Colloque de la FPGT le 15 octobre prochain, Paris

Journée d’étude proposée par la FPGT, Fédération des Professionnels de la gestalt-thérapie.

Après des reports successifs dû au COVID, nous avons le plaisir de vous annoncer que le premier colloque de la FPGT aura lieu à Paris le 15 Octobre 2022.

Depuis toujours, la Gestalt-thérapie questionne les normes sociétales. Aujourd’hui, plus que jamais, nous sommes confrontés à la nécessité vitale de faire du nouveau, d’interroger notre faire ensemble. Alors, partageons nos expériences soutenues par des interventions nationales et internationales à l’occasion d’une journée dédiée.

Intervenants

Paulo-de-Tarso de Castro Peixoto

Compositeur, Pianiste, Musicothérapeute, Philosophe, Gestalt-thérapeute au Brésil.
Maîtrise et Doctorat en Psychologie, Post-Doctorat en Philosophie et en Psychologie à l’Universidade Federal do Rio de Janeiro et à l’Université Paris Est-Créteil.

Peter Schulthess

Gestalt-thérapeute suisse, licencié en philosophie, travaille pour l’Institut de Thérapie Gestaltiste Intégrative de Würzburg et forme des Gestalt- thérapeutes en Suisse et en Grèce. Il est membre de l’EAGT dont il a été président et de l’EAP dont il a dirigé le comité scientifique.

SFAP : formation sur l’agonie

La SFAP (Société Française d’Accompagnement de de Soins Palliatifs) propose régulièrement des temps de formation assez courts et sur de nombreuses thématiques, par exemple ici sur l’accompagnement de l’agonie. De l’expérience que j’en ai, ces temps sont toujours bien faits et apprenants.

Cycle LES FONDAMENTAUX coordonné par le collège des médecins de la SFAP  
  Date 5 mai 2022 – Agonie : que faire, que dire ?
  Intervenante : Dr Véronique Morize, co-responsable du collège des médecins de la SFAP

 
Inscriptions ouvertes pour le ce web séminaire sur l’agonie qui aura lieu le 5 mai prochain de 17h30 à 19h animé par le Dr Véronique Morize, co-responsable du collège des médecins de la SFAP.

Inscriptions individuelles ou en formation continue directement en ligne, cliquez-ici.  

Publics concernés :
Aux médecins, soignants, psychologues, bénévoles, acteurs impliqués dans la démarche palliative, professions des sciences humaines, sociales, administratives.  

Objectifs pédagogiques :
1. Pouvoir identifier et comprendre les différents temps et symptômes de la phase agonique afin de mieux les repérer et les soulager
2. Etre plus à l’aise dans la prise en charge clinique des dernières heures de vie du patient palliatif afin de permettre aussi un meilleur accompagnement des survivants au défunt.

vient de paraître : « Cosmopolitiques » par Isabelle Stengers

Un court extrait de l’introduction de l’ouvrage par Isabelle Stengers pour en donner quelques contours et peut-être l’élan de le lire.  » (…) « Cosmopolitiques » se concentre sur les sciences en tant que pratiques scientifiques parce que celles-ci posent des questions telles que : comment l’appartenance à cette pratique fait-elle imaginer, agir ou penser ? A quoi oblige-t-elle ses praticiens ? Mais aussi qu’exige-t-elle du milieu dont elle dépend ? Et ce sont de telles questions qui ouvrent à un possible spéculatif. Si, au lieu de se présenter armés de ces mots d’ordre que sont la rationalité, l’objectivité, la méthode ou les données, les scientifiques qui le peuvent avaient su se présenter en praticiens, la guerre des sciences n’aurait pas eu lieu. (…) La notion de pratique telle que je la propose a ceci de particulier qu’elle affirme la possibilité de leur destruction. Les pratiques sont mortelles. (…) Les praticiens modernes, lorsqu’ils se présentent à un public dit « non compétent », le font aujourd’hui encore avec les mots d’ordre qui ont assuré leur survie : rationalité, objectivité, méthode, en tant que clefs de tout progrès. Ils se présentent comme représentant la Science, qui n’est pas une pratique car elle n’oblige à rien mais permet de revendiquer le respect d’un public appelé à honorer ce progrès dont, qu’il le veuille ou non, il est bénéficiaire. La question posée par « Cosmopolitiques » était : les praticiens scientifiques pourraient-ils devenir capables de se débarrasser des mots d’ordre, de se présenter avec ce qui les oblige ? (…) » Je laisse les commentaire ci-dessous présenter le reste de cet ouvrage. Vous trouverez ci-dessous également un lien qui renvoie vers un extrait du livre.

L’auteure :

Isabelle Stengers, docteur en philosophie, est professeure émérite à l’Université libre de Bruxelles. Elle est l’auteure de nombreux livres sur l’histoire et la philosophie des sciences, dont, à La Découverte, L’Invention des sciences modernes (1993), Sciences et pouvoir (1997, 2002), Au temps des catastrophes (2009, 2013) et Réactiver le sens commun (2020). Elle a reçu le grand prix de philosophie de l’Académie française en 1993.

