Soutien à la parentalité

Difficile d’être parent, encore plus dans notre environnement sociétal où les repères se diluent et se multiplient. J’ai été touchée par l’appel d’un parent qui cherchait un espace pour son (très) jeune enfant de 18 mois. Motif : l’enfant a du mal à se séparer, or la reprise de l’activité professionnelle et la mise en place d’une garde chez une assistante maternelle s’annonce sous peu et rend la situation plus urgente. Sur les conseils d’un professionnel, les parents se sont mis à la recherche d’un accompagnement psychologique pour leur enfant de 18 mois. Lorsque j’ai suggéré au parent que peut-être de leur côté la séparation à venir pouvait être douloureuse, le parent a été surpris n’ayant peut-être pas vu la question sous cet angle. Pour ma part j’ai à coeur de soutenir d’abord les parents dans leur fonctions de mère et de père. L’article ci-dessous parle peut-être à certains d’entre vous. Ne restez pas seuls, appelez pour que nous nous posions et en parlions dans un espace secure et calme, offrez-vous un temps d’écoute, de réflexion et de prise de recul pour vous.

Article paru le 10 février 2024 dans Huffington Post, original ici.

« J’ai élevé mon fils avec la parentalité positive et je culpabilise de ce qu’il impose aux autres »

Quand Joris* est devenu père, il s’est appuyé sur des méthodes de parentalité positive pour éduquer son fils. Aujourd’hui « un peu au bout du rouleau », voici ce qu’il aurait aimé qu’on lui dise avant de se lancer.

TÉMOIGNAGE – Avant que ma femme ne tombe enceinte de notre premier enfant, je ne m’étais jamais posé de questions sur les différentes méthodes d’éducation. Petit à petit, entre les recommandations de livres et les recherches sur internet, j’ai découvert le vaste monde des conseils en parentalité.

Dans l’ensemble, les enseignements soulignaient l’importance d’accompagner le développement de son enfant en fonction de ses besoins et de l’éduquer sans violence, ce à quoi nous avons évidemment adhéré. La plupart des contenus qui nous semblaient pertinents se réclamaient de l’éducation positive.

L’envers du décor de la parentalité positive

Certains conseils étaient très précis (le fameux « il ne faut pas dire non », l’utilisation d’un timer…), d’autres étaient un peu plus vagues. Ce qui ne correspondait pas à cette méthode éducative était presque toujours présenté comme violent, inefficace ou inadapté au regard des nouvelles connaissances scientifiques.

Au gré des « techniques » de parentalité piochées sur les réseaux sociaux, la parentalité positive est devenue notre mode d’éducation principal presque sans le vouloir. Avec ses qualités, mais aussi ses écueils, dont j’aurais aimé qu’on me parle plus tôt. Aujourd’hui, mon fils aîné a 4 ans et demi et je voudrais parler de l’envers du décor. De tout ce que l’éducation positive peut avoir de négatif et culpabilisant, et dresser un bilan de ma vie de parent un peu au bout du rouleau.

Car ce qu’on ne dit pas, c’est qu’en fonction de chaque enfant, les choses peuvent se passer très différemment. Pour ma compagne et moi, cela se traduit par une gymnastique incessante et des circonvolutions permanentes pour offrir à notre enfant aîné un cadre sécurisant, tout en cherchant constamment à obtenir son accord. Et la culpabilité terrible de se dire que, si nous ne sommes pas assez patients, notre enfant subira les effets de notre incompétence maltraitante pour le reste de sa vie.

Que fait-on quand ça ne marche pas ?

Si l’idée d’éduquer nos enfants sans violence nous a semblé évidente, nous avons découvert que la définition de la violence n’est pas la même pour tout le monde. Isoler son enfant dans sa chambre ou le manipuler physiquement sans faire de mal (lui mettre ses chaussures ou lui brosser les dents même s’il n’est pas d’accord, par exemple) sont des choses qu’on nous a présentées comme dangereuses, auxquelles il faudrait privilégier le fait de « demander et expliquer ». Mais les livres, podcasts et autres posts Instagram n’envisagent jamais l’option dans laquelle « demander et expliquer » ne fonctionne pas – au point que j’ai longtemps cru que j’étais le seul à galérer avec des activités aussi triviales.

D’un côté, on occulte les fois où ces méthodes ne marchent pas en donnant l’impression que si elles ratent, c’est nous qui ratons, de l’autre, on met l’emphase sur la « violence » des autres manières de faire. Le résultat, c’est une vraie détresse et l’impression qu’il n’y a aucune solution qui fonctionne.

