare est peuplé de merveilleux sentiments. 
Le pourquoi de l’écriture s’est imposé gravement sitôt qu’a été décrété l’interdit de sortir sinon muni d’une attestation, dans un périmètre retreint, pour une durée limitée… Lourdement sanctionnés, s’ils étaient outrepassés. La sensation de menace que faisait peser cette attestation fut insupportable. Je n’avais pas alors de projet en cours de réalisation…

Écrire, c’est tenter de traduire l’intraduisible, c’est réinventer le langage, avec les mêmes mots. Mais là, je ne savais plus écrire.

Écrire, c’est reproduire le geste de ceux qui dans ma solitude enfantine m’ont sauvée. Peut-être plus encore le nourrir, le perpétuer que le reproduire.  Mais là je ne savais plus écrire.

La vie s’étant arrêtée, l’inspiration s’est envolée… Panne totale, le chaos, à quoi bon les mots ? Ils m’échappaient.

L’écriture est une mise en ordre, laborieuse et magique, un accordage pour éclaircir sa pensée, (se) raconter une histoire ; sculpter, graver, faire de la dentelle aussi, tracer des archipels. Attentif aux bruits des mots, aux phrases qui aspirent à se former. Les saisir… Écrire, c’est le droit à la paresse, cette paresse infinie sans laquelle il m’est difficile de me mettre au travail…

C’est le temps suspendu… Délibérément suspendu…

Lire, je ne pouvais pas non plus… Des extraits, des morceaux, des fragments, des bribes, attrapés au vol, ici ou là, si, bien sûr, mais pas des livres. Alors je me suis mise à contempler les livres, leurs tranches, leurs couvertures, à les respirer comme on le fait avec les arbres.  J’ai visité mentalement mes années de lecture pour réconforter mon goût des mots. La crainte de le perdre ou de l’avoir perdu m’a vraiment traversée.

Lire, écrire, c’est attiser son désir… Mais là le désir était empêché. L’isolement nécessaire n’ayant pu être choisi, l’interdit de sortie m’a paralysée, moi qui suis casanière, plus que jamais, j’ai eu l’impression que mon heure était finie et l’envie de m’échapper. La patience mise à l’épreuve, on a beau être casanière, être forcée à l’être est une autre affaire. 
Lire, écrire, c’est le temps suspendu sans menace d’arrêt… 
Puis j’ai fini par prendre un certain plaisir à cette suspension du temps qui nous était imposée, à aller, venir, déambuler… à me sentir désorientée, à jouer, chercher à respirer, à travers les écrans, rencontrer les amis…. 
C’est alors qu’est venue l’annonce du déconfinement. L’inquiétude de la sortie, comme celle de la rentrée des classes que pourtant l’on espère… Le corps un peu plus souvent alité qu’à l’ordinaire – seul moyen pour le forcer à rester confiné-, j’ai craint qu’il ne soit rouillé… Et que l’autorisation de sortir une heure ne se transforme en obligation d’obéir à d’autres injonctions paralysantes pour l’esprit…

Et puis la peur s’est estompée… en même temps que je découvrais sur le mur d’une amie poétesse, une citation de Foucault. C’est toujours dans les mots des autres que se ressource le désir.

« Ce n’est pas l’écriture qui est heureuse, dit-il, c’est le bonheur d’exister qui est suspendu à l’écriture (…) Comment la réalité des choses – les occupations, la faim, le désir, l’amour, la sexualité, le travail – est-elle transfigurée parce qu’il y a eu ça le matin, ou parce qu’on a pu faire ça dans la journée ? Voilà qui est très énigmatique. » 

Écrire, c’est transformer le chaos.

