« La santé professionnelle » par Xavier Camby

Je dis régulièrement mon plaisir à partager les articles de Xavier Camby. En voilà un qui retient plus particulièrement mon attention parce qu’il me mobilise. Mon expérience – certes partielle et partiale – de manager durant 16 ans en entreprise m’a rendue sensible aux questions de la souffrance et du plaisir au travail, là où nous passons une grande partie de notre temps et vie. En partageant cet article avec une connaissance, sa réaction a été : « Vais-je oser partager cela à mon N+1, va-t-il seulement comprendre ? ». J’en ai été désolée, pour elle, mais aussi pour l’entreprise. Probablement, à certains endroits les mouvements de fond, qui sont perceptibles plus clairement ailleurs, sont encore pris pour des signaux faibles et interprétés à une grille de lecture passée. L’avenir notamment et aussi en RH se prépare aujourd’hui. Bonne lecture !

La santé professionnelle

Ou comment l’employeur peut être ou devenir un efficace partenaire de santé.

Article par Xavier Camby paru en mai 2022 dans HR Today.

La crise sanitaire finissante s’accompagne d’un profond renouvellement des perceptions de notre vie laborieuse (laquelle emporte environ 53% de notre existence).

Déjà perceptible avant l’intrusion du méchant microbe mais de plus en plus évidente au sein de nos économies occidentales, une pandémie de démission se répand. Le paradigme ancien, chimère née du taylorisme scientifique (seul ce qui se mesure est vrai) et d’un fantasme financier (seul l’actionnaire mérite d’être servi), semble sur le point de disparaitre, malgré son emprise encore sur certains empires… Tout récemment, un célèbre dirigeant confiait : « lorsqu’un salarié est heureux, c’est qu’il y a un problème de performance ». Un autre m’expliquait innocemment, que, nonobstant sa certification RSE, les formations imposées de santé/sécurité ou de leadership et ses engagements ESS comme ESG… si sa DRH était en burnout et sa secrétaire générale, à l’hôpital psychiatrique… c’était bien sûr imputable à leur vie privée ! Je brûlais de lui demander de me montrer leurs certificats médicaux d’arrêt de vie privée…

Une troisième pandémie, antérieure aussi et tout autant mise en exergue par celle du Covid, s’impose, perdure et croît, de plus en plus aiguë : celle des détresses psychiques – affectant premièrement les plus fragiles. Isolés et privés de contacts humains, matraqués d’incessants discours anxiogènes, privés de trop nombreuses libertés, celles et ceux, qui, au sein de nos communautés divisées ou disloquées développent de pénibles et durables souffrances psychiques, sont de plus en plus nombreux.

Dans les faits, cette forme de souffrance était déjà endémique en entreprise et dans beaucoup d’organisations, depuis plus de 3 décennies. Portée par nos croyances toxiques (et nos meilleures intentions) elles provoquent d’innombrables accidents psychiques professionnels, trop souvent maquillés. Le cloisonnement entre vie privée et travail, visant le respect intégral de nos vies personnelles semble légitime ; il se révèle pourtant irréaliste, dans la vraie vie. Et a peu à peu constitué – pour trop de dirigeants – un alibi ou un déni : le lieu du travail ne saurait en effet être, ni en aucun cas devenir, celui d’une détérioration de la santé psychique ! Cette santé au travail, la santé professionnelle, ne se limite pourtant pas à la seule prévention des accidents physiques, à la nutrition ni au sport, au babyfoot dans la cafeteria, à la mutuelle complémentaire ni aux éco-gourdes offertes à tous…

Définie en 1946 par l’OMS, la santé est « un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » L’arrêt du Tribunal fédéral suisse du 9 mai 2012 sur l’Ordonnance 3 du Travail (OLT 3) dispose que : « Tout employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer et d’améliorer la protection de la santé et de garantir la santé physique et psychique des travailleurs. »

Le processus semble désormais inéluctable : le salarié talentueux choisira son employeur, non plus en fonction d’un salaire, mais en considérant d’abord le plaisir qu’il aura quotidiennement au travail et le respect intégral de sa personne. Et la garantie donnée de cette bonne santé physique, sociale et mentale deviendra déterminante pour l’attraction et/ou la rétention de nos collaborateurs.

Concrètement, cette santé professionnelle naît de comportements simples et de bon sens (donc très exigeants): des relations harmonieuses (non-conflictuelles, courtoises et respectueuses), la possibilité d’une authentique contribution individuelle et collective (et non pas seulement la soumission quotidienne à des carcans imposés de consignes péremptoires) et la prise en compte des besoins de développement personnel et professionnel (grandir et apprendre, non pas par sacrifice, au seul bénéfice de l’organisation, mais comme une authentique performance).