Le livre :

 » Pourquoi les sciences modernes n’avancent-elles que sur un mode guerrier : guerre du scientifique contre ses concurrents, du savant contre le « charlatan », du « nouveau » contre l’« ancien » ? Pourquoi les sciences s’affirment-elles sous le jour le plus faux : triomphe d’un savoir enfin objectif, neutre et désintéressé, produit par une démarche méthodique, humble et sereine ? Et pourquoi quand les scientifiques disent leurs rêves et leurs ambitions, est-ce si souvent la spéculation arrogante et la polémique qui s’expriment ? Pourquoi, par exemple, la physique moderne est-elle habitée par la conviction qu’elle seule peut percer l’énigme de ce monde, énigmatiquement intelligible comme l’a dit Einstein ? Peut-on répondre à ces questions sans insulter les passions des scientifiques mais d’une manière qui leur permette d’échapper à « la passion moderne de disqualifier toute pratique qui ne souscrit pas à l’affirmation d’un monde unique » ?
C’est pour répondre à ces questions qu’Isabelle Stengers revisite quelques grands moments de l’histoire des sciences. Si nul d’entre nous n’a le droit de prétendre représenter le « genre humain » ou d’inventer « une utopie qui vaille pour tous les habitants de la terre », nul n’a non plus le droit de raconter cette histoire des sciences dites modernes comme celle de la découverte d’une réalité qui devrait faire autorité pour tous et toutes. Les passions qui habitent cette histoire ne sont pas arbitraires mais singulières, et c’est cette singularité qu’il convient de cultiver s’il s’agit de nous libérer de l’insupportable tolérance de ceux qui prétendent « savoir » envers ceux qui, disent-ils, « croient ».
Les cosmopolitiques d’Isabelle Stengers nous demandent, selon Donna Haraway, de penser, et de prendre des décisions « en présence de celles et ceux qui en porteront la conséquence ». « 

Lire un extrait : https://fr.calameo.com/read/00021502235df94eec3d3

Préface de : Isabelle Stengers
Collection : Les Empêcheurs de penser en rond
Parution : 28/04/2022
ISBN : 9782359252224
Nb de pages : 632

Reprise des consultations ce lundi 25 avril

Après une pause-congés ressourçante, c’est avec plaisir que je reprends mon activité et retrouverai les personnes qui viennent me consulter à partir de ce lundi 25 avril.

Je suis également disponible à celles et ceux qui souhaitent prendre un premier rendez-vous.

Lundi 25 avril 2022.

Trouble de l’attention (TDAH) : la dangereuse explosion du traitement médicamenteux de l’enfant

Un article étayé sur un sujet de société passé plus ou moins sous silence. A lire.

L’auteur, Sébastien Ponnou, est Maître de Conférences en Sciences de l’Education à l’Université de Rouen Normandie, et psychanalyste.

Article publié le 1 mars 2022, original ici.

Le Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est considéré comme le trouble mental le plus fréquent chez l’enfant et l’adolescent.

Or, dans la mesure où il n’existe aucun marqueur ni test biologique susceptible de contribuer au diagnostic, le TDAH est exclusivement défini sur la base de symptômes comportementaux : un déficit d’attention associé ou non à de l’impulsivité excessive et de l’hyperactivité. Pour cette raison, sa prévalence (fréquence de survenue d’un phénomène de santé dans une population pour une période donnée) varie considérablement d’un pays à l’autre : en 2012, il était d’environ 10 % aux États-Unis et inférieur à 1 % en Grande-Bretagne.

En France, l’industrie pharmaceutique a financé une étude publiée en 2011 concluant à une forte prévalence du TDAH (entre 3,5 et 5,6 % en 2008) alors même que la méthodologie et les données fournies pour étayer cette conclusion étaient très contestables.

Les recommandations concernant le traitement du TDAH diffèrent aussi selon les pays et les régions. En France, et dans la majorité des pays européens, une approche éducative, sociale et psychothérapeutique est officiellement préférée. La médication y est, en principe, réservée aux cas les plus sévères.

Le méthylphénidate, seul traitement autorisé…

Le méthylphénidate (MPH) est le seul traitement médicamenteux autorisé en France pour le Trouble déficitaire de l’attention. De manière générale, il est reconnu utile s’il favorise l’accès au travail de parole, de soin et d’éducation. Réciproquement, il n’existe pas d’autre indication thérapeutique pour cette molécule.

Le MPH est commercialisé sous forme simple (Ritaline®) ou sous forme retard (Ritaline-LP®, Concerta®, Quasym®, Medikinet®). Il est indiqué chez l’enfant à partir de six ans « lorsque les mesures correctives psychologiques, éducatives, sociales et familiales seules s’avèrent insuffisantes » (ANSM, 2017).

De nombreuses études contre placebo ont prouvé son action pour diminuer les symptômes du TDAH… Mais elles sont de court terme. Les bénéfices d’un traitement au long cours restent toujours à démontrer.

Plusieurs enquêtes américaines ayant suivi de larges cohortes d’enfants pendant des années montrent par ailleurs que le traitement par psychostimulants (dont la Ritaline®) ne présente aucun bénéfice à long terme sur les risques d’échec scolaire, de délinquance et de toxicomanie associés au TDAH.

