« Au risque d’être soi » dans ‘Les nouvelles vagues’ sur France Culture

Dans cette émission, le plaisir de retrouver Anne Defourmantelle, philosophe et psychanalyste. A écouter sans modération.

 » Les nouvelles voix qui pensent la société d’aujourd’hui. Chaque semaine, un thème pour observer et comprendre le monde d’aujourd’hui. Une approche pluridisciplinaire qui donne la parole aux nouvelles générations d’intellectuels, d’artistes et d’acteurs de la société civile.

Toute cette semaine, Les Nouvelles Vagues s’intéressent au risque. 

Nous ouvrons la semaine avec la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle , auteure d’un Eloge du risque (Payot, poche 2014).

A travers de courts chapitres illustrés, pour certains, de récits de séances, elle élabore une pensée du risque pour celui qui prend la parole, celui qui ose la passion, celui qui quitte sa famille…

Elle évoquera aussi le climat lié au « risque terroriste », et l’idée politique du « risque zéro ». « 

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Claire Marin : «Nous sommes dans le déni de la souffrance qu’une rupture provoque»

Un article paru en avril 2019 dans Libération par Noémie Rousseau, toujours d’actualité. Original ici.

Dans cet entretien, Claire Marin, philosophe et professeure en classe préparatoire, qui vient alors de publier « Rupture(s) » – aux éditions de l’Observatoire – propose une réflexion philosophique sur l’épreuve de la séparation, de la naissance à la rupture amoureuse.

A rebours des discours qui veulent rendre l’échec positif à tout prix, elle explique pourquoi notre époque est autant façonnée par l’expérience de la perte.

Mort, séparation, exil, maladie, accident, perte de travail ne sont pas que de simples épisodes de vie qu’une flexibilité existentielle effacerait vite. Ce sont aussi des «cataclysmes intérieurs», souligne la philosophe dans son dernier essai, ressentis violemment, physiquement. Nous sommes tous des êtres rompus.

C’est quand la nuit se dissipe doucement, au creux de l’instant doux et cotonneux. C’est un bras qui s’étend aux premières lueurs du jour, une main qui cherche sous les couvertures. Et qui ne trouve rien. La philosophe Claire Marin consacre un essai aux êtres rompus. A ceux dont les petits matins arrivent comme un mauvais rêve, nimbé d’une lumière forcément trop crue, presque acide, qui dégouline sur un lit, éclaire un berceau, un regard, un ventre, un pays. Tous, vides. Ou alors, peuplés d’inconnus. Splendeur matinale de la vacuité. La rupture recommence sans cesse, litanie des matins, de ceux qui suivent le départ de l’amour, des enfants, les matins suivant la mort, l’exil, la maladie, l’accident, la perte de travail…

Dans une société qui valorise la durée déterminée, l’adaptabilité, la flexibilité, on peut plier mais on ne rompt pas. Ou alors, la rupture est tue, la vraie, la rupture existentielle. Celle dont parle la philosophe Claire Marin : un «cataclysme intérieur», un point de non-retour, qui modifie en profondeur le sujet, le fait vaciller, le reconfigure. Elle serait niée, ou alors maquillée de consentement mutuel pour devenir rupture conventionnelle, réduite à n’être plus qu’une bifurcation dans un parcours, un rebond. Elle devient acceptable socialement, banale, statistique. Pire encore, elle nous rendrait plus fort !

Et c’est là que le livre Rupture(s) (Editions de l’Observatoire) de Claire Marin fait du bien. D’abord, elle ose dire que cela fait mal. Vraiment mal. Elle laisse une place à la violence du manque, à cette mécanique implacable, qui dit en creux combien le sujet se construit dans la relation, dans l’échange, dans l’amour. Et même une rupture voulue est rarement indolore. Puis elle prévient d’emblée, «je résisterai […] à la tentation de l’optimisme», «la rupture n’est parfois qu’un gâchis, un manque de courage, une pure lâcheté, un renoncement». Et tant qu’à faire, explique-t-elle, l’histoire bégaie, les fêlures intimes, infantiles se réouvrent, les échecs se répètent, les ruptures viennent en cascade. Non, «parfois, nous n’apprenons rien d’un échec». Quant à savoir comment s’en sortir, là encore, elle écrit : «Il n’est pas assuré que ce soit toujours possible. On meurt encore d’amour.» Pourquoi nous ménager, après tout ?

