À propos des nouveaux philosophes et d’un problème plus général (Gilles Deleuze, mai 1977)

Ci-dessous un texte de Gilles Deleuze, publié comme Supplément au n°24, mai 1977, de la revue bimestrielle Minuit, et distribué gratuitement.

À propos des nouveaux philosophes et d’un problème plus général

- Que penses-tu des « nouveaux philosophes » ?

th.jpegRien.

Je crois que leur pensée est nulle. Je vois deux raisons possibles à cette nullité. D’abord ils procèdent par gros concepts, aussi gros que des dents creuses, LA loi, LE pouvoir, LE maître, LE monde, LA rébellion, LA foi, etc. Ils peuvent faire ainsi des mélanges grotesques, des dualismes sommaires, la loi et le rebelle, le pouvoir et l’ange. En même temps, plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d’importance, plus le sujet d’énonciation se donne de l’importance par rapport aux énoncés vides (« moi, en tant que lucide et courageux, je vous dis…, moi, en tant que soldat du Christ…, moi, de la génération perdue…, nous, en tant que nous avons fait mai 68…, en tant que nous ne nous laissons plus prendre aux semblants… »).

Avec ces deux procédés, ils cassent le travail. Car ça fait déjà un certain temps que, dans toutes sortes de domaines, les gens travaillent pour éviter ces dangers-là. On essaie de former des concepts à articulation fine, ou très différenciée, pour échapper aux grosses notions dualistes. Et on essaie de dégager des fonctions créatrices qui ne passeraient plus par la fonction-auteur (en musique, en peinture, en audio-visuel, en cinéma, même en philosophie). Ce retour massif à un auteur ou à un sujet vide très vaniteux, et à des concepts sommaires stéréotypés, représente une force de réaction fâcheuse. C’est conforme à la réforme Haby : un sérieux allègement du « programme » de la philosophie.

- Dis-tu cela parce que B.-H. Lévy vous attaque violemment, Guattari et toi, dans son livre Barbarie à visage humain  ?

Non, non, non. Il dit qu’il y a un lien profond entre L’Anti-Œdipe et « l’apologie du pourri sur fumier de décadence » (c’est comme cela qu’il parle), un lien profond entre L’Anti-Œdipe et les drogués. Au moins, ça fera rire les drogués.

Il dit aussi que le Cerfi est raciste : là, c’est ignoble. Il y a longtemps que je souhaitais parler des nouveaux philosophes, mais je ne voyais pas comment. Ils auraient dit tout de suite : voyez comme il est jaloux de notre succès. Eux, c’est leur métier d’attaquer, de répondre, de répondre aux réponses. Moi, je ne peux le faire qu’une fois. Je ne répondrai pas une autre fois.

Ce qui a changé la situation pour moi, c’est le livre d’Aubral et de Delcourt, Contre la nouvelle philosophie. Aubral et Delcourt essaient vraiment d’analyser cette pensée, et ils arrivent à des résultats très comiques. Ils ont fait un beau livre tonique, ils ont été les premiers à protester. Ils ont même affronté les nouveaux philosophes à la télé, dans l’émission « Apostrophes ».

Alors, pour parler comme l’ennemi, un Dieu m’a dit qu’il fallait que je suive Aubral et Delcourt, que j’aie ce courage lucide et pessimiste.

- Si c’est une pensée nulle, comment expliquer qu’elle semble avoir tant de succès, qu’elle s’étende et reçoive des ralliements comme celui de Sollers ?

Il y a plusieurs problèmes très différents.

D’abord, en France on a longtemps vécu sur un certain mode littéraire des « écoles ». Et c’est déjà terrible, une école : il y a toujours un pape, des manifestes, des déclarations du type « je suis l’avant-garde », (les excommunications, des tribunaux, des retournements politiques, etc.

En principe général, on a d’autant plus raison qu’on a passé sa vie à se tromper, puisqu’on peut toujours dire « je suis passé par là ». C’est pourquoi les staliniens sont les seuls à pouvoir donner des leçons d’antistalinisme. Mais enfin, quelle que soit la misère des écoles, on ne peut pas dire que les nouveaux philosophes soient une école. Ils ont une nouveauté réelle, ils ont introduit en France le marketing littéraire ou philosophique, au lieu de faire une école.