… mais pas une panacée

Autre point : si les effets secondaires de court terme semblent mineurs, ceux de long terme sont largement inconnus.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) mentionne ainsi une liste relativement importante d’effets indésirables comprenant notamment nervosité, troubles du sommeil, céphalées, amaigrissement, risques d’aggravation de pathologies psychiatriques et de passages à l’acte violents ou suicidaires, risques de maladies cardiovasculaires et cérébrovasculaires (pp. 18-22).

Pour ces raisons, et dans la mesure où le MPH est un psychostimulant classé stupéfiant (Vidal), sa prescription a toujours été soumise à un encadrement et à des conditions de délivrance stricts : prescription initiale et renouvellements annuels réalisés en milieu hospitalier par des médecins spécialistes (jusqu’au 13 septembre 2021), renouvellements mensuels sur ordonnance sécurisée, identification du pharmacien exécutant l’ordonnance.

Notre récente étude, réalisée dans les bases de données de la Sécurité sociale, pointe pourtant une augmentation inexorable de son emploi chez l’enfant et l’adolescent, ainsi qu’une rupture systématique des obligations réglementaires de prescription.

Hausse continue de la prescription de méthylphénidate chez l’enfant

En effet, ce travail réalisé auprès de l’ensemble des enfants et des adolescents français (0-17 ans) ayant bénéficié d’au moins une prescription de MPH entre 2010 et 2019, montre que la consommation a plus que doublé ces dix dernières années : +56 % pour l’incidence (ici, nombre de nouvelles prescriptions par an entre 2010 et 2019), et +116 % pour la prévalence. Cette hausse s’inscrit dans un continuum puisque de précédents travaux faisaient déjà état d’une augmentation de +65 % entre 2003 et 2005, puis +135 % entre 2005 et 2011.

Un rapport de l’ANSM montre également qu’entre 2008 et 2014, la prévalence de la prescription pour les enfants de 6 à 11 ans a augmenté de +63 % et presque doublé chez les 12-17 ans.

Cette augmentation se double d’un allongement considérable des durées de traitement : la durée médiane de la consommation chez les enfants de 6 ans en 2011 était de 5,5 ans et jusqu’à plus de 8 ans pour 25 % d’entre eux. Plus préoccupant encore : les enfants les plus jeunes sont ceux pour lesquels les durées de traitement sont les plus longues.

Ces durées sont sans comparaison avec celles mises en exergue dans le courant des années 2000 : la durée médiane de prescription de MPH chez l’enfant en 2005 en France était alors de 10,2 mois.

Des conditions de prescription bafouées

En France, l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) est accordée par l’ANSM après une procédure d’évaluation du bénéfice/risque du médicament. Cette autorisation peut être assortie de conditions et de recommandations de prescription, comme c’est le cas pour le méthylphénidate. Or l’analyse des bases de données de santé montre une multiplication du nombre de prescriptions hors des cadres réglementaires :

  • Avant l’âge de 6 ans, contrairement aux indications de la mise sur le marché,
  • Avec des durées de traitement particulièrement longues et en constante augmentation. Les recommandations de prescription mentionnent clairement des usages de court terme et des réévaluations constantes des bénéfices du médicament,
  • Des premières prescriptions (25 %) et des renouvellements annuels (50 %) qui ne sont pas effectués par un spécialiste hospitalier, contrairement aux obligations réglementaires en vigueur jusqu’au 13 septembre 2021,
  • Avec un suivi médical et psychoéducatif des enfants qui ne semble pas toujours réalisé de manière satisfaisante : 84 % des enfants ne bénéficient d’aucune consultation médicale par le service hospitalier prescripteur dans les 13 mois suivant l’initiation. Entre 2010 et 2019, le nombre de consultations en centres médico-psychopédagogiques (CMPP) a été divisé par quatre tandis que la prévalence de la consommation de MPH a plus que doublé. Ces résultats suggèrent un risque de substitution des pratiques psychothérapeutiques et socio-éducatives par des prescriptions médicamenteuses.
  • Une prescription qui n’est pas nécessairement associée au diagnostic de TDAH, pourtant sa seule indication autorisée. A fortiori, lorsqu’un diagnostic psychiatrique est posé, il ne correspond pas toujours à l’indication thérapeutique définie par l’AMM. Or, le Résumé des caractéristiques du produit (RCP) précise que « les psychostimulants ne sont pas destinés […] aux patients atteints d’autres pathologies psychiatriques primaires ».
  • Un quart (22,8 %) des enfants et adolescents consommateurs de MPH reçoivent un ou plusieurs autres médicaments psychotropes dans l’année suivant la première prescription : neuroleptiques (64,5 %), anxiolytiques (35,5 %), antidépresseurs (16,2 %), antiépileptiques (11 %), hypnotiques (4,8 %) et antiparkinsoniens (3 %). Ces co-prescriptions sont souvent très éloignées de leur zone d’AMM et se situent hors des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS). Or ces associations avec d’autres psychotropes – en particulier les antipsychotiques – présentent de sérieux risques pour la santé et devait être évitées.

Effet des facteurs scolaires et sociaux

L’étude montre également que le système scolaire contribue de manière significative à la prescription de psychostimulants : les enfants les plus jeunes de leur classe – nés en décembre plutôt qu’en janvier – présentent un risque accru de médication de +44 à +60 % (+54 % en moyenne au fil de la période 2010-2019).