La philosophe, qui s’est intéressée à la rupture à la suite de ses travaux sur la maladie et le deuil, repérant les mêmes effets dévastateurs sur le sujet, décortique l’effondrement, le saccage, la dévastation du monde des «êtres brisés» et «défigurés» par la rupture, la «destruction en règle de l’ego», terrassé, voué à une existence fantomatique. Elle s’arrête sur la sensation : celle d’un arrachement. La rupture est ce déchirement de la chair, ce cœur qui se sert, cette gorge qui se noue, cette étreinte de la nausée. Elle analyse ce haut-le-cœur que produit la vue du familier qui se teinte d’étrangeté, quand l’être aimé s’évanouit, déserte l’intime, avant de devenir véritablement un inconnu. Faire son deuil de quelqu’un qui pourtant ne meurt pas, de quelqu’un qui s’est simplement dépris, détourné, ou de l’être aimé qui est là, bien vivant, mais que la maladie d’Alzheimer a comme effacé. Ou encore, revenir dans le pays qu’on a fui, et s’y sentir étranger, être voué à n’être chez soi nulle part. Voilà, l’altérité s’immisce, parfois sans fracas, puis grossit, s’installe. A la fin, tout est méconnaissable. Rien n’a changé, et pourtant, tout a changé. La vie interrompue reprend, ou feint de reprendre, hantée, truffée des indices de l’absence. Ce petit balcon, ces rochers, ces chansons existent toujours, presque indemnes, presque intactes, pourtant la philosophe décrit combien toutes ces choses autrefois chéries, deviennent lacérations. «Il ne suffit pas de partir d’un lieu pour qu’il cesse de nous habiter. Il ne suffit pas de quitter un homme pour oublier sa peau.» 

Alors pourquoi rompt-on ? Pour fuir une famille oppressante, pour se sauver, pour ne plus étouffer, pour se sentir vivant, libre de ses choix… «On déchire dans le tissu d’une vie commune où les identités des uns et des autres se sont si étroitement mêlées que plus personne ne sait vraiment où il commence et où l’autre s’arrête. Mais celui qui veut rompre croit le savoir.» 

Autrement dit, on rompt pour être vraiment soi-même, coïncider avec ce que l’on est, ou pense être. Dans l’hypothèse où un «soi» existe, constant, immuable. Pari risqué. A l’inverse, on peut rompre pour devenir autre, pour délaisser sa propre identité devenue décevante ; on rompt pour se fuir soi-même.

Est-on aujourd’hui dans une société de la rupture ?

Les ruptures sont maintenant sur tous les plans : avant, si on perdait son travail, on pouvait se raccrocher à sa famille. C’est comme si tout était devenu instable, incertain, précaire, sans refuge. Professionnellement, amoureusement, même politiquement… Tout s’est accéléré, les relations sont plus éphémères, les ruptures plus rapides, voire, parfois, elles n’existent pas : la personne disparaît simplement.

Vous parlez du phénomène «ghosting», «un nouveau nom pour une vieille lâcheté», écrivez-vous…

Prendre le temps de la séparation n’est parfois même plus une réalité. Et tous ces termes autour des séparations par consentement sont dans la négation de la réalité. Une grande majorité de séparations sont au minimum d’une grande violence psychique, au moins pour un des deux membres de l’ancien couple. Puis on sent une sorte de froideur dans la société. C’est devenu tellement généralisé, banal, qu’on est dans le déni de la souffrance qu’une rupture provoque. Ainsi, dans les divorces, la souffrance des enfants est une question vite évacuée désormais, on dit qu’ils s’adaptent… Et on se concentre sur des questions pratiques.

Pourquoi rompre ?