Notre monde change. Cette nécessaire santé professionnelle n’est pas une nième mode managériale. Chaque organisation aura à se réinventer, loin des paradigmes obsolètes et des croyances toxiques. En interrogeant premièrement toutes les personnes humaines qui la compose, pour ensuite ensemble co-décider d’une organisation collective solide et pérenne.

« Thérapie individuelle ou thérapie de couple ? » par Gaetana Vestamente

La question que pose Gaetana Vestamente est intéressante, et la vignette clinique sur laquelle elle s’appuie dans son article ci-dessous évocatrice. Rappelons, suivant le joli titre d’un livre de Philippe Caillé, psychiatre systémicien et psychanalyste, « Un et un font trois » (éd.ESF, 1991), que dans un couple on est toujours déjà « trois » : chacun des partenaires et le couple. Chacun des « ces trois » peut être reçu en consultation : chacun des partenaires du couple, qui sera alors reçu en thérapie individuelle, et de fait auprès de thérapeutes différents ; et l’entité « couple » constituée par les deux partenaires, qui seront alors reçu en thérapie de couple par un professionnel dûment formé à cet accompagnement. La question la plus intéressante à mon sens, qui surgit également dans mes consultations en individuelle, est celle de ce à quoi travaille chaque espace. Un espace en individuel pour quoi, un espace couple pour quoi ? Quelle que soit la thématique que mon patient aborde (son couple, son partenaire de vie, son boss, une relation familiale, amicale, sociale, etc.), la chose que nous pouvons mettre au travail dans un espace de thérapie individuelle est comment ce patient-là qui vient me consulter est affecté, vit, pense, à ce sujet. Il ne s’agit donc pas de « parler sur » (« sur » le couple, « sur » le partenaire, « sur » le boss, « sur » la relation familiale, amicale, sociale etc.) mais bien avec ce patient-là de ce qui lui, il vit. Pour le dire autrement, les questions sur un couple, sur un partenaire, sur un boss, etc. sont toujours bienvenues dans un espace de thérapie individuelle. Elles y seront de facto mises au travail sous un autre angle que dans un espace de thérapie de couple. Et, à mon sens et dans mon expérience, ces différents espaces et leurs angles de travail sont riches et complémentaires.

Pour les professionnels intéressés par la thérapie de couple, et aussi par celles et ceux que cela intéresse, j’invite à explorer le site L’Ecole du Couple fondé par mes collègues Anne Sauzède-Lagarde et Jean-Paul Sauzède en suivant ce lien : ici. Au-delà des propositions de formation, le site regorge aussi d’articles et de références bibliographiques. Bonnes découvertes !

Quel rôle prend le thérapeute individuel dans le Couple ? Que permet-il ? Qu’empêche-t-il ?

Article de Gaetana Vastamente paru en janvier 2022.

J’ai reçu un couple de 27 ans au bord de la rupture, madame hésite à quitter monsieur, elle a une relation extra conjugale depuis quelques mois. Pour lui c’est la douche froide !

Ce qui m’a frappée dans ce couple, c’est à quel point tout se fait séparément, isolément et qu’ en 27 ans, il ne se sont disputés qu’une seule fois… rien n’est jamais dit ! Elle exprime enfin : « je me sentais de plus en plus seule et ne l’ai jamais dit. » Lui :  « je travaille énormément et tout allait bien. »

Madame est en thérapie depuis plusieurs année, sa thérapeute individuelle est même devenue comme une amie ! Je les questionne sur la place , l’impact qu’elle pourrait avoir dans leur couple… la question leur semble saugrenue…  Pourtant, elle démarre la 2e séance, en disant que cela lui a fait un électrochoc : «  cela fait 10 ans que je me réfugie chez ma thérapeute plutôt que d’aborder les choses avec lui. Je voulais son avis à elle pour tout… même dernièrement sur la manière de rompre ou de continuer avec lui. J’allais toujours chez elle pour gérer mes frustrations dans mon couple…Je me suis rendue compte que je prenais ainsi soin de moi, je me sentais enfin écoutée, comprise… mais je ne prenais pas soin de mon couple»

Ce couple a ainsi pu aborder ensemble ce tournant … parler ensemble de ce qui a mené à cette crise, cette relation extra-conjugale…. Ne plus se retourner vers un tiers mais amener les frustrations, besoins, désirs dans le Nous. Ils ont ensemble réfléchi à comment elle allait rompre avec son amant, que dire aux enfants, aux amis…

Le Nous se crée, un nouveau couple se dessine de séance en séance… ils se parlent, décident ensemble, et découvrent que c’est possible

Mais pourquoi pas avant ? Elle : « parce que j’avais le prérequis qu’il n’était pas capable de me comprendre, d’échanger sur le plan émotionnel avec moi…. Et je retournais chez ma thérapeute… alors que je découvre à ma grande surprise que oui, il en est capable et cela ravive le Nous »

Lui : « je gérais ma vie de couple comme mon entreprise : si rien ne grippe, c’est que ça fonctionne … je ne m’étais pas rendu compte qu’elle n’était pas satisfaite »

Je ne peux m’empêcher de me demander … et si l’espace de la thérapie individuelle n’avait pas existé, qu’est-ce que cela aurait-il changé dans la circulation des frustrations, l’expression des besoins et la recherche commune de solutions au sein de ce couple ?