Pourtant, il semble normal que les capacités d’attention des enfants les plus jeunes de leur classe soient potentiellement moins soutenues que celles de leurs camarades plus âgés, sans que cela n’engage de conclusion en termes de pathologie, de handicap ou de médication.

De plus, les enfants issus des classes sociales les plus défavorisées ou présentant des conditions sociales défavorables ont un risque accru de médication.

En 2019, 21,7 % des enfants recevant du MPH vivaient dans des familles bénéficiant de la Couverture maladie universelle (CMU) ou d’un dispositif apparenté. Ceci alors que, selon l’Insee, ces aides n’étaient attribuées qu’à 7,8 % de la population française. La prescription est donc significativement plus fréquente chez les enfants des familles bénéficiaires de la CMU, et cette tendance a augmenté entre 2010 et 2019.

Si l’on considère également les enfants consommateurs de MPH disposant d’un diagnostic de défavorisation sociale (touchés par exemple par des difficultés liées à l’éducation, à l’alphabétisation, à l’emploi et au chômage, à l’environnement physique, au logement, aux conditions économiques ou à l’environnement social, etc.), le pourcentage d’enfants avec des difficultés sociales atteint 25,7 %.

Ces éléments pointent un risque de médication de l’enfant selon son âge ou ses origines sociales. Ces discriminations s’ajoutent à des ruptures des réglementations de prescription qui forgent le pacte démocratique entre les citoyens et leur système de santé.

Face à cette situation, ni l’AMM, ni les recommandations ou les lettres de rappel de l’ANSM, ni les alertes des chercheurs ou des professionnels de santé ayant dénoncé ces abus depuis de longues années ne semblent pas avoir été entendues.

Quelles pratiques et quelles politiques de santé ?

Ces enjeux sont d’autant plus vifs que le 13 septembre 2021, la HAS a décidé la fin de la Prescription initiale hospitalière (PIH) pour le MPH – une mesure qui avait pour fonction de garantir l’accompagnement des enfants et de leurs parents.

Cette décision augure une poursuite du phénomène, ainsi qu’une accentuation du non-respect des conditions de prescription. Or, les travaux scientifiques sont particulièrement réservés quant à la prescription de médicaments psychotropes chez l’enfant et l’adolescent, et insistent sur l’importance de la surveillance et sur le rôle des agences de santé et de sécurité du médicament.

Ces réserves s’expliquent par la rareté d’études robustes sur l’efficacité des traitements, des effets indésirables importants et une balance bénéfice/risque qui conduit à un nombre limité d’autorisations de mise sur le marché pour les psychotropes en population pédiatrique.

En revanche, les pratiques psychothérapeutiques, éducatives et sociales orientées par la parole font leurs preuves dans la clinique et sont recommandées en première intention en France dans le soin des enfants et des adolescents.

Quels bénéfices attendre d’une médicalisation croissante des comportements de l’enfant, et d’une dérégulation progressive de la prescription de psychostimulants voire de psychotropes : enfants, adolescents et famille peuvent-ils y trouver un meilleur soutien ? L’accueil des patients et les pratiques de soin peuvent-ils en être améliorés ? Le lien entre la population, les praticiens et les services de santé peut-il en sortir renforcé ?

Le modèle américain, qui fait référence en termes de médicalisation de la souffrance psychique, montre que ce serait plutôt le contraire.

Ces questions interrogent à la fois les capacités de régulation de la communauté médicale, des agences de santé et des pouvoirs publics. Mais elles touchent aussi à des choix de société : quelles pratiques et quel modèle de soin souhaitons-nous pour nos enfants et les prochaines générations ? Ces enjeux sensibles et complexes méritent a minima un débat scientifique, politique et citoyen éclairé et contradictoire.

« Un employeur n’est que le locataire des talents de ses employés » par Xavier Camby

J’aime les « billets » de Xavier Camby, et vous en partage parfois certains. Celui qui suit propose des clefs de lecture sur un changement du rapport au travail ou plutôt du rapport entre entreprises et salariés. A lire.

Article par Xavier Camby, 25 mars 2022, original ici.

Une pandémie de démissions, libres décisions de pourtant très remarquables, jeunes et habiles professionnels, commence à s’imposer en Suisse comme Europe, à peine 2 ans après celle, très massive constatée aux USA entre 2019 et 2020 (concernant 40% des salariés de cette nation). L’exponentiel et irrésistible accroissement de la souffrance psychique au travail – identique à celle dont pâtissent tous nos voisins – engendrant coûts cachés, absentéismes et contreperformances, n’en serait-elle pas la cause première ?

High Resolution Mission Concept

Tous mes amis recruteurs – d’anciens collègues – en attestent : les candidats ont désormais définitivement décidé de choisir leur employeur. Et leurs critères sont simples, humains et définitifs.