Et en ça, l’éducation positive ne m’a vraiment pas aidé. « Ton enfant ne veut pas rentrer de l’école à vélo ? Mais c’est facile voyons, fais des bruits de chevaux et prétend que vous chevauchez une licorne. Tous les enfants aiment les licornes !  » Et toi, après avoir écouté ton podcast, tu te retrouves sous la pluie, tu tentes la licorne et ton gamin s’en cogne, il ne veut pas monter sur le vélo, il ne mettra pas son casque, il est déjà en train d’enlever ses chaussures, t’as un deuxième enfant à aller chercher et tu ne peux pas être encore en retard chez la nounou cette semaine. La « technique infaillible » ne marche pas. Je ne peux pas saucissonner mon gosse au vélo, c’est maltraitant. Je peux pas lui crier dessus, c’est violent aussi. Il ne reste que des mauvaises solutions (abandonner le vélo, le prendre sur l’épaule et courir jusque chez la nounou).

Un enfant aux besoins spécifiques

Avec toutes ces méthodes, nous avons sans nous rendre compte mis en place des « suradaptations » autour de notre enfant, qui font qu’il nécessite aujourd’hui un mode d’emploi de quatre pages en diplomatie et négociations. Avant l’école et les premières activités extrascolaires, je croyais que tous les enfants étaient comme mon fils, un peu dans leur bulle et difficiles à canaliser.

La première fois que je l’ai emmené à l’escalade et que j’ai vu le prof demander à tous les gosses de s’asseoir pour l’écouter, je me suis dit « il est marrant, il croit qu’ils vont tous arrêter de bouger et se concentrer ». Surprise : ils l’ont tous fait, sauf le mien, qui était concentré sur son petit monde. À la maison, quand ça arrive, on a une méthode. On se rapproche, on se met à son niveau, on demande son attention avec des termes clairs. Mais le prof d’escalade ne peut pas faire ça avec chaque enfant. D’ailleurs, est-ce qu’il devrait avoir à le faire ?

Même chose à l’école, face à une maîtresse qui m’explique, dépitée, que mon fils n’en fait qu’à sa tête et n’écoute rien. Je ne suis pas fier de lui déposer un fardeau tous les matins, et je sens bien qu’elle aimerait que je « resserre la vis » à la maison, que je fasse un truc. Je n’ai pas une éducation permissive, on discute, on explique. Lui crier dessus ? Parfois, ça arrive quand je ne réussis pas à faire mieux. Ça marche, il est puni, il pleure, tout le monde est contrarié. Et d’après Instagram, j’en fais un anxieux qui finira sa vie sous anxiolytiques, incapable de trouver le bonheur.

Aucun autre adulte n’a autant de patience que nous

Aucun des adultes autour de mon enfant n’apprécie vraiment de s’occuper de lui.Ma mère tient le coup, mais je crois que c’est la seule personne qui choisit de passer du temps avec lui. Et me voilà comme un con, avec un constat : mon fils aîné, que j’aime énormément, est un boulet pour les gens qui s’occupent de lui. Si je m’étais permis d’être un peu plus strict parfois, peut-être que je lui aurais évité de subir bien pire de la part des adultes qui perdent patience aujourd’hui.

Je culpabilise tout le temps. Pour les autres adultes, qui perdent de l’énergie à gérer mon enfant qui en demande plus que les autres. Pour les autres enfants, dont les encadrants sont en partie accaparés par mon fils. Pour mon fils lui-même, parce que les adultes ne répondent pas à ses attentes – qui sont difficiles à tenir – et parce que celles et ceux qui s’occupent de lui deviennent désagréables quand ils perdent patience.

Je culpabilise en me disant que s’il est comme ça, c’est parce que j’ai mal compris des choses de cette fameuse parentalité positive et que je n’arrive toujours pas à rectifier le tir. Et enfin, il y a la culpabilité quand je craque et que je n’arrive plus à appliquer ces principes de bienveillance, et que je pense à toutes les conséquences terribles qui attendent mon fils à cause de moi.

Il n’y a pas de solution magique pour tous

Avec le recul, je me rends bien compte que ça ne pouvait pas fonctionner comme ça. On m’a dit « pour que toi et ton enfant soyez parfaitement heureux, tu as juste à acheter ce livre ». Et quand ça n’a pas marché, je me suis dit « il faut un autre livre », ou bien « j’ai dû mal comprendre ». Aujourd’hui, ça me fait l’effet d’une arnaque grossière.

