Campagne Nationale « Handicap Agir Tôt », 11 décembre à Brest

Dans le cadre de la Campagne Nationale « Handicap Agir Tôt » portée par l’ANECAMSP,

Le Centre d’Action Médico-Sociale Précoce des Papillons Blancs du Finistère & ses partenaires du territoire vous donnent rendez-vous pour une journée d’échanges :

Le Mercredi 11 Décembre 2019 de 9h00 à 17h00

à l’UBO de Brest – Faculté des Lettres et Sciences Humaines

Amphi Guilcher

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Participation sur inscription uniquement avant le 1er décembre 2019.

Journée Gratuite. Attestation de présence fournie sur demande.

Déjeuner libre à la charge des participants, salle disponible sur place.

Renseignements et inscriptions : hatfinistere@gmail.com

« Si par hasard tu croises la psychanalyse… fripon fais gaffe ! » par Paul Machto

Article original publié par Paul Machto le 31 oct 2019 ici.

Si par hasard tu croises la psychanalyse… fripon fais gaffe!

IMG_0687.JPGY-t-il un hasard dans le social, le politique ? Après le voile, le voile, le voile… re-voilà la psychanalyse, la psychanalyse, la psychanalyse. Une drôle (sic) de pétition vient d’être lancée accusant «la psychanalyse, d’exercice illégal de la médecine» et appelant à bouter cette sorcière hors des universités et des tribunaux ! Rien moins que ça..

Le hasard existe-t-il ?

Mais pour sûr, mon cher Watson !

Après « le poumon, le poumon le poumon, vous dis-je » de Molière, « le voile, le voile, le voile » de ces dernières semaines, re-voilà « la psychanalyse, la psychanalyse la psychanalyse » !

C’est par un drôle de hasard qu’une pétition a été lancée ces derniers jours, « La psychanalyse ou l’exercice illégal de la médecine ».

Pétition relayée par le Nouvel Obs, puis par le Figaro, de ce jour, 30 octobre, « Des psychiatres et des psychologues appellent à exclure la psychanalyse des tribunaux » avec en sous-titre : « 60 psychiatres et psychologues demandent que les partisans d’analyses d’inspiration freudienne soient écartés des expertises judiciaires.

Après les mères voilées qui doivent être exclues des sorties scolaires, voilà les partisans d’analyse d’inspiration freudienne qui doivent être écartés des expertises judiciaires. Ferais-je là un amalgame abusif ?

Donc padamalgame comme on dit au Rassemblement National, … mais je ne peux m’empêcher de percevoir dans les flux de l’information et des mouvements collectifs quelques échos et rapprochements illustrant le moment politique actuel qui constitue cette ambiance générale de rejet, de violence et d’exacerbation.

Mais juste un rappel : n’est-ce pas le Figaro qui avait déjà relayé l’appel au déremboursement de l’homéopathie de 124 professionnels de santé – essentiellement des chirurgiens et des médecins généralistes- ? … et qui ont finalement eu gain de cause !

Cette pétition appelle à l’exclusion de la psychanalyse :

  • de la psychiatrie,
  • de la psychologie,
  • de l’université,
  • des tribunaux.
  • de toutes les institutions.

Mais pour bien montrer que ses rédacteurs ne sont pas féroces, sectaires, et font preuve de grande mansuétude, paradoxalement ils précisent que « l’exercice de la psychanalyse à titre privé, pour des requêtes d’ordre existentiel ou philosophique, n’est pas critiquable ». On ne comprend plus très bien …

On pourrait s’interroger sur les auteurs véritables de cette attaque très idéologique, lorsque l’on découvre le site qui la promeut : https://www.justicesanspsychanalyse.com/ .Fort bien fait, ce site n’indique absolument rien des auteurs, pas de page d’accueil, aucune indication…et indique ce matin, 30 octobre 2019, que 647 professionnels de santé, professeur d’université, etc. ont signé ce texte !