Nul de nos talentueux jeunes gens n’accepte plus le caporalisme injonctif, les consignes paradoxales et toujours urgentissimes, les horaires contraignants plutôt que la création d’une authentique – et libre d’horaires – valeur ajoutée. Encore moins les objectifs individuels sclérosant l’intelligence collective et contributive, les entretiens intrusifs et culpabilisants (dits de « recadrage »), les évaluations aussi obligatoires que tronqués ou injustes. Sans oublier l’enflure envahissante d’égos (parfois aussi schizoïdes que maladroits), les jugements à l’emporte-pièce (ça fait très mal) nés des assessments ou des vilains tests dits « de personnalités » (toujours perversement réducteurs), les dérobades managériales de celles et ceux qui n’ont plus jamais de temps pour écouter leurs collègues et/ou collaborateurs, réfugiés de séances en confcalls, les urgences imposées et les agressions émotionnelles autant que les comportements non-éthiques…

Née de l’application mimétique, répétitive et quasi-aveugle de croyances aussi obsolètes qu’importées d’écosystèmes sénescents (armées ou organisations internationales étrangères, anglo-américaines, par exemple), cette saine réaction des meilleurs d’entre nous va changer notre monde et c’est bien involontairement qu’elle décime actuellement équipes et organisations dysfonctionnelles. Au bénéfice notamment des entreprises responsables, les start-ups et celles de l’entreprenariat individuel. Nombre de dirigeants et de managers n’y comprennent rien et beaucoup de RH semblent ne pas savoir ni pouvoir prévoir, anticiper ou réfréner cette hémorragie des plus précieux talents !

L’indispensable talent authentique se remarque pourtant à son originalité de pensée, par l’invention permanente de nouvelles façons et formes, à l’élégante volonté d’économiser l’énergie en s’adaptant sans cesse, par un anticonformisme qu’on appelle l’intelligence, cette capacité à n’être jamais ni un « yesman » ni une « yeswoman » et à son savoir vendre et défendre une vision sans cesse renouvelée, au sein d’un monde changeant.

Un véritable entrepreneur de génie, bien sûr autodidactique, c’est-à-dire non-corrompu par une « éducation » trop sophistiquée autant que contraignante, a créé un groupe de plus de 10’000 collaborateurs en moins de 40 ans (dont la profitabilité fait pâlir de jalousie les groupes côtés). Il déclare dans son émouvante biographie qu’ « un employeur n’est que le locataire du talent de ses équipes » (Philippe Ginestet).

Non pas comme d’avaricieux propriétaire de nos talents, pouvant en disposer à notre guise, sommes-nous bien de provisoires et respectueux locataires des talents de celles et ceux qui se confient à nous ? Aussi respectueux de leurs personnes que nous le sommes de nos familles et de nos amis ? Prenons-nous ce soin diligent – qui nous profite – de leurs expressions et de leurs développements utiles, ainsi qu’on gère judicieusement notre ménage ?

Nos jeunes gens, nos démissionnaires de tous âges sont en train de nous le signifier, très explicitement.

Au-delà de notre système d’éducation obsolète (née en 1874 et qui fabrique désormais du décrochage massif et ne prépare pas à la vraie vie) et de nos exceptionnelles réussites techniques, prononcer l’adieu à la financiarisation nous permettra de réinventer et de refonder un monde meilleur, celui de notre futur.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire également l’interview de X.Camby dans Atlantico :

https://atlantico.fr/article/decryptage/la-deplaisante-montee-du-ghosting-sur-le-marche-du-travail-candidats-employur-entretien-embauche-xavier-camby

Les Ateliers du Corps Joyeux : Présence et Spontanéité

C’est avec plaisir que je vous partage l’information sur « Les Ateliers du Corps Joyeux » animés par Yvain Lucas. Ces ateliers ont lieu à Plouézoch (29). Contact en fin d’article.

Présence et Spontanéité. L’intelligence du corps en mouvement.

Les ateliers du Corps Joyeux sont des ateliers de Physiodynamie (du grec phusis, « nature », et dunamis, « force » ; une pratique centrée sur « la force des choses », sur « la dynamique du vivant » ). Une approche qui se définit comme l’art de s’en remettre à l’intelligence dynamique du corps, et qui s’appuie sur la tendance des organismes vivants à retourner spontanément vers leur harmonie naturelle dès qu’on leur en laisse la possibilité. En pratique, la physiodynamie recommande de permettre au corps de s’autoréguler librement dès que nous en ressentons le besoin. C’est tout. L’idée maîtresse c’est que le corps est une merveille de spontanéité tout à fait apte à se « dé-brouiller » toute seule ; et qu’en matière de santé et de bien-être, aucune technique inventée par l’homme, aussi belle, pertinente et efficace soit-elle, n’égalera jamais l’intelligence du corps qui n’est autre que celle de la spontanéité du vivant dans son ensemble.

Les ateliers du Corps Joyeux sont des ateliers de « facilitation au lâcher-prise ». Le lâcher-prise est ici entendu non pas comme un effort pour « se lâcher » (comme dans l’expression corporelle ou la danse improvisée par exemple), mais comme un relâchement dans l’emprise que l’on exerce sur notre propre corps, comme une réduction du contrôle sur nous-même ; et même, si possible, comme une suspension momentanée de la volonté : une cessation de l’usage de soi et du corps. Le lâcher-prise conduit à une acceptation tranquille de ce qui se passe dans l’instant et a besoin de s’exprimer.  Après un temps d’accompagnement préalable de « détente en mouvement » destiné à nous prédisposer à cette acceptation, l’atelier comporte un temps de lâcher-prise. Autrement dit, un temps de Méditation Physiologique ou de « ne rien faire ». Ne pas intervenir. Laisser-faire l’intelligence dynamique du corps. Ne plus se mêler ni de ce qui se passe en soi ni autour de soi. Un moment de non-ingérence durant lequel on s’abandonne en confiance dans le cours des choses et sa spontanéité. Laisser carte blanche à l’expression naturelle du corps (autrement appelée «le Mouvement de la Source », « le mouvement régénérateur », ou « katsugen undo » en japonais).  

