L’individu ingouvernable par Roland Gori

Le Monde Diplomatique, Avril 2016.

Initiateur du mouvement L’Appel des appels, le psychanalyste Roland Gori revient à la crise du libéralisme qui a vu naître la psychanalyse, à la fin du XIXe siècle, afin d’y puiser de quoi imaginer un avenir qui échappe à la répétition de l’histoire. Objectif : contrer le retour des totalitarismes, lesquels prendraient aujourd’hui les formes du « technofascisme », de la « tyrannie d’une normalisation généralisée » et des « théofascismes ». Selon lui, le conflit entre l’aliénation et la liberté est lié à un gori-44440.jpgnéolibéralisme qui soumet le sujet sans répondre à son double besoin d’autonomie et de reconnaissance. Cette réflexion érudite, ouvrant quantité de pistes, laisse en suspens la tension entre individu et collectif, mais se révèle fertile. Dans cette riposte à ceux qui annoncent la chute de la psychanalyse ou célèbrent la fin des utopies, Gori développe les passerelles entre psychanalyse, politique et art. Apparaît l’idée selon laquelle l’artiste serait « l’individu ingouvernable » par excellence : l’art, qui « ne supporte pas le conformisme », l’obligerait à refuser de « s’adapter » — première abdication — et à créer sa propre vie.

Ingrid Merckx

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