Mais il faut le lire absolument dans son intégralité : il est hallucinant de bêtise, de volonté d’effrayer, d’accumulation de poncifs, de généralités, de contradiction, mêlant des propos de café du commerce avec une rhétorique cherchant à s’appuyer sur LA science, LES preuves et surtout LA protection des malades mentaux, … et des pauvres étudiants pris en otage par des gens qui « utilisent (leurs) diplômes de médecine et de psychologie pour diffuser à l’université un enseignement en violation avec la médecine » rien moins !

Ces étudiants et internes en médecine, nous dit-on « apprennent à contester le principe même de la démarche scientifique au motif que la science serait une croyance ». Ils reçoivent « un enseignement psychanalytique livré avec le mépris de la médecine (..) la défiance envers les politiques de santé » !

Ensuite ces pauvres et naïfs jeunes gens sans aucun esprit critique bien évidemment « sont ensuite attirés à l’extérieur pour y recevoir une formation obscurantiste où les pathologies sont réduites au complexe d’Œdipe ou à la mère pathogène (..) Nous estimons que ces étudiants sont placés en danger d’emprise sectaire ». Dommage, le Premier ministre vient de décider la suppression de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes)… Affreux, les psychanalystes vont pouvoir continuer à exercer leurs pouvoirs maléfiques si les pétitionnaires n’obtiennent pas gain de cause !!!

Je vous laisse le soin de continuer vous-même et découvrir ce fatras d’aberrations. Juste pour le plaisir… encore quelques extraits : ce texte s’appuie d’emblée sur le Code de la santé publique et…  « le code de déontologie des professionnels de la santé mentale »(sic) qui n’existe pas !!!

De même les auteurs

  • affirment qu’il existe une santé sexuelle ! L’ont-il rencontrée ??? on pourrait en douter !
  • refusent que soient instrumentalisées la psychiatrie et la psychologie (..) pour prêter des intentions sexuelles aux bébés, (..) affirmer que tout rapport sexuel serait du registre de la perversion et du rapport de force, (..), et déresponsabiliser les auteurs de violences sexuelles ! 

Ce texte serait risible s’il n’était pas dangereux dans les suites que certains parlementaires pourraient lui donner, mais aussi et surtout par ce qu’il peut propager de contre-vérités, de fausses informations avec la volonté évidente de faire peur !

On ne peut qu’être interrogatif sur les motivations qui poussent des professionnels à signer un tel texte… et aussi des journaux à donner de l’écho à une telle initiative.

Y aurait-il à argumenter point par point pour démonter cette initiative ? Je ne le pense pas tant les propos sont dénués de fondement. Les apports des théories psychanalytiques que ce soit dans la culture, dans la littérature … et les outils qu’elles procurent dans les pratiques soignantes qui s’y appuient encore – pourtant de moins en moins nombreuses il faut le rappeler – , sont reconnues depuis des décennies et sont sans cesse réinterrogées de façon critique et stimulante.

Ce qui est décrit laisse entendre que la quasi-totalité des universités, des services de psychiatrie, des experts auprès des tribunaux sont « sous la coupe » des psychanalystes. Pourtant il est notoire que ce sont les neuro-sciences, les thérapies comportementales, les traitements psychotropes, l’enfermement, l’isolement et les contentions qui sont désormais hégémoniques, et se sont banalisés comme l’attestent les rapports de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté !

Ne faudrait-il pas souligner la dimension politique sous-jacente à cette pétition qui vise à exclure « LA » psychanalyse, l’accuse d’exercice illégal de la médecine, dans ce moment politique et social si particulier depuis plusieurs semaines, sinon ces dernières années ?

C’est un discours sur la pureté de LA science au moment où la société française est envahie par un discours sur la pureté de l’identité, la défense de l’identité nationale, aux relents nauséabonds.

