21 juin : Soirée Publique organisée par Parentel

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Yoga : journée int’le Brest 2018

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Atelier théâtre Thierry Bravo : la rentrée

Rentrée des classes le 27 septembre !

Vous souhaitez donner à votre créativité tout l’espace qu’elle mérite, tout en passant un bon moment de détente et de bonne humeur ?

Alors, l’Atelier Théâtre-Ecriture Humour de Thierry est pour vous.

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Plus d’info sur https://www.atelierthierrybravo.com

 

Gestalt Research Conference « Research in Gestalt Therapy: Towards an Effective Practice », Chile June 2019

Gestalt research conference 2019_flyer-page-001For the 4th time therapists, researchers and students will meet and discuss many important questions related to psychotherapy from the Gestalt perspective.

The Gestalt Research Conference will take place  from 29th May to 1st June, 2019 at the Universidad Central de Chile, Santiago, Chile. The most renowned contemporary researchers and practitioners of psychotherapy have already confirmed their participation – among them Prof. Michael Lambert, Prof. Clara Hill, Prof. Mariane Krause confirmed their presence as keynote speakers.

Michael Lambert, PhD – His research spans 30 years and has emphasized psychotherapy outcome, process and the measurement of change. He has edited, authored, or co-authored nine academic research based books, and 40 book chapters, while publishing over 150 scientific articles on treatment outcomes. He also has been in private practice as a psychotherapist throughout his career.

Clara Hill, PhD – Her major research interests are helping skills, psychotherapy process and outcome, training therapists, dream work, qualitative research, and meaning in life. She has published over 220 journal articles, over 65 chapters in books, and 14 books (including Helping Skills, Dream Work in Therapy, Insight in Psychotherapy, Transformation in Psychotherapy, Consensual Qualitative Research, and Meaning in Life).

Mariane Krause, PhD – Her areas of research are change processes in psychotherapy, depression, and the interaction between sociocultural and mental health conditions. She has led several research projects in these areas, with funding from the Millennium Scientific Initiative of the Ministry of Economy, Development, and Tourism, the National Committee of Scientific and Technological Research, and the United Nations Development Program.

This is wonderful opportunity for ALL who are interested in Gestalt therapy and science. Also for those who are looking for networking possibilities and inspiration. And of course for young and experienced researchers who are warmly welcome to present their projects or initiate new ones. The early bird fee is 300 USD.

And last but not least this conference is in line with the three previous ones held in Cape Cod (2013, 2015) and Paris (2017) sponsored by AAGT, GISC and EAGT, and also with the educational seminar “Research in Gestalt Therapy. Introducing research methods to Gestalt practitioners” organized in 2014 by EAGT.

We all can support the organizers by spreading the news about this exciting event. It will be warmly welcomed you inform your NOGTs members.

Key Dates:
• August 31st, 2018: Early bird registration deadline
• September 15th, 2018: Deadline to submit abstracts
• October 15th, 2018: Notice of abstract acceptance
• October 30th, 2018: Deadline to presenters registration

For more information please see the flyer or visit: http://www.congresogestalt.cl

Lets meet in Santiago in 2019!

« Stagiaires et déjà en burn-out, le difficile apprentissage des élèves en soins infirmiers », Slate, 30 mai 2018

Les étudiantes et étudiants en soins infirmiers étaient cette année près de 31.000 à réaliser pour la première fois un stage à l’hôpital. Mais une partie a déjà renoncé à poursuivre cette carrière.

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Selon l’étude Santé et satisfaction des soignants au travail réalisée en 2008, 21% des infirmières et infirmiers exerçant depuis cinq ans ont déjà fait un burn-out, et ce taux augmenterait de manière régulière avec les années. Mais l’épuisement professionnel et le découragement n’attendent pas toujours le nombre d’années d’ancienneté: ils commencent parfois dès les premiers stages.