En tant que thérapeute individuelle qui reçoit de plus en plus de personnes amenant des problèmes de couple, quel rôle je joue au sein des couples que je ne vois pas?

Quel est mon rôle dans le développement du Je ? Quelle place je  prends en renforçant le sentiment que le partenaire ne participe pas comme il devrait au bien – être de mon client … « Il ne me comprend pas … ça ne sert plus à rien que je lui parle, je parle et ça ne sert à rien » ou  « je ne dis rien, il ne comprendrait pas… »

L’espace de dialogue du couple se déplace entre la thérapeute et son client , le mutisme augmente, l’incompréhension aussi  … car souvent le partenaire ne se rend compte de rien… Comme le disait Monsieur : « on fait de moins en moins de choses ensemble mais bon, c’est normal, il y a le travail, les enfants , la maison … et on va recommencer à voyager dès qu’on aura plus de temps… »

Le temps passe et le partenaire devient aux yeux de celui qui est en thérapie individuelle de plus en plus inadéquat.

Le client évolue, il change, …le partenaire ne le reconnait plus… cela le stresse et l’amène à répéter les mêmes attitudes, les mêmes comportements… La crise amplifie…. Jusqu’où ? La rupture ? La relation extra-conjugale ? La thérapie du couple ?

Même au plus fort de la crise, on peut remettre du dialogue, de la compréhension, changer la dynamique du couple et recréer du Nous… si les deux le veulent et se mettent au travail, c’est possible…

Aujourd’hui en tant que thérapeute individuelle et thérapeute du Couple, chaque fois qu’une personne me parle d’une difficulté avec l’autre partenaire, je propose une thérapie du Couple car je sais que l’espace privilégié pour faire grandir chaque individu par rapport à son couple est le couple lui-même, et que la thérapie individuelle encombre cet espace.

Stages de Hatha-Yoga – Morlaix – été 2022

Loïc Alemany – Hatha Yoga Bretagne – animera trois stages à Morlaix durant l’été, sur des thèmes variés.

Une séance de 2,5h chaque matin du lundi au vendredi,

chacune des trois semaines

du 11 au 15 juillet, du 25 au 29 juillet, et du 15 au 19 août.

Infos et inscriptions : 06 13 29 71 6

À PROPOS de Loïc ALEMANY, enseignant de yoga

 » Après plusieurs années comme élève, j’ai décidé de me former comme professeur de yoga pour enseigner à mon tour. Le yoga m’a en effet permis de trouver un équilibre de vie ainsi qu’une discipline, et m’apporte énergie, joie et discernement.

Je suis diplômé de l’Ecole Française de Yoga d’Aix-en-Provence. En parallèle, je poursuis des études universitaires en Master cursus « Langues, Littératures et Civilisations Etrangères ».

J’aime apprendre, et suis heureux de transmettre les enseignements, enchaînements, postures et techniques de méditation que j’ai acquis auprès de mes différents professeurs et enseignants.

J’enseigne en cours collectifs depuis septembre 2020 dans la salle de Jean-Michel Creisméas, professeur de yoga et docteur en sanscrit.

En 2021, je décide de faire un pas de plus et ouvre parallèlement ma propre salle à Morlaix, en centre-ville.

Je vous propose de découvrir ou affiner une pratique favorisant le bien-être tant physique que mental, basée sur une pédagogie précise, sérieuse, bienveillante, ajustée à chacun et laissant au pratiquant une grande liberté tout en bénéficiant de ma présence attentive et guidante.

L’ESPRIT D’ENSEIGNEMENT QUE JE PROPOSE

Le Yoga est une pratique et une discipline ouverte, qui se doit de pouvoir s’adapter à nos vies contemporaines pour que nous puissions bénéficier de ses bienfaits.

Remise en forme, reconnexion avec le corps, préparation physique et mentale, travaux méditatifs, le yoga se révèle utile dans de nombreuses situations.

Le Hatha-Yoga, une des formes du Yoga, est une pratique traditionnelle d’origine indienne, qui s’est transformé régulièrement au cours du temps. De nos jours, cette pratique est bien implantée dans notre monde moderne contemporain.

En constante adaptation, le Yoga a su se transmettre et se transformer, en tant que discipline du corps et du mental, à travers divers contextes culturels et sociaux, religieux ou athéistes. Aujourd’hui il permet tout autant de travailler le mieux-être corporel que la présence à soi, et de contribuer à l’unification de ces dimensions.