Il peut y avoir une illusion dans le fait qu’on va enfin se révéler, se découvrir soi-même. Par exemple, confronté à la réalité d’un nouveau métier, on s’aperçoit qu’il est moins épanouissant qu’on l’imaginait. On part pour une autre qu’on a idéalisée. Parfois, on demande à la rupture une certaine forme de magie qui est complètement illusoire. A l’inverse, elle peut être nécessaire. Le sujet doit quitter son environnement devenu toxique psychologiquement, ou étouffant sur le plan culturel, intellectuel, ou invivable faute de pouvoir affirmer sa sexualité, ses envies sociales ou professionnelles. La rupture est ambivalente, illusoire, salvatrice.

Vous écrivez que nous sommes des êtres rompus et fragmentés. La rupture est presque inévitable…

Nous commençons tous par une rupture, la naissance. Nous sommes séparés d’une unité, d’une fusion. Tout au long de la vie, on traverse des brisures. Parfois, on ne s’en rend compte que rétrospectivement, quand des blessures d’enfance ressurgissent à l’occasion d’une rupture adulte. Je crois que c’est la première chose à intégrer : nous sommes constitués de multiples petites ruptures intimes, nos existences sont discontinues. Il peut y avoir une direction, mais pas de constance, d’identité stable et définitive de l’individu. Et puis, on connaîtra soi-même des maladies, des deuils, des naissances qui ne seront pas aussi idéales que dans les magazines, et nos enfants partiront ou voudront partir.

Puis les ruptures, elles viennent en cascade…

Quand on perd son travail, il arrive qu’on perde aussi son conjoint, ses amis… Quand je suis malade et que j’ai du mal à être une bonne mère, une bonne compagne, épouse, amante. Un aspect de notre identité est bouleversé, dévalué, et cela a des répercussions sur les autres domaines, affectifs, sociaux, familiaux, pour le meilleur et pour le pire.

La rupture est une expérience charnelle, incarnée…

Un couple s’est aimé, a formé une unité, les corps se sont entremêlés, confondus. Se retrouver soudain dans une maison vide, où il n’y a plus de voix, plus de corps, ne plus être touché, enlacé, embrassé… C’est comme ne plus être nourri. La pédopsychiatrie a montré que les enfants qui ne sont pas enlacés, embrassés, ne développent pas toutes leurs facultés cognitives, dépérissent. Normalement, un adulte n’a plus besoin de stimuli. Mais quand on a pris l’habitude d’être dans cette configuration affective, sensorielle… Je le compare à une addiction. Et d’un coup, on devient obsolète. A quoi me sert encore mon corps ? C’est une réduction, c’est violent. Je voulais insister sur la dimension physique de la rupture, la sensation vécue. Ce n’est pas seulement que je suis triste, ou désespérée, je souffre physiquement.

Comme un tako-tsubo, un choc cardiaque, le syndrome du cœur brisé…

Exactement. La rupture se vit dans le corps. Elle nous fait parfois vieillir prématurément, on se rapproche de la rupture finale. C’est également une expérience de la temporalité. Là, on sent bien le temps : il n’avance plus alors que le monde autour s’accélère. La lenteur de la rupture est une forme de torture.

La rupture aurait sa sexualité spécifique, un désir débordant qui, loin d’être le signe d’un élan vital, serait plutôt un moyen de poursuivre le massacre…

Il reste une trace en nous de la violence vécue, subie, qui a été intériorisée, s’est engrammée, une trace de la mort dans le désir sexuel. Des malades témoignent de cette frénésie sexuelle retrouvée, comme un défoulement. Comme dans le champ du sport, de l’acharnement au travail, il arrive que la sexualité soit envahie par quelque chose de l’ordre de la violence sans que ce soit totalement une agression à autrui. Cette frénésie sexuelle est peut-être de l’ordre de l’oubli de soi : la rupture nous ramène tellement à nous de manière douloureuse, que s’oublier, c’est aussi un moyen de ne plus souffrir. Mais c’est encore prolonger le mouvement de destruction, de disparition du sujet amorcé avec le départ de l’autre. Il faut se réapproprier la personne que l’on est, la réinvestir…