Car c’est au nom de la protection des enfants face au prosélytisme et au radicalisme, c’est au nom de la protection des citoyens contre le terrorisme, que des politiciens, le Président de la République, le ministre de l’éducation en tête, en viennent à stigmatiser les musulmans, les sénateurs LR à voter une loi excluante.

C’est au nom de la protection des étudiants « à l’esprit supposé malléable », de la protection des malades mentaux qu’il faut exclure LA psychanalyse, nous disent ces pétitionnaires.

Il semble que nous soyons dans un moment de stigmatisation, de ségrégation, d’exclusion tout azimut.

Avec cette intention d’exclure LA psychanalyse de l’Université, des enseignements, maintenant des tribunaux, de la psychiatrie, de la psychologie, des institutions de soins, publiques, privées, associatives, du médico-social sous couvert de LA science, de la médecine par les preuves ( Evidence Based Medecine –EBM), cet appel vise à empêcher la liberté de proposer des enseignements diversifiés, la liberté du choix des thérapeutiques, la diversité des approches théoriques, la pluralité des pratiques soignantes, le soutien à la multiplicité des thérapeutiques et des démarches soignantes, à la richesse du croisement des enseignements des sciences humaines, sociales et scientifiques, ce que l’on appelaient au temps des Lumières faire ses humanités.

Cette volonté, ce projet, cet appel à interdire LA psychanalyse ne date pas d’hier : déjà la Haute Autorité de Santé, sous la pression de certaines associations de parents, avait émis un avis – non obligatoire cependant grâce à la mobilisation des cliniciens – déclarant « non recommandé » l’apport de la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle dans les soins aux patients autistes. Un député LR, Daniel Fasquelle d’abord seul, puis avec le soutien d’un député PS Gwendal Rouillard, passé depuis chez LREM, était vent debout contre la psychanalyse pour l’autisme. Il avait été jusqu’à déposer un projet de loi pour interdire la psychanalyse dans les prises en charge de l’autisme qui fut cependant rejeté par l’Assemblée nationale en décembre 2016.

On ne doit pas laisser se développer cet acharnement récurrent contre « LA» psychanalyse, décrite comme une entité globale unique ! Il s’agit de dénoncer cette sorte de haine contre un mouvement qui vise d’abord à soutenir une pensée singulière et l’élaboration psychique, à explorer l’histoire individuelle, familiale, sociale, politique, collective, à trouver son propre cheminement pour se libérer de ses pesanteurs mémorielles et fantasmatiques, de ses souffrances accumulées. Mais aussi il ne faut pas oublier que ce mouvement psychanalytique, ces outils qu’il procure, aide à penser les soignants dans leurs pratiques, dans la confrontation complexe avec les folies individuelles, collectives et institutionnelles. Il s’agit de contre-vérités honteuses que de laisser croire que les pratiques référencées à la psychanalyse sont imposées dans les institutions soignantes et du médico-sociales. Si dans les années 70, le psychanalysme, comme l’a nommé Robert Castel, a sévi, ce temps est bien révolu.

Faudrait-il rappeler dans quels contextes politiques la psychanalyse a été violemment attaquée et interdite ? Ce fut d’abord au moment de la proclamation de la pureté de la race aryenne, la psychanalyse étant dénoncée en tant que « science juive », et ses livres brûlés dans les autodafés. Mais aussi, elle fut attaquée et dénoncée par le stalinisme et toutes les dictatures d’Amérique latine.

Il est révoltant de voir que ce sont les haines, les rejets, les ségrégations, les anathèmes qui ruissellent… Ce ne sont pas les richesses des « premiers de cordée » !