INTERVENTIONS

Je donne des cours en groupe et en individuel sur Morlaix et St Pol de Léon.

Je propose des cours à domicile sur l’ensemble du territoire du Nord-Finistère.

J’enseigne également dans la salle de Jean-Michel Creisméas, à Morlaix.

https://www.bibli.yoga/
https://www.bibli.yoga/equipe/loic-alemany

Je suis enseignant de Yoga, dans la résidence pour seniors Domitys, à Morlaix.

J’interviens également en entreprise et suis disponible pour répondre à toute requête spécifique. »

« Euthanasie en Belgique : après 20 ans de dépénalisation, le constat d’un échec »

Concernant la question de l’euthanasie, l’on trouve peu d’articles qui proposent au lecteur des éléments étayés factuellement permettant d’enrichir sa réflexion et qui ne se perdent pas dans un versant affecté, partiel et partial sur le sujet. Les deux articles ci-dessous sont publiés par le Gènéthique, « 1er site d’actualité bioéthique« . A lire.

Euthanasie en Belgique : après 20 ans de dépénalisation, le constat d’un échec

Publié le 24 mai 2022, original ici.

Il y a quelques jours le Journal International de Médecine interrogeait : en matière de fin de vie, un débat apaisé est-il possible ?[1] En guise de réponse, et alors que la nomination de Brigitte Bourguignon inquiète le milieu des soins palliatifs[2], l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) occupe l’espace médiatique. « Euthanasie: la loi belge permet “un accompagnement à la mort serein” » titrait l’AFP aujourd’hui, consacrant la dépêche à un entretien avec la présidente de l’ADMD. Une dépêche accompagnée d’une seconde : « Vingt ans après la loi sur l’euthanasie, un médecin belge raconte le “soin final” ». La mort, devenue un « soin » ?[3]

Une dépénalisation toujours plus large

A cette communication, l’Institut européen de bioéthique veut opposer de l’information. Avec la publication d’un dossier intitulé « L’euthanasie, 20 ans après : Pour une véritable évaluation de la loi belge », il propose une analyse factuelle de la situation en Belgique (cf. Euthanasie : la Belgique, un « modèle » ?).

Le Parlement belge a dépénalisé l’euthanasie en 2002 pour les personnes majeures. Avec un double objectif selon les auteurs de la loi : « offrir une solution d’exception aux patients atteints d’une affection “grave et incurable” provoquant chez eux une “souffrance constante, inapaisable et insupportable », et « mettre un terme aux euthanasies clandestines alors pratiquées ». L’euthanasie reste une exception à l’interdit de tuer, aucun « droit à l’euthanasie » n’a été instauré.

Dès son adoption en 2002, l’euthanasie est autorisée pour cause de souffrance psychique, que celle-ci soit associée ou non à une souffrance physique. Ce qui pose la question de la compatibilité d’une telle pratique avec les politiques publiques de prévention du suicide mises en place par les autorités, pointe l’Institut européen de bioéthique (cf. Tine Nys : la loi euthanasie devant la Cour constitutionnelle). En 2014, les mineurs sont autorisés à recourir à l’euthanasie, dès lors qu’ils sont « dotés de la capacité de discernement ». Et en 2020, la loi contraint les établissements de santé à accepter que soient pratiquées des euthanasies en leur sein.

Pour parvenir aux objectifs fixés par la loi, les moyens sont de deux ordres : « autoriser exceptionnellement un médecin à mettre fin à la vie de son patient à sa demande, dans le respect de conditions strictes, tant du point de vue de l’état du patient que de la procédure à suivre », et « garantir le respect de ce cadre légal à travers un contrôle systématique et rigoureux par la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie ».

Une dérive tous azimuts

Vingt ans après, le constat est clair. Alors que l’euthanasie devait relever de l’exception, le nombre d’euthanasies a été multiplié par plus de dix depuis 2003, première année d’application complète de la loi. L’année dernière, un décès sur 40 en Belgique était le résultat d’une euthanasie.

Et alors que l’euthanasie devait s’adresser « aux patients atteints d’une affection “grave et incurable” », pour 16% des personnes euthanasiées en 2021, le décès n’était pas attendu à « brève échéance ». Un nombre d’euthanasies qui a doublé sur les dix dernières années.

D’ailleurs, « le patient a le droit de refuser un traitement de sa douleur (y compris palliatif), et de demander dans le même temps l’euthanasie en raison du caractère inapaisable de sa souffrance », pointe l’Institut européen de bioéthique.

Les patients euthanasiés alors qu’ils souffrent d’affections psychiatriques telles que la dépression ou l’autisme sont au nombre de plusieurs dizaines chaque année. Quand de nombreux psychiatres remettent en cause la notion de « caractère définitivement incurable » de telles pathologies.

