« Génération écrans, génération malade ? »

Un documentaire bien intéressant, qui ne démarre pas sur un parti pris du « pour » ou « contre », et qui apporte des éléments d’études récents bien riches. Si la porte d’entrée, comme souvent sur arte, reste le ‘scientifique’, nous rajouterons donc et pour compléter qu’une des bases du développement psycho-affectif reste, encore et toujours, l’interaction à de l’autre, humain. Bref… En tous cas, comme toujours, l’outil, lui est ; ce que nous choisissons d’en faire, c’est de notre ressort et liberté. Oui, oui.

Omniprésents dans le quotidien, les écrans représentent un défi inédit pour le cerveau, surtout chez les enfants et les adolescents. Faut-il en avoir peur ? Tour d’horizon des dernières découvertes scientifiques en la matière, avec le témoignages de spécialistes en neurosciences et addictologie, de médecins psychiatres comme Serge Tisseron, mais aussi de jeunes ados « gamers ». 

Avant d’avoir l’âge d’entrer à l’école, en Chine comme en Occident, un enfant passerait jusqu’à six heures par jour devant un écran. En consultation, les pédiatres remarquent chez les tout-petits exposés à la télévision, au smartphone ou encore à la tablette des troubles du comportement et de l’apprentissage tels une intolérance à la frustration et un rejet des limites, mais aussi un retard de langage. À l’adolescence, période clé pour le développement du cerveau, les pratiques numériques se multiplient avec l’utilisation massive des réseaux sociaux et des jeux vidéo. Outre la mécanique des applis qui stimulent notre circuit de la récompense pour nous rendre dépendants, les médecins dénoncent aussi l’augmentation de l’addiction aux jeux vidéo, une maladie reconnue depuis 2018 par l’Organisation mondiale de la santé. En Chine, un des pays les plus touchés par le phénomène, les parents sont nombreux à envoyer leurs enfants dans des centres de désintoxication spécialisés qui « soignent » à coups d’entraînements militaires et de séances de méditation cette « pathologie » assimilée à une déviance.

Défiance générale
Il faut en moyenne vingt ans de recherche scientifique pour démontrer l’effet d’un nouveau facteur sur le corps humain. Des éléments inquiétants commencent à apparaître, mais l’exposition aux écrans date d’environ dix ans chez les enfants et les adolescents. Les chercheurs multiplient cependant les études pour en comprendre les répercussions, comme cette expérience réalisée à l’hôpital des enfants de Seattle, qui met en évidence des troubles du comportement (impulsivité, difficultés de concentration) chez des souriceaux exposés intensément à des programmes animés. Mais en Californie, une étude suggère qu’à petites doses, les jeux vidéo permettraient d’améliorer les capacités cognitives. Dans le contexte de défiance générale face aux écrans, Raphaël Hitier dresse un panorama éclairant, et nuancé, des dernières avancées scientifiques, nourri de témoignages de spécialistes en neurosciences et addictologie, de médecins psychiatres comme le Français Serge Tisseron, mais aussi de jeunes ados gamers.

  • Réalisation : Raphaël Hitier
  • Pays : France
  • Année : 2020

ARTE : « Des bourreaux aux mains propres »

Un excellent documentaire sur l’être humain : la question de la violence, de la soumission, de la torture et de la démocratie.

Un documentaire d’Auberi Edler (France, 2019, 57mn), diffusé sur Arte le 26 nov 2019.

 » Système institutionnalisé. « On s’est habitué à l’idée qu’il serait moralement acceptable de ne reculer devant rien pour se sentir en sécurité », analyse Rebecca Gordon, professeure de philosophie à l’université de San Francisco. Du passé esclavagiste des États-Unis à l’usage, par d’anciens soldats devenus policiers, de techniques barbares à l’encontre des migrants hispaniques, ce documentaire, associant archives, éclairages de spécialistes et de témoins (historiens, avocats, anciens interrogateurs, victimes…), montre comment la torture s’est pernicieusement ancrée dans les mentalités américaines, au détriment des valeurs démocratiques.

Comment, au nom de la peur de l’ennemi communiste puis de la lutte contre le terrorisme, la culture de la torture s’est imposée aux États-Unis. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Américains, impressionnés par la capacité supposée des autorités soviétiques à extorquer des aveux fabriqués de toutes pièces lors de procès spectacles, s’intéressent au lavage de cerveau. Avec la complicité d’universitaires et de médecins sans scrupules, la CIA cherche alors à élaborer les techniques susceptibles de briser l’esprit humain sans laisser de traces physiques. Pendant que le psychiatre Ewen Cameron expérimente sur ses patients, à leur insu, un programme associant électrochocs, cure de sommeil ou privation sensorielle, le neurologue Harold Wolff et le neuropsychologue Donald Hebb définissent pour la CIA les deux principes fondateurs de la torture psychologique, codifiée en 1963 dans le « manuel d’interrogatoire Kubark » : la douleur auto-infligée, utilisée par le KGB, consistant à imposer à l’individu la station debout ou une position figée ; et la privation sensorielle, qui conduit rapidement à une déficience mentale grave. Les célèbres expériences de Milgram et de Zimbardo, qui ont montré l’influence du contexte dans le développement de comportements inhumains, et, plus tard, la série à succès 24 heures chrono inspireront elles aussi l’armée et les renseignements américains. De Guantánamo à Abou Ghraib, la guerre contre le terrorisme a ainsi mené à des dérives d’une cruauté indicible, dont seuls les exécutants directs ont eu à répondre devant la justice. « 

« Les fascias : les alliés cachés de notre organisme »

ARTE, 27/01/2018

Réalisé par : Kirsten Esch . Durée : 52min

Gros plan sur notre tissu fascial, qui entoure à la manière d’un bandage à la fois dense et irrégulier les éléments composant notre corps : nos organes, nos muscles, nos os.

Cet organe méconnu et vital suscite parmi les chercheurs en médecine un intérêt et un espoir croissants. De Harvard à Padoue en passant par Mannheim et Heidelberg, cette passionnante enquête résume ce que la science sait aujourd’hui de ce tissu conjonctif vital et ce qu’elle en espère. Cela fait plus de 30 ans que la fasciathérapie a fait son apparition en Occident parmi les médecines douces, mais jusqu’à récemment, c’est dans la discrétion que ses praticiens et patients exploraient un continent largement ignoré du grand public.

Depuis une dizaine d’années, le tissu fascial, qui entoure à la manière d’un bandage à la fois dense et irrégulier les éléments composant notre corps (nos organes, nos muscles, nos os), mobilise un nombre croissant de recherches. Encore largement mystérieux pour la science, ce gigantesque réseau de fibres blanchâtres, qui relie toutes ces parties et, surtout, leur permet de fonctionner ensemble, commence à dévoiler une partie de ses pouvoirs grâce aux études de plusieurs pionniers interrogés ici, anatomistes et médecins, notamment.

 

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