Le marketing a ses principes particuliers :

1. il faut qu’on parle d’un livre et qu’on en fasse parler, plus que le livre lui-même ne parle ou n’a à dire. À la limite, il faut que la multitude des articles de journaux, d’interviews, de colloques, d’émissions radio ou télé remplacent le livre, qui pourrait très bien ne pas exister du tout. C’est pour cela que le travail auquel se donnent les nouveaux philosophes est moins au niveau des livres qu’ils font que des articles à obtenir, des journaux et émissions à occuper, des interviews à placer, d’un dossier à faire, d’un numéro de Playboy. Il y a là toute une activité qui, à cette échelle et à ce degré d’organisation, semblait exclue de la philosophie, ou exclure la philosophie.

2. Et puis, du point de vue d’un marketing, il faut que le même livre ou le même produit aient plusieurs versions, pour convenir à tout le monde une version pieuse, une athée, une heideggerienne, une gauchiste, une centriste, même une chiraquienne ou néo-fasciste, une « union de la gauche » nuancée, etc. D’où l’importance d’une distribution des rôles suivant les goûts. Il y a du Dr Mabuse dans Clavel, un Dr Mabuse évangélique, Jambet et Lardreau, c’est Spöri et Pesch, les deux aides à Mabuse (ils veulent « mettre la main au collet » de Nietzsche). Benoist, c’est le coursier, c’est Nestor. Lévy, c’est tantôt l’imprésario, tantôt la script-girl, tantôt le joyeux animateur, tantôt le disk-jockey. Jean Cau trouve tout ça rudement bien ; Fabre-Luce se fait disciple de Glucksmann ; on réédite Benda, pour les vertus du clerc. Quelle étrange constellation.

Sollers avait été le dernier en France à faire encore une école vieille manière, avec papisme, excommunications, tribunaux. Je suppose que, quand il a compris cette nouvelle entreprise, il s’est dit qu’ils avaient raison, qu’il fallait faire alliance, et que ce serait trop bête de manquer ça. Il arrive en retard, mais il a bien vu quelque chose.

Car cette histoire de marketing dans le livre de philosophie, c’est réellement nouveau, c’est une idée, il « fallait » l’avoir. Que les nouveaux philosophes restaurent une fonction-auteur vide, et qu’ils procèdent avec des concepts creux, toute cette réaction n’empêche pas un profond modernisme, une analyse très adaptée du paysage et du marché.

Du coup, je crois que certains d’entre nous peuvent même éprouver une curiosité bienveillante pour cette opération, d’un point de vue purement naturaliste ou entomologique. Moi, c’est différent, parce que mon point de vue est tératologique : c’est de l’horreur.

– Si c’est une question de marketing, comment expliques-tu qu’il ait fallu les attendre, et que ce soit maintenant que ça risque de réussir ?

Pour plusieurs raisons, qui nous dépassent et les dépassent eux-mêmes.

André Scala a analysé récemment un certain renversement dans les rapports journalistes-écrivains, presse-livre. Le journalisme, en liaison avec la radio et la télé, a pris de plus en plus vivement conscience de sa possibilité de créer l’événement (les fuites contrôlées, Watergate, les sondages ?). Et de même qu’il avait moins besoin de se référer à des événements extérieurs, puisqu’il en créait une large part, il avait moins besoin aussi de se rapporter à des analyses extérieures au journalisme, ou à des personnages du type « intellectuel », « écrivain » : le journalisme découvrait en lui-même une pensée autonome et suffisante. C’est pourquoi, à la limite, un livre vaut moins que l’article de journal qu’on fait sur lui ou l’interview à laquelle il donne lieu.

Les intellectuels et les écrivains, même les artistes, sont donc conviés à devenir journalistes s’ils veulent se conformer aux normes. C’est un nouveau type de pensée, la pensée-interview, la pensée-entretien, la pensée-minute. On imagine un livre qui porterait sur un article de journal, et non plus l’inverse. Les rapports de force ont tout à fait changé, entre journalistes et intellectuels.