A l’inverse, certains semblent traverser les ruptures sans peine…

C’est très révélateur de l’engagement, des attentes dans la relation amoureuse, le travail. Chez les générations plus jeunes, la flexibilité professionnelle attendue est tellement intégrée que l’investissement est moins fort. L’anticipation de ces ruptures façonne même l’idée du parcours professionnel : il faut changer, montrer qu’on n’est pas frileux, qu’on sait s’adapter. La capacité à changer est valorisée, parfois au détriment de l’engagement

Après une rupture, il est illusoire d’imaginer redevenir celui qu’on était avant…

La rupture nous fait basculer, elle est un saut dans l’existence. Il y a une sorte de dislocation, de l’inédit. Le propre des ruptures, c’est qu’elles sont toujours inimaginables, impensables. Certaines entraînent une réévaluation de notre existence. Au début, c’est un vide, angoissant, et douloureux, car on a l’impression d’être soi-même vide. Puis, dans un deuxième temps, c’est des possibles : lesquels j’habite, lesquels je prolonge ? Il faut penser un temps, une convalescence. La rupture laisse une empreinte, elle change nos aspirations, comme si la vie imaginée n’était plus tenable, parce qu’elle supposait une insouciance perdue avec la rupture.

Peut-on retrouver cette insouciance ?

Une forme d’innocence, oui. La rupture ne nous rend pas forcément amers, aigris, paranos. L’écrivain Philippe Forest le dit très bien en parlant de la mort de sa fille : il y a une traversée de l’épreuve qui ne permet pas de retrouver une vraie insouciance. Car on sait des choses que d’autres ne savent pas. Cependant, on fait le pari qu’il y aura d’autres joies possibles.

Absence pour congés

Le cabinet est fermé pour congés annuels jusqu’au lundi 24 août.

à paraître « Au dodo les bébés », revue Spirale n° 94

Toujours aussi inspirant pour sortir du prêt-à-penser et -appliquer… Le numéro est coordonné par Régine Prieur. La collection « Spirale » chez érès est dirigée par Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre.

 » Le nouveau numéro de Spirale « Au dodo, les bébés! », coordonné par Régine Prieur est là. Vous saurez tout, à sa lecture, des problèmes de sommeil et d’endormissement des tout-petits, inépuisable sujet de conversation et de préoccupation, depuis la nuit des temps.

Portage, sein, berceaux, berceuses, hamacs, histoires, cododo, emmaillotage, partage de la chambre et, à notre époque contemporaine, bruits blancs, veilleuses, doudou, peluches, qui dit mieux pour y remédier… ?

Quand les ateliers de coaching sur le sommeil se multiplient, quand les consultant.e.s spécialistes en dodo des bébés sont surbooké.e.s, quand les applications sur smartphones pour endormir bébé se développent à tout crin, ce numéro de Spirale, s’attarde sur le sommeil, problème numéro un des premiers mois de vie de bébé… et de ses parents.

Patrick Ben Soussan « 

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« Alors il fait ses nuits ? ». Combien de fois avez-vous entendu cette question, que vous soyez jeune parent ou professionnel.l.e de la petite enfance ? Comment y avez-vous répondu ? Les problèmes de sommeil et d’endormissement des tout-petits sont 202006031355spirale-94un inépuisable sujet de conversation et de préoccupation, et ce depuis la nuit des temps. Que n’a-t-on pas inventé pour y remédier : portage, sein, berceaux, berceuses, hamacs, histoires, co-dodo, emmaillotage, partage de la chambre et, à notre époque contemporaine, bruit blanc, lumières, tortues lumineuses, doudou, peluches… ? De siècle en siècle, nous hésitons : encouragement au partage du lit ou sévère accusation sur sa dangerosité ; éducation au sommeil autonome ou dressage ; dormir avec son bébé dans son lit, en co-dodo, ou dans sa propre chambre ; répondre à tous ses réveils, pour le rassurer, ou le laisser pleurer pour qu’il sache s’endormir seul et ne se réveille plus la nuit ? Peut-on aider bébé à faire ses nuits ? Même la définition de troubles du sommeil donne lieu à des controverses : se réveiller trois fois à 8 mois, est-ce normal ou est-ce un trouble du sommeil ? Pas étonnant alors que les ateliers de coaching sur le sommeil se multiplient, que les consultant.e.s spécialistes en dodo des bébés soient surbooké.e.s, que les applications sur smartphones pour endormir bébé se développent à tout crin. Spirale, dans ce numéro, s’attarde sur le sommeil, problème numéro un des premiers mois de vie de bébé… et de ses parents.