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Paul Machto

Psychanalyste – Psychiatre, Paris, France

SA BIOGRAPHIE

Né à Alger. En France depuis 1962. J’ai vécu mon adolescence à Bondy (93). Études de médecine à Cochin (Paris) -1968-1973- Interne des Hôpitaux Psychiatriques Région Parisienne . Co-fondateur du Syndicat de la Psychiatrie (1978), puis de l’Union Syndicale de la Psychiatrie (1986). Président de 1990 à 1993 de l’U.S.P.et de l’Association Pratiques de la Folie ( 1992-1993). Psychiatre des hôpitaux. Membre de la Fédération des Ateliers de Psychanalyse. Membre fondateur du Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire. Chroniqueur à Libération : « Psychiatrie en flagrants délires » en 1978-1979. Psychiatre et Psychanalyste en Seine Saint Denis depuis 1979.

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Vient de paraître « « Comment survivre à ses enfants ?, ce que la parentalité positive ne vous a pas dit », de Patrick Bensoussan

« Ras le bol de ces discours bienveillants, de cette parentalité positive qui vous fait croire qu’on peut tout gérer, tout le temps, sans conflits, sans soucis, dans l’harmonie et le bonheur !
Si au début, vous vous figuriez que votre enfant serait le plus beau du monde, le plus intelligent, le plus doué, le plus aimant…
vous allez devoir déchanter parce qu’aucun enfant ne vient au monde pour satisfaire les 75328755_3735305933161964_3778589953596850176_nrêves de ses parents, parce qu’aucune éducation n’est aisée, parce qu’être parent, parfois c’est galère, parfois c’est super mais c’est un vrai engagement, quotidien,
lourd, riche.
Vous serez ravis, émerveillés, mais aussi éreintés, démoralisés, perdus, contrariés, déprimés… N’écoutez pas ces nouveaux papes de la parentalité compréhensive qui vendent la méthode miracle pour élever les enfants dans la paix et l’harmonie. Il n’y a pas d’éducation « officielle », validée par la faculté et les neurosciences, pas plus par la psychanalyse d’ailleurs. Il y a juste cette assurance : vous allez survivre à ces moments, trop bons ou trop pénibles. Vous allez trouver par vous-même les moyens de tenir, de durer, de bien vivre, de bien faire. »

 

« Comment survivre à ses enfants ?, ce que la parentalité positive ne vous a pas dit »

de Patrick Bensoussan

chez Erès

Collection(s) : Mille et un bébés, n° 165. Du côté des parents

Paru le 24/10/2019 | Broché 235 pages

Tout public

Violences – Journées de la SFPE-At

ARGUMENT
La violence, les violence convoquent sur des plans très différents les pratiques cliniques, les dynamiques sociétales, le geste artistique et, partant, l’esthétique.
Violences agies, violences subies — en clinique, celles-ci sont omniprésentes et réparties selon différentes strates — physiques, verbales, psychiques… De la violence fondamentale à la violence du traumatisme, des crises clastiques aux passages à l’acte
hétéro- et auto-agressifs, des violences institutionnelles aux agirs destructeurs — les différentes formes de violence témoignent d’un profond malaise dans la civilisation.
Le corps social, l’actualité elle-même sont traversés de multiples manières par les
violences, affrontements, conflits qui sont autant d’échecs de la pensée, du lien et du
dire.
La pratique artistique, quant à elle, a partie liée avec la violence dans son geste,
son contenu ou encore dans sa réception même. Le choc esthétique que produit l’œuvre d’art — les toiles d’un Caravage, d’un Bacon — nous met aux prises avec
l’impensable, l’impensé de la violence.
Pour Rainer Maria Rilke, « Le beau n’est que le commencement du terrible […] » et
André Breton de dire que « la beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas ». Comment l’œuvre fait-elle bord à la violence ?
Quelles représentations en fournit-elle ?
Quelle frontière trace-t-elle entre le sublime et l’horreur ?
C’est à ces différentes questions — cliniques, sociétales, artistiques, thérapeutiques — que nous tenterons de répondre en mettant à l’étude, lors des interventions, ateliers, intermèdes artistiques, les figures de la violence, des violences, et le travail de la civilisation à leur égard.