«J’étais arrivée au bout du supportable. Un soir, je suis rentrée de ce stage, je me suis assise sur mon lit avec un couteau et j’ai pensé à me tailler les veines. Mais j’ai pensé à ma famille, au mal que cela leur ferait et j’ai renoncé. Je suis juste restée assise là, à regarder le mur, en pleurant pendant toute la soirée», se souvient Anna.

Pressions psychologiques du personnel encadrant

Étudiante en deuxième année de soins infirmiers, la jeune femme est en stage dans un service psychiatrique. Dès le premier jour, «l’enfer» avec sa maîtresse de stage commence. «Elle était inhumaine. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas me voir en peinture, que ma tête ne lui revenait pas, donc qu’elle ferait tout pour me détruire. Cette infirmière, c’était le diable incarné», raconte la jeune élève infirmière, encore traumatisée par ces cinq semaines passées auprès d’elle.

«À cause de ces pressions psychologiques, l’étudiante ou l’étudiant va se sentir constamment menacé et appréhender de croiser dans les couloirs la ou le supérieur responsable de sa formation, explique la docteure Valérie Auslender, médecin généraliste et auteure de Omerta à l’hôpital. Plutôt que de se concentrer sur les soins et la formation, la ou le stagiaire va mettre en place des stratégies de défense pour éviter l’agresseur. Le personnel soignant justifie son attitude par la prétendue incompétence des élèves, alors qu’on leur demande de mettre en pratique les compétences que l’on est justement censé leur transmettre durant les stages!».

Pour éviter sa tutrice, Anna passe beaucoup de temps avec les patientes et patients. «Je leur faisais faire des activités yoga, peinture, ping-pong, cela m’occupait l’esprit», se remémore-t-elle. De son côté, la direction de l’hôpital «ne nie pas qu’il peut y avoir des dysfonctionnements», mais rappelle que les relations étroites avec les IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) constituent autant de dispositifs d’alerte.

«Si un cadre de l’IFSI nous dit “Nous avons des difficultés avec votre infirmière, c’est arrivé pour un stage, puis pour un deuxième et un troisième”, alors l’infirmière n’est plus encadrante. Que des personnes, au fur et à mesure, deviennent maltraitantes, cela existe dans toutes les institutions, qu’elles le soient envers les élèves, cela doit sans doute exister, mais nous n’en avons pas eu connaissance ici, et ce n’est pas quelque chose de banal et répandu», ajoute la direction.

Si Anna peut témoigner aujourd’hui, c’est parce que ses parents et ses camarades de promotion l’ont soutenue. Mais la jeune femme est consciente que ce n’est pas le cas de tout le monde, rappelant que dans sa promotion, «quasiment tous les stagiaires ont fait une petite dépression à un moment donné, et six ont définitivement arrêté». Anna choisit de tenir bon, mais perd confiance en elle, prend quinze kilos et songe à renoncer à ses études, persuadée qu’elle ne sera jamais une bonne infirmière.

Alors que dans d’autres secteurs professionnels, un stage qui se passe mal est une exception, beaucoup d’élèves en soins infirmiers ont intégré l’idée qu’elles et ils seront confrontés à une forme d’agression –verbale ou psychologique– au cours d’au moins l’un de leurs stages.

D’ailleurs, 85% estiment que leur formation est violente dans la relation avec les équipes encadrantes en stage, selon l’enquête Je veux que ma voix compte, réalisée fin 2014. «Tout le monde n’est pas bon enfant dans notre métier. Il y a toujours ce qu’on appelle dans notre jargon “le dragon”, avec qui cela va mal se passer et qui va nous traiter comme de la merde. Tout le monde le sait», explique Maxime, infirmier depuis dix ans.

Honte à ne pas gérer la situation

«Aujourd’hui, la situation s’est banalisée, parce que selon les élèves, cela fait partie du pack “études à l’hôpital”. Elles et ils subissent, baissent la tête pour avoir leur diplôme», analyse Valérie Auslender.