Parution : 1 octobre 2020
EAN : 9782749267395
Spirale – la grande aventure de monsieur bébé
2/2020
Thème : Enfance & parentalité

 

 

1969 : Jean Piaget sur le développement de l’intelligence humaine

Plaisir de partager. Un grand classique et culture générale.

 » En 1969, au Sel de la semaine, Thérèse Gouin-Décarie s’entretient pendant près d’une heure avec Jean Piaget. Après avoir parlé de ses premiers travaux, l’épistémologiste explique comment ses théories et expériences l’ont amené à mieux comprendre les étapes du développement de l’intelligence.

Unknown.jpegPiaget est considéré comme l’un des scientifiques les plus importants du 20e siècle, comme celui a révolutionné les conceptions de la pensée de l’enfant. À la fois psychologue et biologiste, il s’est spécialisé en épistémologie, une science qui se penche sur la construction des connaissances.

L’intervieweuse, Thérèse Gouin-Décarie, a enseigné à l’Université de Montréal de 1951 à 1991. Sa thèse de doctorat, publiée en 1962 sous le titre Intelligence et Affectivité chez le jeune enfant, fut le premier ouvrage scientifique à allier les théories de Jean Piaget et les thèses de Freud sur le développement de l’enfant.

Source : Le sel de la semaine, 9 octobre 1969
Journaliste : Thérèse Gouin-Décarie « 

 

Jean William Fritz Piaget, né le 9 août 1896 à Neuchâtel en Suisse et mort le 16 septembre 1980 à Genève, est un biologiste, psychologue, logicien et épistémologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie à travers ce qu’il a appelé l’épistémologie génétique.

 

 

VIRTUAL 27th Int’l Symposium on Controversies in Psychiatry, August 28 – September 11, 2020

The 27th International Symposium on Controversies in Psychiatry will be held

in a 100% VIRTUAL format from August 28 to September 11, 2020.

It will be focused on VIOLENCE & AGGRESSION.

In the absence of face-to-face activity we invite you to attend our virtual symposium.
https://www.controversiasbarcelona.org
ControversiasBCN 2020-page-001

11e Journées Spirale : « Je et nous » Comment apprendre aux tout-petits à vivre ensemble ?, 15-16 octobre 2020 à Marseille

 » Nous avons tous vécu ces derniers mois les chroniques extraordinaires d’une pandémie. Le monde entier s’est arrêté, le temps s’est suspendu. Nous avons tous souffert, chacun à notre mesure. Nous avons été éloignés de nos proches, de nos vies d’avant, confinés, déconfinés, masqués, testés. Nous avons essayé de cohabiter, ensemble, les uns avec les autres, mais souvent isolés. Et puis la vie a repris, timidement, son cours. Mais quelle vie ? Sous surveillance ? En sursis ? Réinventée ? Comment les enfants du Covid-19 ont-ils vécu cette période inouïe ? Qu’avons-nous appris ? Qu’allons-nous apprendre à nos enfants ?

Alors, parce qu’à Spirale, nous croyons à la vie, à l’élan, à la pensée, à la culture, à la musique, à l’art, aux autres, au commun, nous avons voulu vous proposer de grandes retrouvailles… à Marseille, vous savez, cette ville qui s’est trouvé, pendant la pandémie de Covid-19, un nouvel héros pour remplacer l’OM !