Tout a commencé avec la télé, et les numéros de dressage que les interviewers ont fait subir aux intellectuels consentants. Le journal n’a plus besoin du livre.

Je ne dis pas que ce retournement, cette domestication de l’intellectuel, cette journalisation, soit une catastrophe. C’est comme ça : au moment même où l’écriture et la pensée tendaient à abandonner la fonction-auteur, au moment où les créations ne passaient plus par la fonction-auteur, celle-ci se trouvait reprise par la radio et la télé, et par le journalisme. Les journalistes devenaient les nouveaux auteurs, et les écrivains qui souhaitaient encore être des auteurs devaient passer par les journalistes, ou devenir leurs propres journalistes. Une fonction tombée dans un certain discrédit retrouvait une modernité et un nouveau conformisme, en changeant de lieu et d’objet. C’est cela qui a rendu possible les entreprises de marketing intellectuel.

Est-ce qu’il y a d’autres usages actuels d’une télé, d’une radio ou d’un journal ? Évidemment, mais ce n’est plus la question des nouveaux philosophes. Je voudrais en parler tout à l’heure.

Il y a une autre raison. Nous sommes depuis longtemps en période électorale. Or, les élections, ce n’est pas un point local ni un jour à telle date. C’est comme une grille qui affecte actuellement notre manière de comprendre et même de percevoir. On rabat tous les événements, tous les problèmes, sur cette grille déformante.

Les conditions particulières des élections aujourd’hui font que le seuil habituel de connerie monte. C’est sur cette grille que les nouveaux philosophes se sont inscrits dès le début. Il importe peu que certains d’entre eux aient été immédiatement contre l’union de la gauche, tandis que d’autres auraient souhaité fournir un brain-trust de plus à Mitterrand.

Une homogénéisation des deux tendances s’est produite, plutôt contre la gauche, mais surtout à partir d’un thème qui était présent déjà dans leurs premiers livres : la haine de 68. C’était à qui cracherait le mieux sur mai 68. C’est en fonction de cette haine qu’ils ont construit leur sujet d’énonciation : « Nous, en tant que nous avons fait mai 68 (??), nous pouvons vous dire que c’était bête, et que nous ne le ferons plus. » Une rancœur de 68, ils n’ont que ça à vendre.

C’est en ce sens que, quelle que soit leur position par rapport aux élections, ils s’inscrivent parfaitement sur la grille électorale. A partir de là, tout y passe, marxisme, maoïsme, socialisme, etc., non pas parce que les luttes réelles auraient fait surgir de nouveaux ennemis, de nouveaux problèmes et de nouveaux moyens, mais parce que LA révolution doit être déclarée impossible, uniformément et de tout temps.

C’est pourquoi tous les concepts qui commençaient à fonctionner d’une manière très différenciée (les pouvoirs, les résistances, les désirs, même la « plèbe ») sont à nouveau globalisés, réunis dans la fade unité du pouvoir, de la loi, de l’État, etc. C’est pourquoi aussi le Sujet pensant revient sur la scène, car la seule possibilité de la révolution, pour les nouveaux philosophes, c’est l’acte pur du penseur qui la pense impossible.

Ce qui me dégoûte est très simple : les nouveaux philosophes font une martyrologie, le Goulag et les victimes de l’histoire. Ils vivent de cadavres. Ils ont découvert la fonction-témoin, qui ne fait qu’un avec celle d’auteur ou de penseur (voyez le numéro de Playboy : c’est nous les témoins…).

Mais il n’y aurait jamais eu de victimes si celles-ci avaient pensé comme eux, ou parlé comme eux. Il a fallu que les victimes pensent et vivent tout autrement pour donner matière à ceux qui pleurent en leur nom, et qui pensent en leur nom, et donnent des leçons en leur nom. Ceux qui risquent leur vie pensent généralement en termes de vie, et pas de mort, d’amertume et de vanité morbide. Les résistants sont plutôt de grands vivants. Jamais on n’a mis quelqu’un en prison pour son impuissance et son pessimisme, au contraire.