«Banaliser», le mot est fort, mais d’autres professionnelles ou professionnels l’emploient également. «Je suis parfois confrontée à des stagiaires qui banalisent leur mal-être, c’est-à-dire que celle ou celui qui ne va pas bien ne va pas forcément se manifester et va plutôt en parler de façon rigolote, faire une blague, et dire “Non, mais c’est rien de toute façon, c’est tout le temps comme ça dans les stages”. Certaines choses finissent par sembler normales… Des élèves que l’on ne traite pas bien, à qui l’on parle mal, et à qui l’on demande de faire des choses qui ne sont pas dans leurs compétences», explique Isabelle Ménard, formatrice.

Il n’existe aucun chiffre précis sur le nombre d’étudiantes et étudiants en soins infirmiers ayant fait un burn-out. Un certain nombre n’en parlent pas et s’isolent, car elles et ils le vivent comme une honte.

Jeanne, aide-soignante, a repris ses études pour devenir infirmière. Chaque matin avant de partir en stage, elle souffre de brûlures d’estomac et pleure à l’idée d’entrer dans l’hôpital; elle commence à perdre du poids. Le soir, lorsqu’elle rentre chez elle, elle s’effondre encore, ressasse toute sa journée.

«J’avais l’impression d’avoir mis la barre trop haute. J’idéalisais ce métier, je voulais l’exercer et finalement, je n’ai pas réussi. J’ai été déçue de moi-même. Dans mon esprit, j’étais une moins que rien. J’étais anéantie», raconte Jeanne.

«Dans le burn-out, il existe une honte à ne pas gérer la situation, à ne pas y arriver. C’est cette honte qui fait qu’au départ, on n’avoue pas qu’on n’y arrive pas. C’est aussi pour cette raison que l’on compte peu d’arrêts maladie», explique Sandrine Vialle-Lenoël, psychosociologue et auteure de Burn-out: repérer, traiter.

C’est le médecin traitant de Jeanne qui diagnostique le burn-out. Elle est alors arrêtée pendant sept semaines, et suivie quatre mois par un psychologue. Jeanne se relève, mais en raison du coût de la formation, elle ne poursuivra pas ses études.

Peu sont celles et ceux qui s’expriment et osent dire être victimes de maltraitances pendant leur stage. «Il y a des stagiaires qui ne vont rien dire, sourire tout le temps et ne pas s’exprimer; c’est à nous de déceler le problème, mais nous n’avons déjà plus de temps pour nos patients… Et ni nos stagiaires, ni nos collègues ne sont censées être nos patientes ou patients», affirme Maxime, infirmier.

Main d’œuvre nécessaire

Face au manque de temps et d’effectifs, on considère les stagiaires comme une main-d’œuvre nécessaire. C’est pour cela que dès leurs premières expériences, les stagiaires doivent être opérationnels. Mais leurs gestes sont moins assurés, plus lents… trop lents.

«Un jour, une aide-soignante m’a chronométré pendant un pansement pour que j’aille plus vite, et elle lançait à voix haute combien de minutes je passais», raconte Thomas qui, parce qu’il mettait «trop de temps», en faisait perdre à sa tutrice. Épuisé par ces cadences et la violence des échanges avec ses supérieurs, Thomas quitte son stage, en état d’épuisement lui aussi.

«Les hôpitaux sont dans le découpage de la tâche, dans un chronométrage digne de l’usine, explique la psychosociologue Sandrine Vialle-Lenoël. Or cette organisation du travail produit de l’épuisement et augmente le risque de burn-out», ajoute-t-elle.

Cette main-d’œuvre dont la formation n’est pas achevée et doit se poursuivre à l’hôpital devient parfois une charge de travail supplémentaire pour le personnel soignant. «On est en manque d’effectifs pour soigner les patients, donc on n’a pas le temps d’encadrer un ou une stagiaire! Alors on va lui dire “Tu vas faire ça, parce que je n’ai pas le temps de m’occuper de toi”; l’un des soucis principaux vient de là, ajoute Maxime, l’infirmier titulaire. On nous en demande tellement que l’on en demande beaucoup aux élèves. C’est complètement idiot, car on oublie que ce sont des personnes encore en études, non des professionnels, et que la règle, c’est de ne pas les traiter comme des bouche-trous. Mais malheureusement, il existe des maîtres de stage qui le font.»