DATES 6-8/12/2019
LIEU : PARIS, ESPACE ARARAT – 11, rue Martin Bernard 75013 Paris

 

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Parentel : Séminaire de formation à la clinique transculturelle avec Amalini Simon

Amalini Simon est psychologue clinicienne et secrétaire de l’Association Internationale 9863883-15956203-3d’EthnoPsychanalyse.Psychologue à plein temps entre le service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital Avicenne et de la Maison de Solenn Maison des adolescents de l’hôpital Cochin. Elle coordonne les demandes transculturelles entre l’hôpital Avicenne et l’hôpital Cochin. Coordinatrice pédagogique au DU de psychiatrie et compétences transculturelles. Elle accueille les étudiants, les guide et  veille au bon fonctionnement du DU. Intervient dans les formations et dans les médiations dans le cadre du Centre BABEL.

« Zao. Le stade du masque » par Tobie Nathan

Paru dans Philosophie Magazine de novembre 2019, original ici.

Vous rêvez d’incarner Leonardo DiCaprio dans Titanic ? Grâce à cette application qui permet de remplacer facilement et rapidement son visage par un autre sur une vidéo, c’est possible. De quoi bluffer Lacan et dissoudre ce qui s’appelait encore il y a peu l’identité personnelle.

Naguère, en psychanalyse, on parlait du « stade du miroir », concept élaboré par Jacques Lacan en 1936. Lorsque l’enfant découvre son reflet dans la glace, à l’âge de 6 mois, prétendait-on, il n’y attache pas plus d’importance que ça ; jusqu’à 1 an, il traite l’image comme s’il s’agissait d’un autre enfant avec lequel il rit ou échange ; mais à 18 mois, il jubile en se reconnaissant enfin. Quelques esprits grincheux avaient posé la question, naïve : « Mais comment donc l’enfant prend-il conscience de son “je” dans des milieux dépourvus de miroirs ? » Et on répondait à ces béotiens que le regard de l’autre accompagné d’une parole en faisait office. Comme s’il était trivial de s’interroger sur de vulgaires objets concrets.

Tout cela, c’était avant ! Avant l’invention du smartphone. Aujourd’hui, chaque bébé est filmé plusieurs fois par jour, constamment mis en présence de son image, et cela dès sa naissance. On le filme, on lui montre, on le filme regardant les images le représentant, on rit, il rit… Après le stade du miroir est arrivé celui du minuscule écran de smartphone, à mon avis bien plus précoce. 

Et puis les choses ont encore évolué. Tout s’est passé si vite… Dès 2015, le deep learning (« apprentissage profond ») avait permis aux ordinateurs de reconnaître des visages – performance que l’on pensait réservée aux cerveaux très évolués des singes supérieurs et des humains. En toute logique, il y eut l’application russe FaceApp, qui ne se contentait pas de les reconnaître mais savait aussi les modifier, intervertir leur sexe, vieillir les personnes. Et susciter cette même jubilation, celle du bébé de Lacan devant son propre visage, cette fois métamorphosé, prématurément vieilli…

En 2017 est apparu la technique dite de deepfake (« faux profond »), qui permet d’incruster, souvent grossièrement, des visages dans une vidéo. On vit alors Gal Gadot, vedette du film Wonder Woman (réalisé par Patty Jenkins) sorti cette même année, se déshabiller pour s’offrir à un patron dans une vidéo porno qu’elle n’avait jamais tournée. D’autres la suivirent dans de faux clips viraux : Jessica Chastain, Emma Watson, Natalie Portman…

Ce n’étaient là que prémices. La véritable révolution s’est produite en cette fin d’été, le 30 août dernier, lorsque la firme chinoise Momo, habituellement spécialisée dans les messageries en ligne, a proposé sur une plate-forme d’achat en ligne l’appli Zao qui permet de remplacer un visage par un autre – au hasard celui de l’utilisateur – dans une vidéo. L’appli vous propose de fournir une série d’images de vous, puis, en l’espace de huit secondes, de devenir Leonardo DiCaprio dans Titanic ou Jon Snow dans Game of Thrones. Cette innovation a déclenché un engouement rarement observé. L’application a été téléchargée des millions de fois. On connaissait déjà, nous l’avons vu, le deepfake, mais une métamorphose produite à une telle vitesse, avec une telle facilité et avec un tel réalisme, ça, on ne l’avait jamais vu !