Du point de vue des nouveaux philosophes, les victimes se sont fait avoir, parce qu’elles n’avaient pas encore compris ce que les nouveaux philosophes ont compris. Si je faisais partie d’une association, je porterais plainte contre les nouveaux philosophes, qui méprisent un peu trop les habitants du Goulag.

– Quand tu dénonces le marketing, est-ce que tu milites pour la conception vieux-livre, ou pour les écoles ancienne manière ?

Non, non, non. Il n’y a aucune nécessité d’un tel choix : ou bien marketing, ou bien vieille manière. Ce choix est faux.

Tout ce qui se passe de vivant actuellement échappe à cette alternative. Voyez comme les musiciens travaillent, comme les gens travaillent dans les sciences, comme certains peintres essaient de travailler, comment des géographes organisent leur travail (cf. la revue Hérodote).

Le premier trait, c’est les rencontres. Pas du tout les colloques ni les débats, mais, en travaillant dans un domaine, on rencontre des gens qui travaillent dans un tout autre domaine, comme si la solution venait toujours d’ailleurs. Il ne s’agit pas de comparaisons ou d’analogies intellectuelles, mais d’intersections effectives, de croisements de lignes.

Par exemple (cet exemple est important, puisque les nouveaux philosophes parlent beaucoup d’histoire de la philosophie), André Robinet renouvelle aujourd’hui l’histoire de la philosophie, avec des ordinateurs ; il rencontre forcément Xenakis. Que des mathématiciens puissent faire évoluer ou modifier un problème d’une tout autre nature ne signifie pas que le problème reçoit une solution mathématique, mais qu’il comporte une séquence mathématique qui entre en conjugaison avec d’autres séquences. C’est effarant, la manière dont les nouveaux philosophes traitent « la » science.

Rencontrer avec son propre travail le travail des musiciens, des peintres ou des savants est la seule combinaison actuelle qui ne se ramène ni aux vieilles écoles ni à un néo-marketing. Ce sont ces points singuliers qui constituent des foyers de création, des fonctions créatrices indépendantes de la fonction-auteur, détachées de la fonction-auteur.

Et ça ne vaut pas seulement pour des croisements de domaines différents, c’est chaque domaine, chaque morceau de domaine, si petit soit-il, qui est déjà fait de tels croisements. Les philosophes doivent venir de n’importe où : non pas au sens où la philosophie dépendrait d’une sagesse populaire un peu partout, mais au sens où chaque rencontre en produit, en même temps qu’elle définit un nouvel usage, une nouvelle position d’agencements – musiciens sauvages et radios pirates.

Eh bien, chaque fois que les fonctions créatrices désertent ainsi la fonction-auteur, on voit celle-ci se réfugier dans un nouveau conformisme de « promotion ».

C’est toute une série de batailles plus ou moins visibles : le cinéma, la radio, la télé sont la possibilité de fonctions créatrices qui ont destitué l’Auteur ; mais la fonction-auteur se reconstitue à l’abri des usages conformistes de ces médias. Les grandes sociétés de production se remettent à favoriser un « cinéma d’auteur » ; Jean-Luc Godard trouve alors le moyen de faire passer de la création dans la télé ; mais la puissante organisation de la télé a elle-même ses fonctions-auteur par lesquelles elle empêche la création.

Quand la littérature, la musique, etc., conquièrent de nouveaux domaines de création, la fonction-auteur se reconstitue dans le journalisme, qui va étouffer ses propres fonctions créatrices et celles de la littérature. Nous retombons sur les nouveaux philosophes : ils ont reconstitué une pièce étouffante, asphyxiante, là où un peu d’air passait. C’est la négation de toute politique, et de toute expérimentation.

Bref, ce que je leur reproche, c’est de faire un travail de cochon et que ce travail s’insère dans un nouveau type de rapport presse-livre parfaitement réactionnaire : nouveau, oui, mais conformiste au plus haut point.

