Psychologue, psychothérapeute, psychiatre… Comment s’y retrouver ?
Sous le terme familier de « psy » se trouvent en réalité des professionnels dont les formations, les titres et les pratiques peuvent être très différents.
Psychologue, psychothérapeute, psychiatre, psychanalyste, Gestalt-thérapeute… ne désignent pas la même chose.
Certaines de ces appellations correspondent à des titres réglementés par l’État, dont les conditions d’usage sont définies par la loi. D’autres désignent une formation, une méthode ou une orientation psychothérapeutique, dont les exigences dépendent notamment des écoles et des organisations professionnelles qui les reconnaissent.
Ces deux dimensions ne se confondent pas et peuvent se compléter.
La réglementation protège des titres ; les organisations professionnelles ont également construit des critères de formation, de pratique et de déontologie qui permettent d’apprécier plus largement la qualification d’un praticien.
Cette page propose quelques repères pour comprendre :
- ce qu’établissent les titres réglementés de psychologue, psychothérapeute ou psychiatre et comment vérifier leur usage ;
- ce que signifient des appellations comme psychanalyste ou Gestalt-thérapeute, qui ne relèvent pas du même cadre légal ;
- quels autres critères regarder : formation psychothérapeutique, psychopathologie, travail personnel, pratique clinique, supervision, déontologie et reconnaissance par les pairs ;
- quelles questions se poser pour choisir le professionnel auquel on souhaite s’adresser ;
- et, pour terminer, comment ces différents repères s’appliquent à mon propre parcours et à ma pratique.
COMMENT CHOISIR SON « PSY » ?
Avant même de distinguer les différents métiers, quelques questions simples peuvent aider.
Quelques questions simples peuvent aider :
- Quelle est sa formation initiale ?
- Utilise-t-il un titre professionnel réglementé, et peut-on le vérifier ?
- À quelle approche psychothérapeutique a-t-il été formé ?
- Quelle place la psychopathologie et la pratique clinique ont-elles occupée dans sa formation ?
- Sa pratique fait-elle l’objet d’une supervision et d’une formation continue ?
- À quel cadre déontologique se réfère-t-il ?
- Une organisation professionnelle extérieure reconnaît-elle sa formation ou sa qualification ?
Ces éléments ne disent évidemment pas tout de la qualité d’une rencontre thérapeutique. Ils permettent néanmoins de savoir quelle formation, quelles exigences et quel cadre professionnel se trouvent derrière l’appellation utilisée.
LE PSYCHOLOGUE
En France, l’usage professionnel du titre de psychologue est réglementé et protégé par la loi.
Dans le cursus universitaire actuel, l’accès au titre suppose une licence mention psychologie et un master mention psychologie, répondant aux conditions réglementaires, ainsi qu’un stage professionnel d’au moins 500 heures.
Le titre de psychologue est unique : « psychologue clinicien », « psychologue du travail », « neuropsychologue », etc. renseignent sur une orientation, une formation ou un champ d’exercice et ne constituent pas autant de titres professionnels réglementés distincts.
Les psychologues exercent ainsi dans des domaines et des contextes très différents : clinique et psychopathologie, travail, neuropsychologie, développement, éducation, gérontologie, recherche…
La psychologie clinique
Le mot « clinique » vient du grec klinê, « le lit » : historiquement, le clinicien est celui qui se tient au plus près de la personne et de ce qu’elle vit.
La psychologie clinique s’intéresse à la personne dans sa singularité : son histoire, son fonctionnement psychique, ses relations, son environnement et les situations auxquelles elle est confrontée.
Elle ne consiste donc pas seulement à identifier des symptômes ou à établir des catégories diagnostiques. Elle cherche également à comprendre comment une personne vit ce qui lui arrive et quel sens cela prend dans son histoire et son existence.
L’entretien clinique constitue l’un de ses principaux outils. Selon sa formation et son activité, le psychologue peut également utiliser des tests et différents outils d’évaluation psychologique.
Le Code de déontologie des psychologues
La profession de psychologue s’est dotée d’un Code de déontologie, actualisé en 2021, qui formule des principes et règles de référence pour l’exercice professionnel : respect de la personne et de ses droits, confidentialité, compétence, responsabilité, intégrité et discernement professionnel.
→ Consulter le Code de déontologie des psychologues
LE PSYCHOTHERAPEUTE : UN TITRE REGLEMENTE
L’usage du titre de psychothérapeute est réglementé en France.