Avec de moins en moins de temps pour s’occuper de leurs patientes et patients, et encore moins pour former des stagiaires, le personnel soignant souffre à l’hôpital. Selon une donnée de l’association Soins aux professionnels de santé (SPS) pour 2015, la moitié aurait déjà fait un burn-out.

Dans cet environnement en souffrance, «les stagiaires peuvent être absorbés par le mal-être de l’équipe. Il peut exister une sorte de contamination du burn-out, comme si c’était quelque chose de contagieux», analyse Sandrine Vialle-Lenoël.

Peu de soutien, à l’hôpital ou au centre de formation

Dans ce cercle vicieux de l’épuisement, le rapport de force est souvent en défaveur des étudiantes et étudiants. «Les formateurs nous disent que l’on doit être acteur de notre formation et que si l’on rencontre des difficultés dans notre stage, c’est de notre faute, raconte Jeanne. Lorsque le rapport de stage est fait, c’est la parole du professionnel qui prime, même si l’on essaie de se défendre et de dire comment les choses se sont passées en réalité. On nous dit “Vous êtes l’étudiante, vous ne savez pas; elles et eux savent” –donc sont crus», assure la jeune femme, aujourd’hui en poste.

De son côté, Thomas a demandé à changer de stage. «Je n’ai pas parlé du fait que j’ai été chronométré, parce que la cadre du service n’aurait pas accepté que je dise cela de son équipe. Tout le monde aurait été contre moi, et je sais que l’IFSI ne m’aurait pas défendu.» Le jeune homme consulte son médecin qui le met en arrêt maladie, une période pendant laquelle il tente de se reconstruire: «Comme je n’avais pas assez d’argent pour aller chez un ou une psychologue, je me suis mis à la pâtisserie, qui m’a permis de m’évader», affirme celui qui est aujourd’hui diplômé.

Les stagiaires ne trouvent pas toujours de soutien à l’hôpital ou au centre de formation. D’après une étude menée en 2017 par la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI), 38% d’entre elles et eux s’estiment jamais ou rarement soutenu psychologiquement par leur équipe pédagogique et/ou la direction.

«Défendre un ou une stagiaire est un long processus, analyse la docteure Auslender, et mettre en place des actions contre du personnel ou contre un lieu de stage est très compliqué, dans un contexte où l’on en manque déjà.»

Pourtant, les solutions existent pour que les étudiantes et étudiants ne soient pas livrés à eux-mêmes. L’association SPS dispose d’une plateforme téléphonique gratuite et anonyme, qui peut les diriger vers un psychologue. Si l’association n’est pas en mesure de savoir combien de stagiaires la contactent, elle estime que 30 à 35% des appels sont passés par des personnels infirmiers, et que 30% d’entre elles et eux sont en épuisement professionnel.

Des formateurs et formatrices cherchent également des façons de prévenir ces situations de mal-être. Isabelle Ménard prépare en amont ses étudiants et étudiantes, puis s’assure que tout se déroule pour le mieux, en allant à la rencontre du personnel encadrant et des élèves pendant la période de stage. Une fois celui-ci terminé, les stagiaires et leurs référents pédagogique se réunissent pour discuter. «Selon moi, c’est le partenariat IFSI–hôpital qui est le meilleur garant du dépistage des élèves qui ne vont pas bien et de leur accompagnement», explique la formatrice.

D’autres options, comme l’évaluation du terrain de stage, ont été recommandées dans le rapport de la docteure Donata Marra sur le bien-être des étudiantes et étudiants en santé –une façon de valoriser les stages dans lesquels les élèves sont heureuses ou heureux et, peut-être, de suspendre l’accréditation de ceux dans lesquels elles et ils sont maltraités.

 

Article téléchargeable ici.

« Les rites de passage ont-ils disparu ? » par Julien Clément

Les rites de passage ont-ils disparu ?