J’ai compris alors qu’un temps de convalescence était nécessaire pour se préparer à la fin du confinement. 
Depuis quelques jours, j’étais habitée sans y penser par le souvenir d’une de mes hospitalisations, la plus longue, plus d’un mois, deux, trois ou quatre ? J’ai voulu l’oublier, un jour, apprendre à ne plus savoir compter, l’essentiel ayant été d’échapper à la sensation d’enfermement, en attendant la permission de sortir et de recouvrer la liberté.  
Mais quand celle-ci est arrivée, je ne tenais plus sur mes jambes, je ne savais plus marcher. Je ne reconnaissais plus la ville que j’avais tant aimée, je me sentais comme une visiteuse fantôme. Les médecins m’avaient estimée guérie. L’enveloppe était belle, peut-être même jolie. Je devais aller bien.

Parfois, ces jours-ci, je me surprends à revivre cette fébrilité envahissante du corps…

Le même tremblement, des années après, qui parcourt l’être en son entier ….

Je crois que depuis, depuis cette sortie de l’hôpital, je n’ai cessé de tenter de réapprendre à vivre. Ce que vous avez vécu seul.e n’existe pour personne. Une partie de moi avait cessé d’exister. C’est peut-être celle-ci que je vais retrouver. Le 11 mai.

Alors, j’essaierai de ne pas (l’) oublier…

Ainsi, ces derniers jours du confinement sont une convalescence qui me permettra de retourner doucement à la vie, de la découvrir, je ne sais comment, mais probablement autrement.

D’avoir partagé cette expérience intime avec tant de personnes de par le monde m’émeut, un peu moins étrangère en celui-ci, mon attention est en alerte, portée par l’espoir que combat l’appréhension d’un retour à la norme souhaité par certains. L’expression de cette volonté suffit à réveiller l’effroi.  

Jamais, jamais rien ne sera plus comme avant. Il n’est d’expérience qu’inédite.

Oh ! Extraordinaire impression que celle d’avoir le droit de vivre cette convalescence, interrompue il y a des années.  

Oh ! Bonheur aussi de pouvoir peut-être la vivre en partage.

D’imaginer l’espace de la parole écrite ou énoncée qui permettra de demander :

« Comment te sens-tu ? »  « Comment ça se passe pour toi… ? » 
Et celui du silence qui permettra d’écouter chacune, chacun, se raconter. 
L’une dira, je me suis libérée de mon enfermement pendant cette période de confinement.

Et l’autre plus tard : « Ce qui m’a fait peur, c’est le déconfinement, me déconfiner, c’était me mettre au contact de la mort. »

Moi je dirai peut-être : Un instant j’ai eu peur de ne plus savoir ni lire ni écrire à la sortie du confinement. L’horreur, lorsque j’écris, c’est d’être suspendue à une volonté extérieure ou d’être interrompue. L’écriture s’accomplit dans un temps sans limites, qui n’implique pas de les ignorer.

Écrire, c’est céder à la tentation de vivre…                                                            

 Virginie Megglé, 8 mai 2020

Virginie Megglé est psychanalyste et écrivain, auteure notamment de Étonnante fragilité, parue chez Eyrolles en octobre 2019, Le harcèlement émotionnelaimer sans s’étouffer, chez le même éditeur en mars 2020, et précédemment chez Odile Jacob Le Bonheur d’être responsable Vivre sans culpabiliser.

« Au risque d’être soi » dans ‘Les nouvelles vagues’ sur France Culture

Dans cette émission, le plaisir de retrouver Anne Defourmantelle, philosophe et psychanalyste. A écouter sans modération.

 » Les nouvelles voix qui pensent la société d’aujourd’hui. Chaque semaine, un thème pour observer et comprendre le monde d’aujourd’hui. Une approche pluridisciplinaire qui donne la parole aux nouvelles générations d’intellectuels, d’artistes et d’acteurs de la société civile.

Toute cette semaine, Les Nouvelles Vagues s’intéressent au risque. 

Nous ouvrons la semaine avec la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle , auteure d’un Eloge du risque (Payot, poche 2014).

A travers de courts chapitres illustrés, pour certains, de récits de séances, elle élabore une pensée du risque pour celui qui prend la parole, celui qui ose la passion, celui qui quitte sa famille…

Elle évoquera aussi le climat lié au « risque terroriste », et l’idée politique du « risque zéro ». « 

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=5e9f6929-bdac-11e5-a58b-005056a87c89

Claire Marin : «Nous sommes dans le déni de la souffrance qu’une rupture provoque»

Un article paru en avril 2019 dans Libération par Noémie Rousseau, toujours d’actualité. Original ici.