Quand j’ai vu mon deuxième fils grandir avec bien plus de facilité,j’ai découvert qu’il y avait une part du caractère de nos enfants sur laquelle nous n’avions aucune emprise. En fait, il n’y a pas de solution magique pour tous et quand on sort un peu la tête de l’eau, ça paraît évident. En échangeant avec d’autres parents, j’ai appris que je n’étais pas le seul à en baver, à me poser des questions, à m’inquiéter…

Mais pour éviter bien du stress et de la culpabilité, j’aurais bien aimé lire des avertissements à ce sujet. D’abord, il y a des enfants plus difficiles que d’autres, c’est comme ça. Et ensuite, se lancer dans une démarche d’éducation positive, c’est super. Mais il ne faut pas croire que tous les adultes et tous les enfants pourront tout le temps tout gérer de cette manière. Parfois, ça ne marchera pas et ce n’est pas si grave.

« Tissons les liens » : portes ouvertes au Pôle Santé Universitaire de Lanmeur

Nous sommes tous « parent de, enfant de, frère, sœur, tante, nièce, parrain, oncle, neveu, cousin, grands-parents » … : la parentalité nous concerne et nous touche tous.

Or, familles, parents, enfants, personnes âgées…, nous retrouvons parfois isolés.

Face à ce constat, le Pôle Santé Universitaire (PSU) de Lanmeur, l’association Parentel, l’association Luska et l’Ulamir-CPIE vous proposent une après-midi de rencontres ouverte à toutes et à tous.

Vous êtes bienvenus aux portes ouvertes « Parentalité » le samedi 1er avril de 14h à 17h au RdC du PSU.

Accueil tout l’après-midi – Ateliers gratuits à 14h, 15h et 16h : sieste musicale, alimentation, jeux – Entrée libre.

vient de paraître « Blessures de mères » par Paula Thorès Riand

 

Dernière de couverture :  » Ce livre est un témoignage.

Il est écrit par une mère qui a connu, enfant, la « maltraitance ordinaire » et raconte comment elle s’est confrontée aux fantômes du passé lorsqu’elle est devenue mère à son tour.

Sans fard, elle révèle les combats menés pour devenir une « meilleure maman ».

Mise en page 1Également psychologue, Paula Thorès Riand accompagne des parents qui, comme elle, veulent du bien à leurs enfants, mais n’y arrivent pas toujours, tant ce rôle de père ou de mère peut s’avérer difficile.

Ce livre, fondé sur un double regard, celui de mère et celui de psychologue, propose une perspective originale sur les relations mère-fille et l’éducation reçue. Il donne de précieuses clés pour ne pas reproduire la maltraitance.

Un témoignage courageux, qui montre, à partir d’un itinéraire singulier, comment il est possible de ne pas transmettre les blessures de l’enfance.

Paula Thorès Riand est psychologue clinicienne et mère de deux enfants. Exerçant la psychothérapie en libéral depuis de nombreuses années, elle accompagne des hommes, des femmes, sur les enjeux de la parentalité. » (éditions Odile Jacob, 6 novembre 2019, 304 pages).

 

 

Vient de paraître « « Comment survivre à ses enfants ?, ce que la parentalité positive ne vous a pas dit », de Patrick Bensoussan

« Ras le bol de ces discours bienveillants, de cette parentalité positive qui vous fait croire qu’on peut tout gérer, tout le temps, sans conflits, sans soucis, dans l’harmonie et le bonheur !
Si au début, vous vous figuriez que votre enfant serait le plus beau du monde, le plus intelligent, le plus doué, le plus aimant…
vous allez devoir déchanter parce qu’aucun enfant ne vient au monde pour satisfaire les 75328755_3735305933161964_3778589953596850176_nrêves de ses parents, parce qu’aucune éducation n’est aisée, parce qu’être parent, parfois c’est galère, parfois c’est super mais c’est un vrai engagement, quotidien,
lourd, riche.
Vous serez ravis, émerveillés, mais aussi éreintés, démoralisés, perdus, contrariés, déprimés… N’écoutez pas ces nouveaux papes de la parentalité compréhensive qui vendent la méthode miracle pour élever les enfants dans la paix et l’harmonie. Il n’y a pas d’éducation « officielle », validée par la faculté et les neurosciences, pas plus par la psychanalyse d’ailleurs. Il y a juste cette assurance : vous allez survivre à ces moments, trop bons ou trop pénibles. Vous allez trouver par vous-même les moyens de tenir, de durer, de bien vivre, de bien faire. »