Les ateliers du Corps Joyeux sont une invitation à vous rendre compte (ou non) par vous-même que votre corps réclame à cor et à cri des temps de non-ingérence de votre part. Des temps durant lesquels il se fera une joie de se réguler lui-même. Sans que vous n’ayez rien à faire de spécial. Juste que vous acceptiez de temps à autres d’être relégué au rang de simple témoin de votre propre spontanéité. Pour vôtre bien-être, qui rime avec celui de tous.  

Contact et informations : Yvain Lucas, email : ateliersducorpsjoyeux@yahoo.com.

Absence

De retour à partir du lundi 25 avril.

« Parler de la guerre avec les enfants » par yapaka.be

Le site yapaka.be est une mine d’informations et ressources pour accompagner les adultes qui accompagnent les enfants et adolescents. Le texte reproduit ci-dessous est paru début mars.

Original ici.

Parler de la guerre avec les enfants

Lorsque des événements tragiques surviennent, les parents, éducateurs, enseignants… se demandent comment en parler aux enfants. Que dire ? Comment ? À partir de quel âge ? Chaque adulte s’interroge sur la manière de rassurer l’enfant en étant attentif à ses questions sans les anticiper.

Dans ce contexte, construire une collectivité éducative autour des enfants est particulièrement porteur pour eux. Chaque adulte amène à l’enfant des éléments de compréhension différents, évoque les questions dans la singularité ou dans le collectif… L’enfant profite alors de ces allers-retours entre les différentes sphères de sa vie (l’école, la ou les maisons…) pour construire à son rythme sa pensée, sa représentation du monde dans lequel il est inscrit.

En créant notamment des espaces, des moments pour parler, l’adulte développe une attention soutenue, ajustée et essentielle au développement de l’enfant. En effet, les enfants qui le souhaitent peuvent alors dire comment ils se sentent, ce qu’ils comprennent, ce qui les questionne sans pour autant être obligés de prendre la parole. Ces espaces collectifs sont pensés par l’adulte pour être protecteurs et non invasifs, le droit de ne rien dire y a sa place. Les enfants, même jeunes, peuvent déposer leurs questions singulières, interroger le sens de « faire la guerre », partager leurs inquiétudes… Avec un groupe d’enfants, il est utile d’avoir en tête que si tel enfant vit dans un contexte familial branché 24h/24 sur l’actualité, tel autre enfant en sera totalement déconnecté par choix parental notamment. Pour certains, le conflit paraitra loin, alors que d’autres y seront très sensibles voire y seront concrètement confrontés par la présence de réfugiés dans leur quartier, leur école, leur famille.

Accueillir les émotions de l’enfant
L’enfant, témoin des conversations des adultes, sent leurs inquiétudes, voit des images, des vidéos à la télévision, sur les réseaux sociaux, entend les nouvelles à la radio… Se montrer attentifs à ses questions, sans les anticiper, en l’interrogeant sur ce qu’il en a compris, en pense ou en ressent, permet à l’enfant de rester acteur de sa pensée et du monde dans lequel il vit.

Dans ces contextes de guerre, l’accompagnement aux écrans est particulièrement important, comme le JT par exemple : interroger sur les images vues et les programmes regardés, sur le ressenti. Prendre le parti de couper l’information en continu, de limiter les temps d’écrans permet également à l’enfant de métaboliser ce qu’il a reçu comme information (par le jeu notamment) et aussi de souffler, rêver et créer.

Les enfants sont de vraies éponges vis-à-vis des émotions des adultes qui leur sont proches et prennent soin d’eux. Ils peuvent être touchés par ce qui se passe dans le monde parfois en ricochet aux émotions, réactions vives ou dépressives des adultes. Dès lors, pour les enfants très jeunes, il pourra être nécessaire de mettre des mots simples pour expliquer que « papa et maman sont inquiets en ce moment, mais ça n’est en aucun cas de ta faute ». Pour les enfants plus grands, cacher nos émotions ne les aide pas à apprivoiser les leurs, à les décoder. Il s’agit plutôt de les « passer au tamis », les filtrer, d’ajuster les mots en fonction de l’âge, la maturité de l’enfant, tout en le rassurant.

Parler, penser ensemble
Dans les lieux collectifs, comme les écoles, ouvrir régulièrement des espaces pour parler (indépendamment de ce qui se passe dans l’actualité) permet aux enfants d’évoquer les petits et grands soucis de leurs vies. Les inviter à s’exprimer sur tout sujet qui les préoccupe, sans présager de ce qui constitue un motif d’inquiétude pour eux, est essentiel. Cela leur montre que des adultes sont disponibles, à leur écoute, et qu’ils n’ont pas peur de prendre à bras le corps leurs questions. Tous les sujets peuvent être évoqués, personne ne doit rester avec des choses lourdes sur le cœur, les adultes sont là, présents, pour aider les enfants à grandir.