Ce ne sont pas les nouveaux philosophes qui importent. Même s’ils s’évanouissent demain, leur entreprise de marketing sera recommencée.

Elle représente en effet la soumission de toute pensée aux médias ; du même coup, elle donne à ces médias le minimum de caution et de tranquillité intellectuelles pour étouffer les tentatives de création qui les feraient bouger eux-mêmes.

Autant de débats crétins à la télé, autant de petits films narcissiques d’auteur, d’autant moins de création possible dans la télé et ailleurs.

Je voudrais proposer une charte des intellectuels, dans leur situation actuelle par rapport aux médias, compte tenu des nouveaux rapports de force : refuser, faire valoir des exigences, devenir producteurs, au lieu d’être des auteurs qui n’ont plus que l’insolence des domestiques ou les éclats d’un clown de service. Beckett, Godard ont su s’en tirer, et créer de deux manières très différentes : il y a beaucoup de possibilités, dans le cinéma, l’audio-visuel, la musique, les sciences, les livres…

Mais les nouveaux philosophes, c’est vraiment l’infection qui s’efforce d’empêcher tout ça. Rien de vivant ne passe par eux, mais ils auront accompli leur fonction s’ils tiennent assez la scène pour mortifier quelque chose.

Gilles Deleuze

« Psychopathology and Atmospheres. Neither Inside nor Outside », by Tonino Griffero and Gianni Francesetti

« A new book entitled Psychopathology and Atmospheres. Neither Inside nor Outside edited by Tonino Griffero and Gianni Francesetti has been published by Cambridge Scholars Publishing.

Feeling sad during a funeral and being relaxed while having dinner with friends are atmospheric feelings. However, the notion of “atmosphere”, meaning not only a subjective mood, but a sensorial and affective quality that is widespread in space and determines the way one experiences it, has intensified only recently in scientific debate. The discussion today covers a wide range of theoretical and applied issues, involving all disciplines, paying attention more to qualitative aspects of reality than to objective ones. These disciplines include the psy- approaches, whose focus on an affective experience that is emerging neither inside nor outside the person can contribute to the development of a new paradigm in psychopathology and in clinical work: a field-based clinical practice. This collection of essays is the first book specifically addressing the link between atmospheres and psychopathology. It challenges a reductionist and largely unsatisfactory approach based on a technical, pharmaceutical, symptomatic, individualistic perspective, and thus promotes the exchange of ideas between psy- disciplines, humanistic approaches and new trends in sciences. »

 

« Sex friends – Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique, par Richard Mèmeteau

« Sites ou applications de rencontres représentent plus qu’un simple outil qui permettrait de chasser le prince charmant ou de jouer les don Juan. En hameçonnant les utilisateurs par la promesse d’une abondance sexuelle et amoureuse, ces interfaces nous confrontent à la réalité de nos propres frustrations. De ce désert sentimental que traverse toute une génération de célibataires émerge une nouvelle figure : le « sex friend ». Ni amoureux fou ni calculateur froid, le sex friend a compris que la sexualité déborde aussi bien les codes de la grande histoire d’amour que les lois d’un prétendu « marché de la drague ».
Au carrefour de la philosophie, des manuels de développement personnel, des séries et comédies romantiques, Richard Mèmeteau propose une réflexion originale sur l’éthique sexuelle contemporaine. La drague numérique invite en effet à une prise de conscience écologique plus large. Notre corps est pris dans un réseau de corps avec lesquels nous échangeons en toute inconscience jusqu’au premier contact avec la maladie. Nos fluides lient ensemble nos ex, nos plans cul, nos réguliers et nos véritables partenaires amoureux. C’est à l’échelle de ces écosystèmes sexuels qu’il faut penser une responsabilité et une confiance permettant de défaire l’imbrication du sexe et de la domination. »

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Collection : ZONES
Parution : mai 2019
ISBN : 9782355221385
Nb de pages : 192
Dimensions : 140 * 205 mm
ISBN numérique : 9782355221415
Format : EPUB

« Le Triangle dramatique » ou « de Karpman »