JUIN 2018

Nos sociétés contemporaines sont-elles caractérisées par une absence de rites de passage ? Cette absence entretient-elle une confusion du passage entre les âges ? Comment interroge-t-elle les problèmes intergénérationnels de notre société ? Quel est le sens des cadeaux aujourd’hui ?

 

« Les corps ne sont plus le lieu des passages en tant que support du marquage social dans le cadre de rites d’initiation ».

« L’enjeu des générations vivantes et de leurs conflits est peut-être à situer dans un processus plus général : le rapport entre les vivants et les morts. L’affaiblissement des rites funéraires est l’un des symptômes de la difficulté à penser le passage des générations ».

Julien Clément a étudié les phénomènes rituels et les enjeux intergénérationnels (affirmation de soi, masculinité, le passage des âges, du corps, du rapport aux ancêtres, des nouveaux nés) dans le cas précis de la pratique du rugby de Samoa et de l’histoire de cette société. Il est anthropologue et adjoint au directeur du département de l’enseignement et de la recherche au musée du quai Branly – Jacques Chirac.

Article de Julien Clément, Esprit, avril 2018

 

« Le stress post-traumatique, une urgence sanitaire », paru dans La Croix, mai 2018.

Article par Marie Boëton , le 15/05/2018, original dans La Croix : ici.

 » Les séquelles psychiques découlant d’une exposition à la violence sont mieux connues aujourd’hui. Mais les victimes restent encore peu prises en charge.

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Une victime d’attentat incapable de franchir le seuil de sa porte pour retrouver le grand air. Un migrant hanté par les flash-back lui rappelant les exactions de son pays. Une adolescente s’automutilant, seule dans sa chambre, après des abus sexuels répétés. Rien de commun a priori entre eux trois, mis à part une insondable douleur.

Tous pourtant souffrent du même trouble anxieux : l’état de stress post-­traumatique. « ESPT », dans le jargon médical. Trois symptômes le caractérisent : ceux qui en souffrent sont colonisés par des pensées récurrentes (souvenirs intrusifs, cauchemars), évitent tout ce qui pourrait leur rappeler le traumatisme et présentent des signes de tension constante.

La prise en charge du psychotraumatisme

Connue depuis des décennies, cette pathologie a longtemps été sous-diagnostiquée. Et, aujourd’hui encore, quand on parle « stress post-traumatique », on pense davantage aux GI de retour du Vietnam… qu’aux enfants battus. À tort. De nombreuses enquêtes de victimologie attestent de l’ampleur du phénomène et du profil varié des victimes. Si la prévalence de l’ESPT reste difficile à établir – tant les populations examinées diffèrent, tout comme les critères retenus –, on estime qu’environ 5 % de la population a présenté, au cours de sa vie, un état de stress post-traumatique.

 

Ayant pris conscience de l’urgence sanitaire entourant cette pathologie, les pouvoirs publics promettent l’ouverture, d’ici à 2019, de dix unités dédiées à la prise en charge du psychotraumatisme.

Il y a urgence, en effet. Souffrir de l’ESPT, c’est présenter un risque accru de dépression, mais aussi d’addiction. C’est souvent aussi rencontrer des difficultés d’apprentissage, voire, dans certains cas, multiplier les conduites asociales ou les comportements à risque. Tout cela est parfaitement connu des spécialistes… Mais de qui d’autre ? De pas grand monde.

Retrouver la nature du traumatisme pour guérir la victime

Ce que déplore la psychiatre Muriel Salmona : « Certaines victimes de stress post-traumatique s’isolent, d’autres versent dans la violence, d’autres présentent de graves retards cognitifs, mais, plutôt que de chercher le traumatisme à l’origine de cela, on le met sur le compte de leur personnalité, on les étiquette “psychotiques”. Bref, on les essentialise. Alors qu’au départ, il y a tout simplement une souffrance méconnue. » Une double peine pour les victimes.