Nous vous y attendons, nombreux, pour penser ensemble, les uns contre les autres comme dit la chanson, l’humanité de demain que nous espérons poétique et passionnée plutôt que prosaïque, utilitaire et sanitarisée.

Bien cordialement

Patrick Ben Soussan  »

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Vient de paraître. « De vous à moi. Une psychanalyste répond au courrier du coeur »

 » Longtemps sollicitée par la grande presse brésilienne pour répondre au « courrier du cœur », l’auteure en a tiré ici une nouvelle forme d’éducation sentimentale. » 

Aux éditions érès

À PROPOS DE L’AUTEUR

Psychiatre et psychanalyste formée auprès de Jacques Lacan, Betty Milan partage son temps entre São Paulo et Paris. Elle est l’auteur de nombreux romans, essais, chroniques, pièces de théâtre dont certains sont traduits en français, en espagnol et en chinois..

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RÉSUMÉ

Sollicitée par la grande presse brésilienne, Betty Milan a tenu pendant longtemps la rubrique du Courrier du cœur. En répondant en écrivain qui a une formation analytique aux lettres des lecteurs, elle s’est attachée à développer une nouvelle
forme d’éducation sentimentale en phase avec les interrogations de notre époque.

De Vous à Moi est la traduction en français par Danielle Birck, du livre Quem ama escuta, bestseller au Brésil.

EXTRAIT

L’AMI NE NOUS VOLE PAS NOTRE TEMPS
Je suis mariée depuis plus de quarante ans et je ne me rappelle pas m’être sentie, à aucun moment, en adéquation avec mon mariage. J’ai eu quatre enfants, mais j’ai toujours rêvé à mes jours de liberté. J’ai l’habitude de dire qu’on devrait être mère avec un contrat à durée déterminée.

PERSONNE NE CHOISIT SA PRÉFÉRENCE SEXUELLE
J’ai toujours su que j’étais gay, mais je ne l’ai jamais accepté et j’ai lutté contre moi-même. C’est seulement mainte-nant, à trente et un ans, que j’ai découvert que dans cette lutte il n’y a pas de vainqueur. Je suis déjà sorti avec des garçons, mais quand la relation pouvait devenir amoureuse, je fichais le camp et c’était fini.

LE RESPECT EST INDISSOCIABLE DE L’AMOUR
J’ai vingt-neuf ans et je n’ai jamais eu de véritable relation. Je suis handicapée physique, ce qui fait que je me sens inférieure. Il y a eu quelques hommes, mais de peur de ne pas correspondre à leurs attentes, je ne me suis jamais engagée. Au contraire, je les ai toujours écartés…

CE QUI COMPTE, C’EST LA QUALITÉ DE LA RENCONTRE
J’ai quarante ans. J’ai été marié pendant quinze ans et je suis séparé depuis trois ans. Je me suis marié tôt pour échapper à mon père. Il me retenait à la maison et ça n’allait pas entre nous. Je suis père de deux enfants, une fille de seize ans et un garçon de neuf.

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Infolettre « Le mot d’Esprit : L’imagination du réel »

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Infolettre revue Esprit – Vendredi 17 juillet 2020

L’imagination du réel

« Le temps viendra où celui que nous vivons trouvera à se dire », écrivait Patrick Boucheron dans notre numéro de mai, « Le virus dans la cité ». Dans le temps suspendu du confinement, nous étions trop proches de l’événement pour en discerner les contours. En attendant les mots, c’est vers une image que se tourna l’historien : celle du frontispice du Léviathan de Hobbes, dont la contemplation suscita d’autres images, d’autres réminiscences, et mit la pensée en mouvement.

Alors que des événements récents tels que le 11-Septembre, la crise financière de 2008 ou la guerre en Syrie se sont très vite cristallisés sur quelques images revenant en boucle, la pandémie actuelle s’est plutôt montrée difficile à représenter. Dans cette relative absence d’images, plus ou moins conscients que ce moment représente une rupture, l’entrée dans un nouveau cycle historique que nous ne savons pas encore caractériser, nous avons eu le réflexe de nous tourner vers le passé : en convoquant les trames de récits déjà constitués (celui de la catastrophe, par exemple) ou en recourant massivement à l’analogie historique, avec la Grande Guerre en particulier. On peut y voir une tentation de rabattre l’inédit sur du déjà-connu. Mais ce va-et-vient entre passé et avenir fait aussi partie du travail de l’imagination, en tant que faculté d’intelligibilité du réel.