Un contrôle inopérant

Plusieurs études montrent un « décalage important » entre la proportion d’euthanasies déclarées et la proportion d’euthanasies de fait, ainsi qu’entre la part d’euthanasies consenties et non consenties. 26 % des euthanasies réalisées en 2013 en Flandre n’étaient pas consenties[4] et 35,5% des euthanasies réalisées en 2013 dans la même région n’ont pas été déclarées à la Commission[5].

En outre, « l’appréciation du caractère “volontaire, réfléchi et répété” de la demande d’euthanasie, telle que le prévoit la loi belge, peut en réalité s’avérer délicat en pratique, s’agissant en particulier de la vérification de l’absence de “pression extérieure », souligne l’Institut européen de bioéthique. Car il existe un risque « non négligeable » que « la demande d’euthanasie trouve son origine dans une perte d’estime de soi voire une dévalorisation de sa propre existence par la personne malade et/ou en fin de vie ». Des sentiments qui « peuvent être notamment liés à l’accent – explicite ou implicite – mis par la famille, les proches, le corps médical ou la presse (à travers la médiatisation de certaines affaires) sur le lien entre le choix de l’euthanasie et la préservation de la dignité de la personne, pointe l’Institut. Se forme alors l’idée, chez le patient, que rester en vie et mourir naturellement constituerait un choix indigne, voire égoïste, ainsi que le sentiment d’être une “charge” pour ses proches ».

Vingt ans après, le constat d’un échec

Ainsi, « vingt après son adoption, le bilan de la loi belge sur l’euthanasie conduit à un double constat d’échec » conclut l’Institut européen de bioéthique. Le contrôle du respect des conditions légales par la Commission fédérale est « défaillant », et le nombre d’euthanasies clandestines n’a pas baissé et reste « préoccupant ». « Les arguments fournis en 2002 pour justifier la dépénalisation de l’euthanasie sont donc aujourd’hui caduques », résume l’Institut.

Et la loi a des effets collatéraux. Puisque « la pratique extensive de l’euthanasie en Belgique a aujourd’hui rendu impossible la mise en œuvre d’une véritable politique d’accompagnement des patients en fin de vie à travers les soins palliatifs, affirme l’Institut européen de bioéthique, en particulier dans un contexte où la disponibilité de ces soins reste contrainte budgétairement. » (cf. Euthanasie : des enjeux financiers)

[1] JIM Fin de vie : un débat apaisé est-il possible ?, Léa Crébat (21/05/2022)

[2] Le Figaro, Favorable à une «exception d’euthanasie», la nouvelle ministre de la Santé inquiète le milieu des soins palliatifs, Agnès Leclair (23/05/2022)

[3] La Haute Autorité de Santé définit un acte de soins comme « un ensemble cohérent d’actions et de pratiques mises en œuvre pour participer au rétablissement ou à l’entretien de la santé d’une personne ».

[4] K. Chambaere et al., « Recent Trends in Euthanasia and Other End-of-Life Practices in Belgium », The New England Journal of Medicine, 2015, vol. 372, p. 1180.

[5] S. Derickx et al., « Drugs Used for Euthanasia: A Repeated Population-Based Mortality Follow-Back Study in Flanders, Belgium, 1998-2013 », Journal of Pain and Symptom Management, 2018, vol. 56, n° 4, pp. 551-559.

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Euthanasie : des enjeux financiers

Publié le 13 avril 2021, original ici.

Le magazine l’Incorrect a mené une enquête sur l’euthanasie en Europe, mettant en évidence les enjeux financiers de la légalisation de cette pratique.

En Belgique comme aux Pays-Bas, le coût d’une euthanasie est « proche de 100€ ». On dénombre dans ces pays respectivement 2000 et 5000 euthanasies chaque année. En Suisse, cinq associations vivent de la pratique du suicide assisté : EXIT, EXIT A.D.M.D. Suisse Romande, DIGNITAS, EX International et Lifecircle. La plus connue, Dignitas, demande 9000€ pour un suicide assisté. En 2014, elle en a pratiqué 1700.

Quant à la France, où la loi n’autorise pas l’euthanasie ni le suicide assisté, la Fédération des mutuelles françaises y est favorable. « Les mutuelles n’ont pas du tout envie de se retrouver à devoir financer la dépendance » explique l’Incorrect, chiffrant les années de vie des retraités. 2000 euros par mois hors forfait de soins en Ehpad, auxquels s’ajoutent 2200€ mensuels si la personne âgée doit être gardée en permanence, « sans compter les aménagements du logement si la personne reste chez elle, dont le coût atteint en moyenne 4280 euros ». Si à ce jour « le coût de la dépendance est estimé à 30 milliards d’euros par an, dont 12 milliards correspondent à des dépenses de santé », il faut noter qu’en 2050 « une personne sur trois sera âgée de plus de 60 ans ».