Dans cet entretien, Claire Marin, philosophe et professeure en classe préparatoire, qui vient alors de publier « Rupture(s) » – aux éditions de l’Observatoire – propose une réflexion philosophique sur l’épreuve de la séparation, de la naissance à la rupture amoureuse.

A rebours des discours qui veulent rendre l’échec positif à tout prix, elle explique pourquoi notre époque est autant façonnée par l’expérience de la perte.

Mort, séparation, exil, maladie, accident, perte de travail ne sont pas que de simples épisodes de vie qu’une flexibilité existentielle effacerait vite. Ce sont aussi des «cataclysmes intérieurs», souligne la philosophe dans son dernier essai, ressentis violemment, physiquement. Nous sommes tous des êtres rompus.

C’est quand la nuit se dissipe doucement, au creux de l’instant doux et cotonneux. C’est un bras qui s’étend aux premières lueurs du jour, une main qui cherche sous les couvertures. Et qui ne trouve rien. La philosophe Claire Marin consacre un essai aux êtres rompus. A ceux dont les petits matins arrivent comme un mauvais rêve, nimbé d’une lumière forcément trop crue, presque acide, qui dégouline sur un lit, éclaire un berceau, un regard, un ventre, un pays. Tous, vides. Ou alors, peuplés d’inconnus. Splendeur matinale de la vacuité. La rupture recommence sans cesse, litanie des matins, de ceux qui suivent le départ de l’amour, des enfants, les matins suivant la mort, l’exil, la maladie, l’accident, la perte de travail…

Dans une société qui valorise la durée déterminée, l’adaptabilité, la flexibilité, on peut plier mais on ne rompt pas. Ou alors, la rupture est tue, la vraie, la rupture existentielle. Celle dont parle la philosophe Claire Marin : un «cataclysme intérieur», un point de non-retour, qui modifie en profondeur le sujet, le fait vaciller, le reconfigure. Elle serait niée, ou alors maquillée de consentement mutuel pour devenir rupture conventionnelle, réduite à n’être plus qu’une bifurcation dans un parcours, un rebond. Elle devient acceptable socialement, banale, statistique. Pire encore, elle nous rendrait plus fort !

Et c’est là que le livre Rupture(s) (Editions de l’Observatoire) de Claire Marin fait du bien. D’abord, elle ose dire que cela fait mal. Vraiment mal. Elle laisse une place à la violence du manque, à cette mécanique implacable, qui dit en creux combien le sujet se construit dans la relation, dans l’échange, dans l’amour. Et même une rupture voulue est rarement indolore. Puis elle prévient d’emblée, «je résisterai […] à la tentation de l’optimisme», «la rupture n’est parfois qu’un gâchis, un manque de courage, une pure lâcheté, un renoncement». Et tant qu’à faire, explique-t-elle, l’histoire bégaie, les fêlures intimes, infantiles se réouvrent, les échecs se répètent, les ruptures viennent en cascade. Non, «parfois, nous n’apprenons rien d’un échec». Quant à savoir comment s’en sortir, là encore, elle écrit : «Il n’est pas assuré que ce soit toujours possible. On meurt encore d’amour.» Pourquoi nous ménager, après tout ?