Contre le chaos, il n’y a pas d’autres armes que celles de la pensée, de la dignité, de l’attention à autrui, de la construction démocratique permanente, le travail de la culture… L’homme gagne son humanité en évitant d’être emporté par ses émotions grâce à sa capacité de penser par (à) lui-même, à l’autre et au monde qui l’entoure.

L’école ainsi que les associations qui accueillent les jeunes sont des lieux où l’on cherche à comprendre, où l’on apprend à penser ; y compris dans les limites de l’impensable. Telle est la responsabilité de l’éducateur. Les événements dramatiques sont chaque fois des occasions de penser ensemble à de nombreux thèmes au fil des questions et sans les devancer : Pourquoi la guerre existe ? Quelle est la frontière entre le bien et le mal ? Il pourrait y avoir la guerre ici ? Qui sont les « gentils », qui sont les « méchants » ? Pourquoi y a-t-il de la violence ? Quelles réponses donner ? Impossible de les tracer au cordeau, on peut juste penser ensemble en sachant qu’il n’y a pas de « maître de l’univers », seulement des humains qui tentent de faire de leur mieux dans un monde où, hélas, il y a des catastrophes, des accidents, des pandémies, des guerres. Depuis l’aube des temps, les hommes ont à la fois cherché à s’en prémunir mais également ont été amenés à vivre avec ce réel, le ciel qui peut tomber sur la tête malgré la potion magique. Reconnaître cette part de non-maîtrisable et faire entendre à l’enfant qu’il y a moyen de vivre avec, c’est également l’aider à grandir.

Contextualiser à hauteur d’oreilles d’enfant
Lorsqu’on sent les enfants préoccupés par une guerre, un événement tragique, dans un premier mouvement, les laisser s’exprimer sur ce qu’ils en comprennent, ce qui les inquiète, ce qu’ils pensent de la situation est un point de départ pour débattre des grands thèmes de la vie : la vie, la mort, la violence… Un dessin de presse, une chanson offrent également des surfaces de symbolisation qui permettent d’amorcer des discussions, des échanges sur une thématique particulière.

Dans un second temps, si les enfants manifestent de l’inquiétude ou semblent perdus, l’adulte doit pouvoir amener des éléments concrets sur lesquels s’appuyer par exemple, en montrant une carte, une mappemonde. Ces informations géographiques très précises permettront de pouvoir circonscrire un conflit à une zone du monde. Des éléments d’histoire peuvent également permettre de placer les événements sur une ligne du temps : le passé, le présent et l’avenir. En retraçant le fil géopolitique et historique, en parlant des origines du conflit, des différences entre les pays (appartenance aux mêmes instances internationales ou non par ex), en parlant des faits, des populations qui se lèvent ou non contre leur gouvernement… on permet aux enfants de sortir de l’émotion brute, de construire leur esprit critique, de nuancer leur jugement qui peut, pendant un temps de l’enfance, être très dichotomique (les gentils et les méchants). Parler ensemble, de manière factuelle, de points concrets, permet d’apaiser l’imaginaire et peut faire barrage aux angoisses qui se manifestent parfois face au chaos d’une situation.

Il n’est pas toujours porteur de rentrer dans des détails qui dépassent les questions des enfants. Rassurer et attirer leur attention sur la solidarité, l’accueil des réfugiés, les revendications et mobilisations pour la paix sont également des aspects essentiels à aborder avec eux lorsque l’on parle d’une guerre. Cela leur permet d’avoir prise sur une situation, eux aussi peuvent être solidaires si les adultes les y invitent en rassemblant du matériel, des vivres pour les personnes prises dans le conflit. Expérimenter la solidarité est essentiel. Ces moments sont également l’occasion de développer, soutenir l’empathie pour une autre communauté humaine.

Jouer, dessiner, créer… pour comprendre le monde
Les enfants n’ont pas toujours les mots pour exprimer ce qu’ils ressentent. Parfois même ils ne comprennent pas vraiment leurs émotions, ce qui les traverse… Leur offrir des moments, des espaces, du matériel pour jouer, dessiner, écrire des textes, des poèmes… est essentiel pour les aider à grandir. Grâce au jeu, au dessin, les enfants se « débarrassent » en quelque sorte de ce qui les encombre, ils déposent leurs émotions, donnent forme et couleurs à leurs ressentis. Si les enfants jouent à la guerre dans la cour de récré par exemple, c’est parce qu’ils saisissent là une occasion pour élaborer leurs questions, éprouver leurs sentiments. La tâche de l’adulte, alors consciemment en retrait, consistera à garder une attention vive afin de vérifier que les règles ne débordent pas : de veiller à ce que tous les enfants soient consentants, qu’ils restent dans le symbolique du jeu… Jouer aide à grandir, à comprendre le monde, à créer, à apprivoiser ses peurs, à se construire…

Le rôle des adultes, des professionnels
Rappeler que maintenir la vie dans sa quotidienneté, le travail, l’apprentissage scolaire par exemple est une manière d’assurer une stabilité au développement des enfants. Il s’agit également de leur offrir un espace où ils peuvent se concentrer en étant protégés des préoccupations des adultes, des tensions familiales, de l’agitation si pas du chaos.