Autrement dit, avoir suivi une formation à une méthode de psychothérapie ne suffit pas, en soi, à pouvoir utiliser le titre de psychothérapeute.
L’usage de ce titre suppose de remplir les conditions prévues par la réglementation et d’être inscrit au registre prévu à cet effet. Depuis octobre 2024, les psychothérapeutes sont intégrés au Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé (RPPS), en remplacement de leur ancien enregistrement ADELI.
Il faut donc distinguer deux choses :
le titre de psychothérapeute, qui relève d’un cadre légal ;
et la formation à une méthode ou une orientation psychothérapeutique — Gestalt-thérapie, psychanalyse, thérapies cognitivo-comportementales, approches systémiques, etc.
Un professionnel peut cumuler les deux, mais l’un ne découle pas automatiquement de l’autre.
Le titre de psychothérapeute renseigne ainsi sur une situation réglementaire. Il ne dit pas, à lui seul, à quelle méthode le professionnel s’est formé, comment il travaille, quelle est son expérience clinique ni quelle place occupent dans sa pratique le travail personnel, la supervision et la formation continue.
LE PSYCHIATRE
Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie.
Il a suivi des études de médecine puis une spécialisation en psychiatrie. En sa qualité de médecin, il peut notamment établir un diagnostic médical, prescrire des médicaments et organiser ou coordonner des soins psychiatriques.
Ses consultations relèvent de l’Assurance maladie selon les règles applicables aux consultations médicales.
Un psychiatre peut également pratiquer la psychothérapie. Sa qualité de psychiatre ne renseigne cependant pas, à elle seule, sur l’approche psychothérapeutique à laquelle il s’est éventuellement formé.
ET LES AUTRES PRATICIENS DE LA PSYCHOTHERAPIE ?
Les appellations « psychanalyste », « Gestalt-thérapeute », « thérapeute familial » et différentes autres appellations correspondant à des courants ou méthodes de psychothérapie ne sont pas, en elles-mêmes, des titres professionnels réglementés par l’État comme le sont ceux de psychologue, psychothérapeute ou psychiatre.
Cela ne signifie évidemment pas absence de formation ou d’exigence professionnelle.
De nombreuses écoles et organisations professionnelles ont au contraire construit depuis plusieurs décennies des cursus longs et exigeants ainsi que des procédures de reconnaissance par les pairs.
La Déclaration de Strasbourg sur la psychothérapie (1990), devenue l’un des textes de référence de l’European Association for Psychotherapy (EAP), affirme notamment l’importance d’une formation spécifique à la psychothérapie associant théorie, expérience personnelle et pratique sous supervision.
Dans cette histoire de structuration professionnelle, des organisations françaises ont également retenu comme critères de reconnaissance professionnelle :
- une psychothérapie ou psychanalyse personnelle approfondie ;
- une formation théorique et pratique de haut niveau ;
- une supervision régulière et continue de la pratique ;
- le respect d’un code de déontologie ;
- une reconnaissance de la qualification professionnelle par des pairs.
Ces critères n’ont pas valeur de réglementation d’État. Ils constituent une autre forme de garantie professionnelle, construite par les organisations de praticiens elles-mêmes, concernant la formation, la pratique et l’engagement déontologique.
L’absence d’un titre réglementé ne permet donc pas de conclure à l’absence de qualification ; mais l’appellation utilisée ne suffit pas non plus à garantir celle-ci.
Comment apprécier une formation en psychothérapie ?
Pour un psychanalyste, un Gestalt-thérapeute ou tout autre praticien dont l’appellation n’est pas réglementée, il est particulièrement utile de regarder la formation réellement suivie et son niveau d’exigence : sa durée, bien sûr, mais aussi son contenu théorique et clinique, la place accordée au travail thérapeutique personnel, à la pratique auprès de patients et à la supervision, ainsi que les conditions requises avant de commencer à exercer.
⮞ La place de la psychopathologie
La place donnée à la psychopathologie constitue à ce titre un repère essentiel.
Un professionnel amené à recevoir des personnes en souffrance psychique doit être suffisamment formé pour reconnaître les principales formes de psychopathologie, repérer les situations graves ou à risque, connaître les limites de ses propres compétences et savoir quand une évaluation médicale ou psychiatrique, une orientation ou un travail avec d’autres professionnels est nécessaire.
La réglementation du titre de psychothérapeute souligne elle-même l’importance accordée à cette dimension : le dispositif de formation prévu par les textes comporte 400 heures minimum de formation théorique en psychopathologie clinique et un stage pratique d’au moins cinq mois, avec des dispenses totales ou partielles prévues pour certaines catégories de professionnels.