Aussitôt, les inquiétudes ont surgi – que fera Momo des dizaines de millions de visages qu’elle aura ainsi récoltées ? –, suivies d’une angoisse politique : on pourra désormais, et très facilement, produire de fausses vidéos d’hommes politiques, les présenter comme des vraies, manipuler l’opinion, par exemple à la veille d’une élection…

Mais, à mon sens, la plus importante manipulation de l’appli Zao, c’est de jouer sur l’identification au héros (qui ne rêve d’être Leonardo DiCaprio ?) pour désintégrer l’identité personnelle, désormais factice, provisoire, manipulable par autrui. Le stade du Zao a diablement complexifié le stade du miroir. Désormais, il ne s’agit plus de se reconnaître mais de se méconnaître.   » par Tobie Nathan

Pour aller plus loin

Jacques Lacan,« Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je, telle qu’elle nous est révélée, dans l’expérience psychanalytique », in Écrits (1949 ; Seuil, 1966, pp. 93-100).

« Le développement du psychothérapeute: ses modalités, ses effets, son impact » avec Gilles Delisle, Ph.D. à Paris

original : CIG (Centre d’Intégration Gestaltiste)

Le développement du psychothérapeute : ses modalités, ses effets, son impact

avec Gilles Delisle, Ph.D.

30 avril et 1er mai 2020 à PARIS

Témoin » Confronté à une panoplie sans cesse croissante de traitements plus ou moins probants, promus par ce que Silbershatz (2013) a appelé l’Evidence-based marketing, le psychothérapeute est en droit de se demander la part qui lui revient dans le succès ou l’insuccès de ses interventions.  Or, qu’ils soient soutenus empiriquement ou non, qu’ils soient manualisés ou non, qu’ils s’enracinent plus ou moins dans les meilleures pratiques, tous les traitement psychothérapeutiques sont, pourrait-on dire, « administrés par voie relationnelle ».  Selon le diagnostic, le contexte de soins, le type de traitement et les ressources du client, la relation thérapeutique jouera un rôle plus ou moins décisif dans le succès ou l’insuccès de la démarche.  Le psychothérapeute conscient de ses propres caractéristiques mises en jeu dans l’intervention sera mieux à même d’adopter les attitudes et les conduites les plus aptes à maximiser son impact.  Au fur et à mesure de son développement et de sa maturation, à diverses étapes de sa vie professionnelle, il saura mieux cibler ses zones d’excellence et veiller sur ce qui, dans sa propre personne, peut affaiblir ou maximiser son impact.

Cette activité de perfectionnement clinique souhaite outiller sa réflexion et l’aider à baliser optimalement son développement futur en s’inspirant des recherches les plus rigoureuses et des meilleures pratiques, y inclus celles du formateur qui a consacré l’essentiel de quatre décennies à la formation des psychothérapeutes.

  • La contribution du psychothérapeute au succès de la thérapie :  état de la recherche
  • Caractéristiques personnelles et efficacité professionnelle :  convergence et divergence des trajectoires
  • L’identité personnelle et les affinités théoriques :  évolutions parallèles et évolutions croisées
  • Les pratiques difficiles ou désengagées :  leurs causes et leur évolution
  • Les activités de formation et leur impact sur le développement du psychothérapeute :  mythes et réalités
  • Les phases de maturation du psychothérapeute :  implications pour le pairage thérapeute-client
  • La pratique réfléchie et le développement auto-géré : pistes et outils

Responsable de l’activité : Gilles Delisle, Ph.D.  »