Dans un article publié en 1980 dans Esprit, Hannah Arendt s’interrogeait sur la difficile mais nécessaire entreprise de compréhension du phénomène totalitaire. Elle concluait son propos sur le nécessaire recours à l’imagination : « Cette “distanciation” de certaines choses, ce pont jeté jusqu’à d’autres, fait partie du dialogue instauré par la compréhension sur des objets que la seule expérience serre de trop près, et dont la simple connaissance nous coupe par des barrières artificielles. » À défaut de pouvoir déjà fixer en mots le sens de ce qui nous arrive, laissons travailler l’imagination, qui « discernera du moins quelque chose de la lumière toujours inquiétante de la vérité ».

La rédaction

D’un monde à l’autre. Récits de transition

Hugo Boursier, Benjamin Tainturier > Lire

Dans les discours sur la pandémie de Covid-19, l’idée que le monde d’après devrait être radicalement différent du monde d’avant a prévalu. Quatre canevas anciens qui soutiennent les récits de transition d’un monde à l’autre ont été convoqués : l’eschatologie, la zone d’autonomie, le techno-progressisme et le Grand Soir.

C’était au temps du grand confinement

Patrick Boucheron > Lire

Le sombre temps du confinement convoque le souvenir des solitudes craintives au frontispice du Léviathan de Hobbes, ainsi qu’une ancienne légende japonaise de catastrophe.

Déconfinement des analogies

Pierre Grosser > Lire

Durant la crise de la Covid-19, des analogies historiques ont été convoquées, avec les deux guerres mondiales, la guerre froide ou encore le 11 Septembre. Ces correspondances, forcément imparfaites, constituent autant d’outils de questionnement.

Compréhension et politique

Hannah Harendt > Lire

« Seule l’imagination nous permet de voir les choses sous leur vrai jour, de prendre du champ face à ce qui est trop proche afin de le comprendre sans partialité ni préjugés, de combler l’abîme qui nous sépare de ce qui est trop lointain afin de le comprendre comme s’il s’agissait d’une réalité familière. »

Stage « Professionnaliser sa posture d’animateur de groupe », EPG

Un superbe stage co-animé par Bernard Elyn et moi-même, proposé au sein de l’EPG. Tous deux nous nous intéressons depuis de nombreuses années aux collectifs, groupes, organisations et leurs (dys)fonctionnements et en faisons un de nos objets de recherche et publications ; tous deux avons des années d’expérience en animation de groupes et collectifs. Nous co-animons ensemble depuis 10 ans.

PROFESSIONNALISER SA POSTURE D ANIMATEUR DE GROUPE-page-001

PROFESSIONNALISER SA POSTURE D’ANIMATEUR DE GROUPE

Stage d’approfondissement destiné aux stagiaires en C3 et thérapeutes,
du 14 au 16 septembre à l’EPG !

Le stage “Professionnaliser sa posture d’animateur de groupe vise à fonder la sécurité des animateurs de groupe, grâce à une exploration intense des phénomènes de groupe, de la violence (souvent subtile) et du processus de contact en situation groupale.

Les aspects historiques et théoriques de la pratique de la Gestalt-thérapie en groupe sont abordés à partir d’exposés et repris à la faveur d’expérimentations et de practicums :

  • Groupes ponctuels ou continus, de thérapie ou de formation : diversité des objectifs, formulation des consignes, définition du cadre,
  • Aspects du fonctionnement d’un groupe (ce qui émerge du groupe, multiplicité des interactions et leur utilisation),
  • Différences et complémentarités entre le travail individuel en situation de groupe, le travail sur les interactions dans le groupe, le travail centré sur le groupe et les phénomènes de groupe,
  • Animation solitaire et co-animation.