Quand nous sommes nous-mêmes trop envahis par le chaos, l’émotion, il est important de pouvoir s’ouvrir à un autre adulte, un collègue, un groupe d’amis… Ce sas permet souvent de prendre un peu de recul et d’éviter d’envahir les enfants avec nos propres peurs et angoisses.

Quand un sentiment d’impuissance nous gagne, il  peut également contaminer les enfants. Réaliser des actions très concrètes même à petite échelle permet de se sentir acteur dans la vie et dans la communauté humaine en nous reliant les uns aux autres. On peut se mobiliser par exemple en envoyant des dessins, des colis aux enfants qui arrivent dans nos pays, réaliser des chaines humaines qui symbolisent la paix …

Chacune de ces situations de guerre est l’occasion d’évoquer les traits de la vie : les mouvements de paix, les liens que l’on peut tisser les uns avec les autres. Et c’est là aussi l’occasion d’aborder des situations proches de la vie quotidienne de l’enfant : la violence au sein de la cour de récréation, les conséquences sur les amis,…

« Comment faire face à l’anxiété générée par la guerre en Ukraine » par PsyCom

Je relaie ci-dessous un article paru début mars sur le site « Santé Mentale Info PsyCom », et qui donne quelques indications utiles.

Original ici.

Accepter l’inquiétude, limiter son exposition à l’actualité et trouver le moyen d’agir à son échelle par rapport aux événements : autant de moyens qui peuvent nous prémunir contre l’angoisse.

La guerre en Ukraine, depuis l’entrée des troupes russes dans ce pays le 23 février, s’est imposée dans l’actualité. En France comme ailleurs dans le monde, beaucoup de personnes témoignent sur les réseaux sociaux ou auprès des journalistes de l’anxiété que ce conflit génèrent chez elles.

Peter_Lazar/AFP
  • Lire les témoignages réunis par Slate à propos des “montées d’angoisse” 
  • Lire les propos de patients rapportés par la psychanalyste Catherine Grangeard dans sa chronique sur le Huffington Post

Dans les jours qui ont suivi l’offensive russe, la plupart des médias ont interrogé des psychologues ou des psychiatres, sollicitant des conseils pour mieux faire face à l’anxiété. Une réactivité qui montre à quel point la santé mentale est  devenue, à la suite de la pandémie de Covid-19, une préoccupation à part entière.   

Les professionnels de la santé mentale rappellent, comme pour la pandémie, que ressentir de l’anxiété est une réaction adaptée au contexte. Passé la sidération ou l’incrédulité face aux premiers bombardements de l’Ukraine, un nouvel état émotionnel s’installe chez la plupart d’entre nous. Cette anxiété nous place en alerte, nous préparant à agir face à des dangers potentiels. Elle devient problématique si elle perturbe durablement notre quotidien. 

Il est utile de parler de ses inquiétudes avec ses proches et plus généralement, de “s’attarder sur ses sentiments”, selon la suggestion de la psychothérapeute britannique Lucy Beresford. “Il faut du courage pour rester dans le moment présent avec ses sentiments, car on peut avoir peur d’être submergé, affirme-t-elle au Huffigton post. Mais se murmurer à l’oreille le mantra ‘ça aussi ça va passer’ est très efficace.”

  • Lire ses conseils et ceux d’une psychologue réunis par le Huffington Post

On peut limiter l’exposition aux informations sur la guerre en Ukraine pour préserver sa santé mentale. Il ne s’agit pas de se couper de l’actualité, car on a besoin de comprendre ce qui se joue pour diminuer le niveau d’incertitude. Cependant, la vigilance est de mise avec les images, dont l’effet est plus marquant que les textes, et avec les chaînes d’information en continu, dont le principe même incite à rester devant l’écran. 

  • Lire l’article du Progrès ou celui de l’agence de presse Destination santé sur La Depêche du Midi
  • Vérifier les nouvelles trouvées sur les réseaux sociaux et mieux repérer la propagande des différents camps en consultant la rubrique Factuel de l’Agence France Presse ou la rubrique Vérification du quotidien Le Monde

Si on a des enfants, on peut trouver des mots adaptés à leur âge pour leur expliquer ce qui se passe. Il est utile de choisir un moment où l’on est parvenu à prendre un peu de recul, sans tenter de cacher ses émotions pour autant.

  • Lire l’entretien avec la pédopsychiatre Marie-Rose Moro sur La Croix
  • Lire sur Slate le point de vue d’une médecin généraliste américaine, Deborah Gilboa, interrogée par le quotidien britannique The Independant

Enfin, se montrer concerné et solidaire avec les victimes du conflit, agir à son échelle et défendre les valeurs auxquelles on croit sont des moyens efficaces de lutter contre le sentiment d’impuissance, un des moteurs de l’anxiété.  

  • Lire l’article de la radio télévision publique belge RTBF
  • Rejoindre une initiative près de chez soi, à partir de la carte établie par les radios publiques locales France Bleu