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Dans ce livre événément, Stephen Karpman explique les multiples manifestations de son Triangle Dramatique, ou triangle Persécuteur-Victime-Sauveur, outil clé d’analyse des conflits et des relations manipulatoires et dysfonctionnelles, mondialement connu et passé dans le langage courant.
Dans une première étape, il décrit avec clarté la grande variété des scénarios toxiques qui non seulement font notre malheur mais minent également notre santé (insomnie, addictions, alcool, etc.), car savoir identifi er le Triangle qui nous piège et
comprendre ses mécanismes sous-jacents est indispensable pour s’en libérer.
Puis, il nous fait découvrir comment passer du Triangle Dramatique négatif au triangle positif, le Triangle de la Compassion, grâce auquel il est possible de sortir des impasses et des scénarios relationnels toxiques et de se diriger vers le bien-être relationnel.

9782729615109-001-X

Caractéristiques du livre

Pages 312 pages
Collection Développement personnel et accompagnement
Parution octobre 2017
Marque InterEditions
Public Professionnel
EAN 9782729615109
chez DUNOD

Le Moi-Cyborg Psychanalyse et neurosciences de l’homme connecté, par Frédéric Tordo

La connexion aux technologies (smartphone, jeux vidéo, prothèse artificielle, exosquelette…) produit de véritables métamorphoses chez l’homme.

9782100793372-001-X.jpegOn observe une transformation du cerveau et du système nerveux dans son ensemble, et même du Soi.

Les neurosciences permettent de comprendre ces phénomènes. Mais la mutation de l’homme augmenté et/ou connecté touche aussi directement sa psyché, au niveau même du Moi.

Une fonction psychique se développe : par étayage sur une fonction du corps (c’est le Moi-peau de Didier Anzieu), mais aussi par appui sur la technologie, dont le fonctionnement se voit transposé sur le plan mental.

Dès lors, le Moi connaît une véritable extension de ses limites.

C’est l’apparition du Moi-cyborg – nouvelle surface psychique qui permet au sujet de se représenter l’objet technologique comme une partie de lui-même.

Dans la psychopathologie, le Moi-cyborg peut servir ainsi de prothèse psychique pour venir compenser des fonctions psychiques mal organisées, carencées ou déstructurées. Ce sont toutes ces nouvelles transformations qui sont décryptées dans cet ouvrage, qui s’appuie sur de nombreuses recherches théoriques et cliniques.

Préfacé par Serge Tisseron, postface de Bernard Andrieu.

SOMMAIRE DE L’OUVRAGE

Préface  (Serge Tisseron) : La psychanalyse face au défi technologique. Avant-propos  : Vocabulaire de l’homme nouveau. Le cyborg, l’homme connecté en permanence à la machine. Introduction. 1. Le Soi-cyborg. La vicariance cyborg. La notion de Soi-cyborg 2. Psychogenèse du Moi-cyborg. La notion de Moi-cyborg. De la dyade Mère-Enfant à la dyade avec la technologie. La dyade interne du Moi-cyborg 3. Les fonctions du Moi-cyborg Contenance et Augmentation. Maintenance et Auto-maintenance du psychisme. Support de l’Identité et du Sentiment d’existence. Pare-excitation. Réflexivité et auto-empathie. Inscription des traces psychiques. Éveil et soutien de la sexualité. 4. Les fantasmes du Moi-cyborg Le fantasme primaire d’une peau commune avec la technologie. Les fantasmes secondaires du Moi-cyborg. 5. Psychopathologie du Moi-cyborg. Le Moi-cyborg comme prothèse psychique. Le Moi-cyborg comme orthèse psychique. Conclusion générale. Postface  (Bernard Andrieu) : L’hybridisme du Moi-Cyborg.

L’individu ingouvernable par Roland Gori

Le Monde Diplomatique, Avril 2016.