 

« Comment survivre à ses enfants ?, ce que la parentalité positive ne vous a pas dit »

de Patrick Bensoussan

chez Erès

Collection(s) : Mille et un bébés, n° 165. Du côté des parents

Paru le 24/10/2019 | Broché 235 pages

Tout public

Entretien : « “Aujourd’hui, le manque d’éveil culturel et artistique des tout-petits est un fléau sanitaire”

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Entretien avec Sophia Marinopoulos, par Julia Vergely, publié le 23/06/2019 in Telerama.

 » “Malnutrition culturelle”. L’expression est lancée par la psychanalyste Sophie Marinopoulos dans un rapport sur les enfants et les écrans, remis le 4 juin au ministre de la Culture. Dans cette société où tout s’accélère, elle pointe les dangers du manque d’attention et d’accompagnement des parents dans l’éveil des touts-petits.

Rencontre.

 

Les enfants sont-ils en bonne santé culturelle ? Non, et c’est un fléau sanitaire, répond la psychanalyste Sophie Marinopoulos dans un rapport remis le 4 juin dernier au ministre de la Culture, Franck Riester. La spécialiste de l’enfance croise nombre de parents et d’enfants en difficulté dans les lieux de parole gratuits et sans rendez-vous qu’elle a créés, appelés Les Pâtes au beurre, où les familles sont écoutées et aidées. Elle en appelle à « une stratégie nationale pour la santé culturelle » et veut « promouvoir et pérenniser l’éveil culturel et artistique de l’enfant de la naissance à 3 ans dans le lien à son parent ».

 

Dans votre rapport, vous parlez à plusieurs reprises de « malnutrition culturelle ». De quoi s’agit-il ?

La santé culturelle, c’est la santé de nos relations, de nos liens. Et donc la malnutrition culturelle est tout ce qui vient empêcher la relation. Aujourd’hui, à la vitesse à laquelle on vit, la temporalité de nos relations et de ce que nous partageons ne fait pas du tout bon ménage avec la temporalité de l’enfance. C’est ce que j’appelle une « culture entravante ». La modernité nous impose une performance et une efficacité immédiates. Alors on attend d’un enfant quelque chose qui n’est pas possible pour lui : un enfant doit faire des expériences répétées et, évidemment, passer par l’échec. Il me semble qu’on est de plus en plus pris dans une espèce de mouvement qui oublie l’enfant et ses besoins. On veut des enfants mais sans l’enfance : qu’ils ne fassent pas de bruit, qu’ils ne bougent pas trop (dans un train par exemple), qu’ils ne nous mettent pas en situation difficile en ne répondant pas immédiatement à nos demandes. On parle beaucoup de la frustration des enfants mais pas de celle des adultes !

Je ne suis pas opposée aux écrans, nous sommes une génération « écrans », en revanche, l’utilisation de l’écran comme évitement de la relation, cela pose problème. On voit beaucoup de parents qui collent un téléphone ou une tablette entre les mains des enfants pour qu’ils ne fassent pas de bruit, pour qu’ils ne nous dérangent pas. Ils sont complètement hypnotisés. Et donc ni eux ni nous, adultes, ne sommes confrontés à la relation. On parle d’enfants instables, mais moi je questionne une société d’adultes où des enfants doivent trouver des tas de stratégies pour avoir notre attention, susciter notre parole à leur encontre. Les adultes sont constamment sur leur portable, si nous sommes bien là physiquement, nous ne sommes pas là psychiquement.

C’est tout cela la malnutrition culturelle : un ensemble de comportements que nous avons aujourd’hui et qui entrave la qualité du lien parent-enfant et in fine du lien social. Pour moi, il s’agit d’un nouveau défi sanitaire.

Quels en sont les effets ?

Les enfants ont un rapport au langage problématique, avec une grande perte de la qualité de l’expression. Les parents entravent, à leur insu, cet accès au langage. Et on sait bien que quand on n’a pas les mots, on tape. C’est comme ça qu’arrive la violence. Les enfants sont en difficulté dans la gestion de leurs émotions et sont relativement impatients, toujours dans la quête de la relation.