Devant ce constat, les « mutuelles se battent pour que l’État finance cette dépendance en créant une nouvelle branche de la Sécurité sociale ». Mais leur fédération approuve l’euthanasie. Et les soins palliatifs manquent de financement.

Source : L’incorrect, Emmanuel Rechberg (12/04/2021)

« Fin de vie : peut-on choisir sa mort ? » par Dr Jean-Marie Gomas et Dr Pascale Favre

Je reproduis ci-dessous la présentation du livre par l’éditeur, ainsi qu’une présentation des idées principales développées dans ce livre, présentées par le site Gènéthique d’une part ; par le Dr Eric Fossier d’autre part, avec qui j’ai eu le plaisir et la chance de travailler quelques années en EMSP – Equipe mobile soins palliatifs – au centre hospitalier de Morlaix, en milieu des années 2000.

Les auteurs

Dr JM Gomas est médecin généraliste, praticien hospitalier, formateur, enseignant universitaire. Spécialisé en médecine générale, en douleur, en soins palliatifs et en gériatrie, il a été secrétaire général fondateur du mouvement des soins palliatifs en France (SFAP : Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs) en 1989, puis expert relecteur et/ou co-auteur de quasiment tous les textes officiels sur ce sujet de 1990 à 2005 . A ce titre, il a été consulté par le comité consultatif national d’éthique, le Sénat, le Ministère, la Sécurité Sociale, l’HAS et le Conseil de l’Ordre pour la préparation de différents rapports et recommandations, et auditionné par la commission parlementaire préparant la Loi Leonetti.

Dr Pascale Favre est médecin, diplômée d’un DEA de droit de la santé. Doctorante en philosophie, elle est l’auteur en 2020 d’un mémoire de recherche en éthique médicale sur la position du médecin dans l’acte euthanasique.

Commentaires sur cet ouvrage

  • Par le site Gènéthique

L’humilité comme loi, le respect du patient comme guide

C’est ainsi que l’on pourrait décrire les motivations des deux praticiens auteurs de cet ouvrage. On peut y ajouter, si on ne craint pas l’abus d’évidences dans un domaine tel que celui de la médecine de fin de vie, l’intelligence et la rigueur. En effet, ce bel ouvrage nous invite à un effort de réflexion en trois étapes : il s’agit d’abord de nous aider à préciser notre vocabulaire sur des notions de base comme l’euthanasie, le suicide assisté, la sédation, la mort même ; ensuite, de tordre le cou aux préjugés et idées toutes faites véhiculées par les médias et autres penseurs plus ou moins officiels : « je veux choisir ma mort », « on ne peut pas le laisser souffrir comme ça », « mourir dans la dignité », etc. ; tout cela est passé en revue de manière sainement critique. Le lecteur est alors prêt à aborder la troisième étape, la plus importante, au cours de laquelle nos auteurs proposent un parcours de (re) découverte approfondie de l’univers redouté de l’accompagnement des patients en fin de vie. Nous sommes guidés par des praticiens qui nous font part de leur expérience des signes cliniques, du comportement psychologique des personnes en fin de vie, de celui des proches, amis et parents, pour évoquer enfin la partie délicate et mystérieuse des derniers instants ; le tout dans un constant esprit de respect du patient et de défense de la vie.

Aucun aspect n’est éludé, pas même celui de la spiritualité, même s’il est très rapidement abordé. Il faut saluer dans cet ouvrage l’honnêteté scrupuleuse et l’humanité dont ses pages sont empreintes. (par le site Gènéthique, premier site d’actualité de bioéthique ; publication originale ici).

  • par le Dr Eric Fossier

« Je veux choisir ma mort, c’est ma liberté ! » Cette parole de personne « bien portante » témoigne du décalage avec la réalité de ce que vivent les malades à l’approche de leur fin de vie. La question de l’euthanasie, masquée derrière l’expression trompeuse « d’aide médicale à mourir » est à nouveau dans l’actualité politique, le président nouvellement élu ayant annoncé vouloir lancer rapidement un débat citoyen sur la fin de vie, et suivre les conclusions qui en émergeront. Le sujet est régulièrement abordé avec des confusions majeures : ainsi un suicide assisté n’est pas une euthanasie. Si la société, au nom d’une revendication autonomiste, persiste à vouloir absolument une évolution, la moins destructrice des transgressions serait de faciliter l’accès à un produit létal telle qu’elle se pratique dans l’état américain de l’Oregon. Mais toute facilitation de l’administration de la mort resterait une régression sociétale et une rupture anthropologique. Et le médecin engagé dans le soin ne peut pas être celui qui administre la mort, à la lueur des expériences étrangères, et de leurs dérives, le chemin qui pourrait nous attendre !