Initiateur du mouvement L’Appel des appels, le psychanalyste Roland Gori revient à la crise du libéralisme qui a vu naître la psychanalyse, à la fin du XIXe siècle, afin d’y puiser de quoi imaginer un avenir qui échappe à la répétition de l’histoire. Objectif : contrer le retour des totalitarismes, lesquels prendraient aujourd’hui les formes du « technofascisme », de la « tyrannie d’une normalisation généralisée » et des « théofascismes ». Selon lui, le conflit entre l’aliénation et la liberté est lié à un gori-44440.jpgnéolibéralisme qui soumet le sujet sans répondre à son double besoin d’autonomie et de reconnaissance. Cette réflexion érudite, ouvrant quantité de pistes, laisse en suspens la tension entre individu et collectif, mais se révèle fertile. Dans cette riposte à ceux qui annoncent la chute de la psychanalyse ou célèbrent la fin des utopies, Gori développe les passerelles entre psychanalyse, politique et art. Apparaît l’idée selon laquelle l’artiste serait « l’individu ingouvernable » par excellence : l’art, qui « ne supporte pas le conformisme », l’obligerait à refuser de « s’adapter » — première abdication — et à créer sa propre vie.

Ingrid Merckx

vient de paraître : TANGO ARGENTIN ET PSYCHANALYSE

TANGO ARGENTIN ET PSYCHANALYSE

Innovations thérapeutiques
Espaces théoriques
BEAUX ARTS DANSE PSYCHANALYSE, PSYCHIATRIE, PSYCHOLOGIE

tango saferisLe tango argentin est une danse qui agit comme un miroir de nous-mêmes à travers l’autre. Au bal, les enjeux universels de la rencontre se rejouent éternellement avec acuité. Les potentialités thérapeutiques du tango ont été analysées et conceptualisées pour créer la tangothérapie psychanalytique avec le concept du mouvement relationnel. Cet ouvrage novateur intéressera particulièrement les professionnels de la psychanalyse et de la psychothérapie, de la thérapie de groupe et de couple, les psychomotriciens, les danse-thérapeutes ainsi que les danseurs et professeurs de tango argentin.

 

Véronique Saféris est psychologue clinicienne, titulaire des hôpitaux à Paris, psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris et de l’Association Psychanalytique Internationale, danseuse, professeure de tango argentin, musicienne et ex-professeur de Conservatoire. Elle a mené ses différentes carrières en parallèle, pour finalement en intégrer les dimensions pluridisciplinaires dans la création de la tangothérapie psychanalytique.

Broché – format : 13,5 x 21,5 cm
ISBN : 978-2-343-17120-3 • 17 avril 2019 • 286 pages
EAN13 : 9782343171203
EAN PDF : 9782140119514

 

vient de paraître « Gestalt Approaches with Organizations »

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From the back cover:

Organizations are the operative arm of any State and also the place where individuals realize their uniqueness and commitment to the world. They are essentially the contact boundary between individuals and society.

 This book is a collection of practical experiences and theoretical reflections of some skilled trainers, coaches and consultants, who for many years have been using the Gestalt approach in their work with organizations. Each chapter is followed by a comment of an expert of the organizational and/or Gestalt field. This structure provides both a dialectical frame of reference for Gestalt therapy work in organizations and practical tools for working in various situations. Gestalt concepts will powerfully contribute to the maintenance and care of the organizational work.

 The book is addressed to anyone who wants to improve their skills to help people live better and give their very best to the organization they are part of. The aim is to support every one’s sense of active commitment to society and enable a creative contribution to it.

 You can see more and order the book here:

https://www.gestaltitaly.com/gestalt-approaches-with-organisations-margherita-spagnuolo-lobb-franz-meulmeester-eds/

Re-édité : « La discrétion » de Pierre Zaoui

« La Discrétion, une mise en retrait de soi qui permet de s’ouvrir à l’autre par l’écoute et de résister à une société qui valorise le paraître et la mise en scène de l’existence. »

Pierre Zaoui

9782746747616.jpgLa discrétion

L’art de disparaître

Nouvelle édition

Dans une société qui valorise le paraître et les confessions à grand spectacle, la discrétion est une forme heureuse et nécessaire de résistance. Plaisir baudelairien de flâner anonymement parmi la foule, joie silencieuse de regarder son amour dormir ou ses enfants jouer sans qu’ils remarquent notre présence, soulagement de voir s’éloigner enfin le désir de triompher : loin de la dissimulation, du calcul prudent ou de la peur d’être vu, l’âme discrète offre une juste présence au monde.