Nos enfants s’affaiblissent intérieurement. Globalement, ils sont en bonne santé : on a fait des efforts énormes concernant la nutrition, la prévention, etc. Mais, paradoxalement, dans leur vie interne, dans cette santé psychique, relationnelle, culturelle, ils s’appauvrissent et sont en moins bonne santé. Et c’est valable aussi pour nous, les adultes. Nous sommes en moins bonne santé : plus anxieux, plus vite dépressifs, plus vite découragés, nous savons moins nous exprimer, moins nous défendre par les mots.

Aujourd’hui, quand on parle de santé de l’enfant, on pense à quoi ? On va le peser, le mesurer, mais on ne prend pas du tout en compte la dimension globale de son développement. Il y a des fléaux sanitaires propres à chaque siècle, ce ne sont jamais les mêmes. Avant, cela concernait les corps, aujourd’hui, notre fléau, le manque d’éveil culturel et artistique des tout-petits, s’attaque au psychisme, et je ne vois pas pourquoi on l’ignorerait.

“La société doit soutenir les parents dans leur parentalité.”

 

Qu’est-ce qui peut remédier à cette situation ?

La culture. Il faut préconiser une politique culturelle pour les tout-petits et valoriser l’éveil culturel, c’est-à-dire tout ce qui peut nourrir l’enfant à partir des approches artistiques. Cela se fait déjà, mais il est important de le préconiser et de le promouvoir pour que nous en fassions véritablement un critère de santé. Si le ministère de la Culture et le ministère de la Santé s’associent, il y aura de vrais programmes de santé culturelle qui pourront initier de l’éveil partout, et ainsi le démocratiser. On parle beaucoup d’éducation, mais l’éveil vient en premier lieu, il concerne les enfants de la naissance à l’âge de 3 ans.

Il doit s’agir d’une politique et d’une stratégie nationales d’éveil culturel et artistique, défendues dans tous les lieux qui accueillent des tout-petits : les crèches, les PMI (protection maternelle et infantile), les musées… Nous devons réussir à allier les professionnels de l’enfance aux artistes, repenser leurs formations de manière à ce qu’ils puissent conjointement approcher nos tout-petits et participer à leur éveil. C’est cette politique d’attention qui protégera le lien parents-enfants. Faire d’un enfant le sujet de notre attention lui permet de naître à l’altérité.

Selon vous, la responsabilité ne peut être uniquement parentale ?

Cela relève de la responsabilité de la société. La société doit soutenir les parents dans leur parentalité. Les parents d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier, ils ne vivent pas dans le même environnement sociétal. Nos parents ne couraient pas comme nous courons. Notre modernité a des avantages et des inconvénients, soyons courageux. J’en appelle à une société d’adultes courageux qui regardent les points de fragilisation dans la croissance de nos enfants. Ayons le courage d’agir pour qu’ils ne soient pas entravés dans leur croissance.

Quelles sont alors vos préconisations ?

J’aimerais d’abord qu’on repense le carnet de santé et qu’on y intègre cette notion de santé culturelle. Que le pédiatre ou le généraliste ne s’intéressent pas seulement au poids, à la taille ou au périmètre crânien d’un enfant. Nous sommes dans du chiffrable et nous ne nous intéressons pas du tout à l’invisible, à la vie affective et émotionnelle. Il faut des programmes de soutien à la parentalité de qualité et, surtout, associer la culture aux PMI. Je vois beaucoup de parents en grande difficulté sociale : leur donner des couches et du lait est essentiel, mais cela ne suffit pas. Les PMI doivent ajouter à leurs intentions cette dimension culturelle, regarder l’appétence d’un enfant à écouter, à s’engager dans le langage, sa curiosité, sa manière de se mouvoir, d’écouter de la musique, de s’intéresser aux livres… Tout cela fait partie du développement de l’enfant. « 

 

InfoLettre PARENTEL avril 2018

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Parentel : 12e congrès national les 21 et 22 juin à Brest

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Avec Paul-André DARAS, Charles DI, Philippe GABERAN, Roland GORI, Emmanuel GRATTON, Lyasmine KESSACI, Françoise LABRIDY, Jean-Pierre LEBRUN, Gérard NEYRAND, José POLARD, Jean-Claude QUENTEL, Camilo RAMIREZ, Régine SCELLES et Catherine SELLENET.

Retrouvez programme détaillé et bulletin d’inscription en ligne