  • dernière de couverture de l’ouvrage

« Je veux choisir ma mort, c’est ma liberté ! » Cette parole de personne bien-portante témoigne du décalage avec la réalité de ce que vivent les malades à l’approche de leur fin de vie.La question de l’euthanasie, masquée derrière l’expression trompeuse « d’aide médicale à mourir », s’avère très présente dans l’actualité politique. Or le sujet est régulièrement abordé avec des confusions majeures concernant le suicide assisté, l’euthanasie, la sédation profonde…

Ce livre clarifie le vocabulaire et propose de revisiter les croyances et préjugés qui obscurcissent la question de la fin de vie, en interdisant un véritable débat. Il donne les éléments éthiques et médicaux nécessaires à la compréhension des enjeux de la mort provoquée.Beaucoup plus largement, il y est question du chemin du mourir et de la finitude. Chaque fin de vie se révèle une histoire singulière jusqu’au bout, imprévisible, appelant des soins adaptés et toujours créatifs.Basé sur une longue expérience clinique des auteurs dans le domaine des soins palliatifs et sur un travail universitaire autour de l’impact de l’acte euthanasique sur le praticien, il est à destination du grand public comme des professionnels du soin.

Editions : Artège

Date de parution : 6/04/2022

Nombre de pages : 256

Bienvenue à gestaltafrica !

Des collègues gestaltistes du continent africain nous font le plaisir d’annoncer la création de gestaltafrica. Bienvenus !

 » Gestalt Africa is a training and experiential learning organisation established in 2021 by five colleagues with deep experience in the teaching and application of Gestalt in organisations, and great passion for the African continent. Our mission is to develop a generation of leaders who have the inspiration, confidence, and tools, to bring about meaningful change on the continent.

One of our core beliefs is that individual and organisational effectiveness require attention to be paid to not only the strategic/technical elements of work, but also to the relational, or human dynamics. Gestalt provides a frame to attend to both these aspects, supporting individuals to become more aware of process (how work is being done, not just what work is being done) and in so doing, opening space for new and different action.  » (extrait du site : https://gestaltafrica.com/about-us/ )

Colloque de la FPGT le 15 octobre prochain, Paris

Journée d’étude proposée par la FPGT, Fédération des Professionnels de la gestalt-thérapie.

Après des reports successifs dû au COVID, nous avons le plaisir de vous annoncer que le premier colloque de la FPGT aura lieu à Paris le 15 Octobre 2022.

Depuis toujours, la Gestalt-thérapie questionne les normes sociétales. Aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes confrontés à la nécessité vitale de faire du nouveau, d’interroger notre faire ensemble. Alors, partageons nos expériences soutenues par des interventions nationales et internationales à l’occasion d’une journée dédiée.

Intervenants

Paulo-de-Tarso de Castro Peixoto

Compositeur, Pianiste, Musicothérapeute, Philosophe, Gestalt-thérapeute au Brésil.
Maîtrise et Doctorat en Psychologie, Post-Doctorat en Philosophie et en Psychologie à l’Universidade Federal do Rio de Janeiro et à l’Université Paris Est-Créteil.

Peter Schulthess

Gestalt-thérapeute suisse, licencié en philosophie, travaille pour l’Institut de Thérapie Gestaltiste Intégrative de Würzburg et forme des Gestalt- thérapeutes en Suisse et en Grèce. Il est membre de l’EAGT dont il a été président et de l’EAP dont il a dirigé le comité scientifique.

SFAP : formation sur l’agonie

La SFAP (Société Française d’Accompagnement de de Soins Palliatifs) propose régulièrement des temps de formation assez courts et sur de nombreuses thématiques, par exemple ici sur l’accompagnement de l’agonie. De l’expérience que j’en ai, ces temps sont toujours bien faits et apprenants.

Cycle LES FONDAMENTAUX coordonné par le collège des médecins de la SFAP  
  Date 5 mai 2022 – Agonie : que faire, que dire ?
  Intervenante : Dr Véronique Morize, co-responsable du collège des médecins de la SFAP

 
Inscriptions ouvertes pour le ce web séminaire sur l’agonie qui aura lieu le 5 mai prochain de 17h30 à 19h animé par le Dr Véronique Morize, co-responsable du collège des médecins de la SFAP.

Inscriptions individuelles ou en formation continue directement en ligne, cliquez-ici.  

Publics concernés :
Aux médecins, soignants, psychologues, bénévoles, acteurs impliqués dans la démarche palliative, professions des sciences humaines, sociales, administratives.  