La philosophe, qui s’est intéressée à la rupture à la suite de ses travaux sur la maladie et le deuil, repérant les mêmes effets dévastateurs sur le sujet, décortique l’effondrement, le saccage, la dévastation du monde des «êtres brisés» et «défigurés» par la rupture, la «destruction en règle de l’ego», terrassé, voué à une existence fantomatique. Elle s’arrête sur la sensation : celle d’un arrachement. La rupture est ce déchirement de la chair, ce cœur qui se sert, cette gorge qui se noue, cette étreinte de la nausée. Elle analyse ce haut-le-cœur que produit la vue du familier qui se teinte d’étrangeté, quand l’être aimé s’évanouit, déserte l’intime, avant de devenir véritablement un inconnu. Faire son deuil de quelqu’un qui pourtant ne meurt pas, de quelqu’un qui s’est simplement dépris, détourné, ou de l’être aimé qui est là, bien vivant, mais que la maladie d’Alzheimer a comme effacé. Ou encore, revenir dans le pays qu’on a fui, et s’y sentir étranger, être voué à n’être chez soi nulle part. Voilà, l’altérité s’immisce, parfois sans fracas, puis grossit, s’installe. A la fin, tout est méconnaissable. Rien n’a changé, et pourtant, tout a changé. La vie interrompue reprend, ou feint de reprendre, hantée, truffée des indices de l’absence. Ce petit balcon, ces rochers, ces chansons existent toujours, presque indemnes, presque intactes, pourtant la philosophe décrit combien toutes ces choses autrefois chéries, deviennent lacérations. «Il ne suffit pas de partir d’un lieu pour qu’il cesse de nous habiter. Il ne suffit pas de quitter un homme pour oublier sa peau.» 

Alors pourquoi rompt-on ? Pour fuir une famille oppressante, pour se sauver, pour ne plus étouffer, pour se sentir vivant, libre de ses choix… «On déchire dans le tissu d’une vie commune où les identités des uns et des autres se sont si étroitement mêlées que plus personne ne sait vraiment où il commence et où l’autre s’arrête. Mais celui qui veut rompre croit le savoir.» 

Autrement dit, on rompt pour être vraiment soi-même, coïncider avec ce que l’on est, ou pense être. Dans l’hypothèse où un «soi» existe, constant, immuable. Pari risqué. A l’inverse, on peut rompre pour devenir autre, pour délaisser sa propre identité devenue décevante ; on rompt pour se fuir soi-même.

Est-on aujourd’hui dans une société de la rupture ?

Les ruptures sont maintenant sur tous les plans : avant, si on perdait son travail, on pouvait se raccrocher à sa famille. C’est comme si tout était devenu instable, incertain, précaire, sans refuge. Professionnellement, amoureusement, même politiquement… Tout s’est accéléré, les relations sont plus éphémères, les ruptures plus rapides, voire, parfois, elles n’existent pas : la personne disparaît simplement.

Vous parlez du phénomène «ghosting», «un nouveau nom pour une vieille lâcheté», écrivez-vous…

Prendre le temps de la séparation n’est parfois même plus une réalité. Et tous ces termes autour des séparations par consentement sont dans la négation de la réalité. Une grande majorité de séparations sont au minimum d’une grande violence psychique, au moins pour un des deux membres de l’ancien couple. Puis on sent une sorte de froideur dans la société. C’est devenu tellement généralisé, banal, qu’on est dans le déni de la souffrance qu’une rupture provoque. Ainsi, dans les divorces, la souffrance des enfants est une question vite évacuée désormais, on dit qu’ils s’adaptent… Et on se concentre sur des questions pratiques.

Pourquoi rompre ?

Il peut y avoir une illusion dans le fait qu’on va enfin se révéler, se découvrir soi-même. Par exemple, confronté à la réalité d’un nouveau métier, on s’aperçoit qu’il est moins épanouissant qu’on l’imaginait. On part pour une autre qu’on a idéalisée. Parfois, on demande à la rupture une certaine forme de magie qui est complètement illusoire. A l’inverse, elle peut être nécessaire. Le sujet doit quitter son environnement devenu toxique psychologiquement, ou étouffant sur le plan culturel, intellectuel, ou invivable faute de pouvoir affirmer sa sexualité, ses envies sociales ou professionnelles. La rupture est ambivalente, illusoire, salvatrice.