En cas de violences récurrentes, et lorsque des enfants en sont la cible, les conséquences s’avèrent plus dramatiques encore. « Ils savent que ces maltraitances vont se reproduire, mais sont impuissants à les enrayer : dès lors, ils mettent en place des mécanismes de défense, comme le déni de réalité par exemple. Avec le risque, pour certains, de développer plus tard une personnalité borderline », déplore ThierryBaubet, professeur de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et chef de service à l’hôpital Avicenne. Il nuance toutefois d’emblée : « Ce qui ne veut pas dire que derrière chaque trouble psy se cache un traumatisme dans l’enfance… »

Recours au « dépistage systématique des maltraitances »

Il n’empêche, l’urgence sanitaire est telle que le psychiatre et président de l’Institut de victimologie Gérard Lopez plaide pour un dépistage systématique des maltraitances : « On interroge bien les patients sur leurs antécédents chirurgicaux ou allergiques, pourquoi pas sur les violences graves auxquelles ils ont déjà été exposés. » C’est d’ailleurs ce que prône désormais l’association américaine de pédiatrie. « Les recherches sur le sujet avancent, poursuit le praticien, nos pratiques doivent aussi progresser ! »

Pour comprendre ce trouble anxieux, un détour par la neurobiologie s’impose. Face à un événement d’une extrême violence, certains individus se trouvent dans une détresse telle qu’un mécanisme de sauvegarde se met en place.

Un mécanisme qui fait « disjoncter » le circuit émotionnel. « Il s’agit d’un dysfonction

nement momentané des circuits cérébraux chargés de réguler les émotions et d’encoder les souvenirs », explique le neuropsychologue Francis Eustache. Le duo amygdale-hippocampe se trouve enrayé, aboutissant à une anesthésie émotionnelle – le fameux phénomène de dissociation – et à une distorsion de la mémoire (1).

« Ce ne sont pas réellement des souvenirs qui sont fabriqués à ce moment-là, mais plutôt des images fortes et disparates qui vont ensuite régulièrement faire intrusion chez le sujet, sans qu’il puisse les contrôler », poursuit le chercheur. La victime a mémorisé des détails épars des violences subies, mais pas le contexte de leur survenue. Dès lors, il suffit d’un détail (odeur, son, geste) évoquant ce contexte pour qu’elle le considère – à tort – comme à nouveau annonciateur de l’événement. D’où ces images récurrentes potentiellement terrorisantes…

Si ce mécanisme est désormais établi, reste à expliquer le comportement, parfois paradoxal, de certaines victimes. Pas simple. « Celles ayant subi des abus sexuels se remettent souvent en danger : en se scarifiant, en fréquentant des compagnons violents, en optant pour des pratiques sexuelles risquées, note Gérard Lopez. Il n’est pas exclu qu’elles cherchent ainsi à soulager leurs souffrances en recherchant l’anesthésie émotionnelle de la scène traumatique. »

Analyser l’origine et le contexte de « l’amnésie traumatique »

Autre paradoxe : comment comprendre que certaines oublient purement et simplement la violence subie ? « L’événement n’est pas racontable car la mémoire traumatique est comme anesthésiée, elle ne peut pas se transformer en mémoire autobiographique, explique Muriel Salmona. C’est ce qu’on appelle “l’amnésie traumatique”. »

Cette notion reste toutefois sujette à débat, certains chercheurs questionnant l’origine de cette amnésie. Les recherches se poursuivent donc autour de ce trouble encore en partie insaisissable. « Nous peinons à comprendre ce qui fait que, face à un même événement violent, certains réussissent à contrôler l’intrusion d’images de la scène traumatique quand d’autres restent submergés par elles », explique Francis Eustache. C’est tout l’enjeu de l’enquête « Remember »,menée avec d’autres spécialistes auprès de 120 victimes des attentats de novembre 2015, que de tenter de répondre à cette question.

Communications n° 102 – Exercices d’ambiances

Atmospheric Spaces

The French-speaking journal Communications published a new issue, « Exercices d’ambiances », dedicated to ambiances and atmospheres.

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EAGT Newsletter Spring 2018

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EAGT May 2018 Newsletter-page-002

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Ikigai

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