Objectifs pédagogiques :
1. Pouvoir identifier et comprendre les différents temps et symptômes de la phase agonique afin de mieux les repérer et les soulager
2. Etre plus à l’aise dans la prise en charge clinique des dernières heures de vie du patient palliatif afin de permettre aussi un meilleur accompagnement des survivants au défunt.

vient de paraître : « Cosmopolitiques » par Isabelle Stengers

Un court extrait de l’introduction de l’ouvrage par Isabelle Stengers pour en donner quelques contours et peut-être l’élan de le lire.  » (…) « Cosmopolitiques » se concentre sur les sciences en tant que pratiques scientifiques parce que celles-ci posent des questions telles que : comment l’appartenance à cette pratique fait-elle imaginer, agir ou penser ? A quoi oblige-t-elle ses praticiens ? Mais aussi qu’exige-t-elle du milieu dont elle dépend ? Et ce sont de telles questions qui ouvrent à un possible spéculatif. Si, au lieu de se présenter armés de ces mots d’ordre que sont la rationalité, l’objectivité, la méthode ou les données, les scientifiques qui le peuvent avaient su se présenter en praticiens, la guerre des sciences n’aurait pas eu lieu. (…) La notion de pratique telle que je la propose a ceci de particulier qu’elle affirme la possibilité de leur destruction. Les pratiques sont mortelles. (…) Les praticiens modernes, lorsqu’ils se présentent à un public dit « non compétent », le font aujourd’hui encore avec les mots d’ordre qui ont assuré leur survie : rationalité, objectivité, méthode, en tant que clefs de tout progrès. Ils se présentent comme représentant la Science, qui n’est pas une pratique car elle n’oblige à rien mais permet de revendiquer le respect d’un public appelé à honorer ce progrès dont, qu’il le veuille ou non, il est bénéficiaire. La question posée par « Cosmopolitiques » était : les praticiens scientifiques pourraient-ils devenir capables de se débarrasser des mots d’ordre, de se présenter avec ce qui les oblige ? (…) » Je laisse les commentaire ci-dessous présenter le reste de cet ouvrage. Vous trouverez ci-dessous également un lien qui renvoie vers un extrait du livre.

L’auteure :

Isabelle Stengers, docteur en philosophie, est professeure émérite à l’Université libre de Bruxelles. Elle est l’auteure de nombreux livres sur l’histoire et la philosophie des sciences, dont, à La Découverte, L’Invention des sciences modernes (1993), Sciences et pouvoir (1997, 2002), Au temps des catastrophes (2009, 2013) et Réactiver le sens commun (2020). Elle a reçu le grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993.

Le livre :

 » Pourquoi les sciences modernes n’avancent-elles que sur un mode guerrier : guerre du scientifique contre ses concurrents, du savant contre le « charlatan », du « nouveau » contre l’« ancien » ? Pourquoi les sciences s’affirment-elles sous le jour le plus faux : triomphe d’un savoir enfin objectif, neutre et désintéressé, produit par une démarche méthodique, humble et sereine ? Et pourquoi quand les scientifiques disent leurs rêves et leurs ambitions, est-ce si souvent la spéculation arrogante et la polémique qui s’expriment ? Pourquoi, par exemple, la physique moderne est-elle habitée par la conviction qu’elle seule peut percer l’énigme de ce monde, énigmatiquement intelligible comme l’a dit Einstein ? Peut-on répondre à ces questions sans insulter les passions des scientifiques mais d’une manière qui leur permette d’échapper à « la passion moderne de disqualifier toute pratique qui ne souscrit pas à l’affirmation d’un monde unique » ?
C’est pour répondre à ces questions qu’Isabelle Stengers revisite quelques grands moments de l’histoire des sciences. Si nul d’entre nous n’a le droit de prétendre représenter le « genre humain » ou d’inventer « une utopie qui vaille pour tous les habitants de la terre », nul n’a non plus le droit de raconter cette histoire des sciences dites modernes comme celle de la découverte d’une réalité qui devrait faire autorité pour tous et toutes. Les passions qui habitent cette histoire ne sont pas arbitraires mais singulières, et c’est cette singularité qu’il convient de cultiver s’il s’agit de nous libérer de l’insupportable tolérance de ceux qui prétendent « savoir » envers ceux qui, disent-ils, « croient ».
Les cosmopolitiques d’Isabelle Stengers nous demandent, selon Donna Haraway, de penser, et de prendre des décisions « en présence de celles et ceux qui en porteront la conséquence ». « 

Lire un extrait : https://fr.calameo.com/read/00021502235df94eec3d3

Préface de : Isabelle Stengers
Collection : Les Empêcheurs de penser en rond
Parution : 28/04/2022
ISBN : 9782359252224
Nb de pages : 632

Reprise des consultations ce lundi 25 avril

Après une pause-congés ressourçante, c’est avec plaisir que je reprends mon activité et retrouverai les personnes qui viennent me consulter à partir de ce lundi 25 avril.

Je suis également disponible à celles et ceux qui souhaitent prendre un premier rendez-vous.

Lundi 25 avril 2022.

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