Vous écrivez que nous sommes des êtres rompus et fragmentés. La rupture est presque inévitable…

Nous commençons tous par une rupture, la naissance. Nous sommes séparés d’une unité, d’une fusion. Tout au long de la vie, on traverse des brisures. Parfois, on ne s’en rend compte que rétrospectivement, quand des blessures d’enfance ressurgissent à l’occasion d’une rupture adulte. Je crois que c’est la première chose à intégrer : nous sommes constitués de multiples petites ruptures intimes, nos existences sont discontinues. Il peut y avoir une direction, mais pas de constance, d’identité stable et définitive de l’individu. Et puis, on connaîtra soi-même des maladies, des deuils, des naissances qui ne seront pas aussi idéales que dans les magazines, et nos enfants partiront ou voudront partir.

Puis les ruptures, elles viennent en cascade…

Quand on perd son travail, il arrive qu’on perde aussi son conjoint, ses amis… Quand je suis malade et que j’ai du mal à être une bonne mère, une bonne compagne, épouse, amante. Un aspect de notre identité est bouleversé, dévalué, et cela a des répercussions sur les autres domaines, affectifs, sociaux, familiaux, pour le meilleur et pour le pire.

La rupture est une expérience charnelle, incarnée…

Un couple s’est aimé, a formé une unité, les corps se sont entremêlés, confondus. Se retrouver soudain dans une maison vide, où il n’y a plus de voix, plus de corps, ne plus être touché, enlacé, embrassé… C’est comme ne plus être nourri. La pédopsychiatrie a montré que les enfants qui ne sont pas enlacés, embrassés, ne développent pas toutes leurs facultés cognitives, dépérissent. Normalement, un adulte n’a plus besoin de stimuli. Mais quand on a pris l’habitude d’être dans cette configuration affective, sensorielle… Je le compare à une addiction. Et d’un coup, on devient obsolète. A quoi me sert encore mon corps ? C’est une réduction, c’est violent. Je voulais insister sur la dimension physique de la rupture, la sensation vécue. Ce n’est pas seulement que je suis triste, ou désespérée, je souffre physiquement.

Comme un tako-tsubo, un choc cardiaque, le syndrome du cœur brisé…

Exactement. La rupture se vit dans le corps. Elle nous fait parfois vieillir prématurément, on se rapproche de la rupture finale. C’est également une expérience de la temporalité. Là, on sent bien le temps : il n’avance plus alors que le monde autour s’accélère. La lenteur de la rupture est une forme de torture.

La rupture aurait sa sexualité spécifique, un désir débordant qui, loin d’être le signe d’un élan vital, serait plutôt un moyen de poursuivre le massacre…

Il reste une trace en nous de la violence vécue, subie, qui a été intériorisée, s’est engrammée, une trace de la mort dans le désir sexuel. Des malades témoignent de cette frénésie sexuelle retrouvée, comme un défoulement. Comme dans le champ du sport, de l’acharnement au travail, il arrive que la sexualité soit envahie par quelque chose de l’ordre de la violence sans que ce soit totalement une agression à autrui. Cette frénésie sexuelle est peut-être de l’ordre de l’oubli de soi : la rupture nous ramène tellement à nous de manière douloureuse, que s’oublier, c’est aussi un moyen de ne plus souffrir. Mais c’est encore prolonger le mouvement de destruction, de disparition du sujet amorcé avec le départ de l’autre. Il faut se réapproprier la personne que l’on est, la réinvestir…

A l’inverse, certains semblent traverser les ruptures sans peine…

C’est très révélateur de l’engagement, des attentes dans la relation amoureuse, le travail. Chez les générations plus jeunes, la flexibilité professionnelle attendue est tellement intégrée que l’investissement est moins fort. L’anticipation de ces ruptures façonne même l’idée du parcours professionnel : il faut changer, montrer qu’on n’est pas frileux, qu’on sait s’adapter. La capacité à changer est valorisée, parfois au détriment de l’engagement

Après une rupture, il est illusoire d’imaginer redevenir celui qu’on était avant…

La rupture nous fait basculer, elle est un saut dans l’existence. Il y a une sorte de dislocation, de l’inédit. Le propre des ruptures, c’est qu’elles sont toujours inimaginables, impensables. Certaines entraînent une réévaluation de notre existence. Au début, c’est un vide, angoissant, et douloureux, car on a l’impression d’être soi-même vide. Puis, dans un deuxième temps, c’est des possibles : lesquels j’habite, lesquels je prolonge ? Il faut penser un temps, une convalescence. La rupture laisse une empreinte, elle change nos aspirations, comme si la vie imaginée n’était plus tenable, parce qu’elle supposait une insouciance perdue avec la rupture.