Pierre Zaoui convoque les grands penseurs de la discrétion, de Kafka à Blanchot et Deleuze, en passant par Virginia Woolf et Walter Benjamin, pour cerner cette expérience «rare, ambiguë et infiniment précieuse».

 

 

Et à re-écouter en podcast :

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=9b7a1b42-67a4-11e3-af2e-782bcb73ed47

LA GRANDE TABLE (2ÈME PARTIE) par Caroline Broué  _

La discrétion comme acte de résistance

Plaisir baudelairien de flâner anonymement parmi la foule, joie silencieuse de regarder son amour dormir ou ses enfants jouer sans qu’ils remarquent notre présence, soulagement de voir s’éloigner enfin le désir de triompher : loin de la dissimulation, du calcul prudent ou de la peur d’être vu, l’âme discrète offre une juste présence au monde. Pierre Zaoui convoque les grands penseurs de la discrétion, de Kafka à Blanchot et Deleuze, en passant par Virginia Woolf et Walter Benjamin, pour cerner cette expérience «rare, ambiguë et infiniment précieuse».

Se faire discret, c’est créer, c’est donner, c’est aimer.

Avec La Discrétion ou l’Art de disparaître , Pierre Zaoui fait l’éloge de la mise en retrait, d’un effacement qui permet de s’ouvrir à l’autre par l’écoute et de résister à une société qui valorise le paraître et la mise en scène de l’existence.

Il ne s’agit donc pas de considérer la discrétion comme un trait de caractère, ici, la disparition devient un geste, une philosophie de l’existence.

Pierre Zaoui  enseigne la philosophie à l’université Paris VII – Denis-Diderot. Ses recherches portent notamment sur Spinoza, Gilles Deleuze, l’art contemporain et la pensée politique. Il est membre du comité de rédaction de la revue Vacarme et l’auteur notamment de Spinoza, la décision de soi  (Bayard, 2009) et La Traversée des catastrophes  (Seuil, 2010).

Entretien par Caroline Broué, Ludovic Piedtenu et Eric Fassin .

Pierre ZAOUI : « Mon expérience des manifestations politiques c’est une expérience de la discrétion. On se fond dans une masse. »

« On ne peut pas faire de la discrétion une idéologie : il y a une ambiguïté de la notion, par exemple, le retrait est-il un moyen de ménager la prochaine apparition, ou est-il une tentative de disparition, l’acceptation d’être n’importe qui ? »

 

 

Librairie Dialogues Brest – rencontre avec Tobie Nathan

006025842

Rencontre avec Tobie Nathan

L’Évangile selon Youri – éd. Stock
Avec Tobie Nathan

Le , Librairie Dialogues

Élie : vieillissant, désabusé, divorcé, désencombré des illusions sur la vie. Voici comment on pourrait décrire ce psy aux méthodes particulières qui dirigea longtemps un centre d’ethnopsychiatrie au coeur de Paris. C’est un spécialiste en « étrangeté ». Un petit migrant roumain, aux cheveux hirsutes et aux yeux immenses de clarté, va dérouter Élie, autant que ses compagnons du quotidien ; le fripier Samuel tenant boutique boulevard Arago, Le-Poète jamais avare d’une récitation, ou Le-Professeur et ses problèmes cardiaques. Oui, un garçon de dix ans, silencieux et intense. Est-ce lui qui déplace les tables à distance, fait exploser les pierres
précieuses des colliers ou guérit les maladies les plus réfractaires d’un doigt posé sur la plaie ? Sorcier ou « immigré nouvelle
génération » ? Imposteur ou messie de nos temps troublés ? Il faut prendre garde aux étrangers que nous croisons : parmi eux se cachent des êtres d’exception.

© Philippe Matsas

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