Cette formation porte notamment sur le développement, le fonctionnement et les processus psychiques ; les critères de discernement des grandes pathologies psychiatriques ; les différentes théories de la psychopathologie ; et les principales approches utilisées en psychothérapie.
Le nombre total d’heures affiché par une formation ne suffit donc pas, à lui seul, à en apprécier la portée clinique.
Une école peut proposer plusieurs centaines d’heures de formation sans que ce nombre permette de savoir dans quelle mesure le futur praticien a été préparé à reconnaître, par exemple, une décompensation psychotique, un épisode maniaque, une dépression sévère, un risque suicidaire, une addiction, les conséquences d’un traumatisme, ou plus généralement une situation nécessitant une évaluation ou des soins spécialisés.
Lorsqu’une formation prépare à accompagner des personnes en psychothérapie, la question n’est donc pas seulement : « combien d’heures ? », mais aussi : « des heures de quoi, et pour apprendre à faire face à quelles situations ? »
Toutes les formations portant le même nom ne répondent ainsi pas nécessairement aux mêmes exigences.
⮞ Qui garantit la formation ?
Un autre repère important consiste à regarder qui garantit la formation au-delà de l’école qui la dispense.
L’organisme est-il reconnu ou accrédité par une organisation professionnelle extérieure, nationale ou européenne ? Cette organisation définit-elle des standards de formation ? Évalue-t-elle les écoles ou les praticiens ? Cette reconnaissance est-elle régulièrement réexaminée ?
⮞ La séparation des fonctions
Enfin se pose la question de la séparation des fonctions :
- Qui forme ?
- Qui évalue ?
- Qui certifie ?
- Qui reconnaît la qualification professionnelle ?
- À qui un patient peut-il s’adresser en cas de difficulté avec un praticien ?
Une école peut disposer de son propre code de déontologie et délivrer ses propres certifications. Cela n’offre pas les mêmes garanties qu’un dispositif dans lequel formation, certification, reconnaissance professionnelle et traitement des plaintes font également intervenir des instances extérieures et suffisamment indépendantes les unes des autres.
Une certification comme Qualiopi ne doit pas non plus être confondue avec une reconnaissance clinique ou psychothérapeutique. Qualiopi porte sur la qualité des processus mis en œuvre par les prestataires d’actions de formation ; elle ne constitue pas une certification de la compétence clinique des praticiens formés ni une reconnaissance d’une méthode de psychothérapie.
Le RPPS : comment vérifier mon enregistrement professionnel ?
Le Répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé (RPPS) permet d’identifier les professionnels qui y sont enregistrés et constitue aujourd’hui un repère public pour vérifier leur situation professionnelle.
Les psychologues ont été intégrés au RPPS le 3 juin 2024 et les psychothérapeutes le 11 octobre 2024, en remplacement de leur ancien enregistrement ADELI.
Les informations publiques peuvent être consultées dans l’Annuaire Santé.
Mon numéro RPPS : 10009509729
Mes usages professionnels des titres de psychologue et de psychothérapeute sont enregistrés au RPPS sous ce même numéro.
→ Consulter ma fiche dans l’Annuaire Santé
Et pour ce qui concerne ma pratique ?
Je suis psychologue clinicienne et psychothérapeute, titulaire d’un DESS de Psychologie clinique et psychopathologie de l’Université Paris 8.
J’exerce en libéral depuis 2005. Ma pratique psychothérapeutique s’appuie principalement sur deux orientations auxquelles je me suis formée et qui dialoguent dans mon travail : la Gestalt-thérapie et la psychanalyse.
Ma pratique fait l’objet d’une supervision régulière et d’une formation continue. Je suis par ailleurs accréditée comme Gestalt-thérapeute et superviseure par l’European Association for Gestalt Therapy (EAGT).
Mon parcours réunit ainsi plusieurs dimensions distinctes et complémentaires : une formation universitaire en psychologie clinique ouvrant droit à l’usage professionnel du titre de psychologue, le titre réglementé de psychothérapeute, des formations approfondies à des orientations psychothérapeutiques, une pratique supervisée et une reconnaissance professionnelle par des pairs.
→ En savoir plus sur mon parcours et mes formations
→ Découvrir la Gestalt-thérapie
→ La psychanalyse dans ma pratique
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© Astrid Dusendschön . Contact: 06 84 58 08 38 . Lanmeur, près de Morlaix & Lannion