Peut-on retrouver cette insouciance ?

Une forme d’innocence, oui. La rupture ne nous rend pas forcément amers, aigris, paranos. L’écrivain Philippe Forest le dit très bien en parlant de la mort de sa fille : il y a une traversée de l’épreuve qui ne permet pas de retrouver une vraie insouciance. Car on sait des choses que d’autres ne savent pas. Cependant, on fait le pari qu’il y aura d’autres joies possibles.

Absence pour congés

Le cabinet est fermé pour congés annuels jusqu’au lundi 24 août.

à paraître « Au dodo les bébés », revue Spirale n° 94

Toujours aussi inspirant pour sortir du prêt-à-penser et -appliquer… Le numéro est coordonné par Régine Prieur. La collection « Spirale » chez érès est dirigée par Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre.

 » Le nouveau numéro de Spirale « Au dodo, les bébés! », coordonné par Régine Prieur est là. Vous saurez tout, à sa lecture, des problèmes de sommeil et d’endormissement des tout-petits, inépuisable sujet de conversation et de préoccupation, depuis la nuit des temps.

Portage, sein, berceaux, berceuses, hamacs, histoires, cododo, emmaillotage, partage de la chambre et, à notre époque contemporaine, bruits blancs, veilleuses, doudou, peluches, qui dit mieux pour y remédier… ?

Quand les ateliers de coaching sur le sommeil se multiplient, quand les consultant.e.s spécialistes en dodo des bébés sont surbooké.e.s, quand les applications sur smartphones pour endormir bébé se développent à tout crin, ce numéro de Spirale, s’attarde sur le sommeil, problème numéro un des premiers mois de vie de bébé… et de ses parents.

Patrick Ben Soussan « 

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« Alors il fait ses nuits ? ». Combien de fois avez-vous entendu cette question, que vous soyez jeune parent ou professionnel.l.e de la petite enfance ? Comment y avez-vous répondu ? Les problèmes de sommeil et d’endormissement des tout-petits sont 202006031355spirale-94un inépuisable sujet de conversation et de préoccupation, et ce depuis la nuit des temps. Que n’a-t-on pas inventé pour y remédier : portage, sein, berceaux, berceuses, hamacs, histoires, co-dodo, emmaillotage, partage de la chambre et, à notre époque contemporaine, bruit blanc, lumières, tortues lumineuses, doudou, peluches… ? De siècle en siècle, nous hésitons : encouragement au partage du lit ou sévère accusation sur sa dangerosité ; éducation au sommeil autonome ou dressage ; dormir avec son bébé dans son lit, en co-dodo, ou dans sa propre chambre ; répondre à tous ses réveils, pour le rassurer, ou le laisser pleurer pour qu’il sache s’endormir seul et ne se réveille plus la nuit ? Peut-on aider bébé à faire ses nuits ? Même la définition de troubles du sommeil donne lieu à des controverses : se réveiller trois fois à 8 mois, est-ce normal ou est-ce un trouble du sommeil ? Pas étonnant alors que les ateliers de coaching sur le sommeil se multiplient, que les consultant.e.s spécialistes en dodo des bébés soient surbooké.e.s, que les applications sur smartphones pour endormir bébé se développent à tout crin. Spirale, dans ce numéro, s’attarde sur le sommeil, problème numéro un des premiers mois de vie de bébé… et de ses parents.

Parution : 1 octobre 2020
EAN : 9782749267395
Spirale – la grande aventure de monsieur bébé
2/2020
Thème : Enfance & parentalité

 

 

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