» La tendance actuelle à mettre en lumière l’aspect scientifique de la psychothérapie accroît sa crédibilité. Mais elle contribue malheureusement à l’édification d’un mythe. Ce mythe, c’est celui du psychothérapeute relativement aseptisé dispensant un traitement neutralisé à un patient réceptif. En même temps que la psychothérapie se justifiait sur le plan scientifique, qu’elle s’encadrait sur le plan juridique et qu’elle militait sur le plan politique pour l’accessibilité aux traitements psychothérapeutique, elle s’éloignait peut-être un peu de ce qui reste l’essence de l’acte : la rencontre inter-subjective, l’intimité, la prise de risques.
De ce fait, nous risquons de ne plus vraiment prendre acte du fait que les psychothérapeutes sont des êtres non dénués de vulnérabilité, qui luttent quotidiennement avec les souffrances d’autrui, parfois alors même qu’ils sont aux prises avec les leurs. À l’époque où la psychanalyse était encore le paradigme dominant dans le domaine de la santé mentale, au point de nourrir toutes les caricatures de notre métier, les analystes en formation étaient tenus de vivre eux-mêmes l’analyse.
Le CIG forme des psychothérapeutes depuis plus de 30 ans à travers une démarche intégrée qui vise le développement optimal de 3 axes de compétence imbriquées les une aux autres : le réflexif, l’affectif, l’interactif. Au fil de ces décennies, nous avons eu le privilège d’accompagner des psychothérapeutes de diverses professions, de sensibilités variées, ayant tous à composer avec leurs propres zones de vulnérabilité. C’est dire que nous avons été les témoins de parcours souvent admirables où des professionnels accomplis nous ont fait l’honneur de leur confiance et nous a permis de comprendre par quels chemins et à quel prix la singularité du thérapeute, sa « magnifique imperfection » peut se transformer en outil de résonance et de guérison.
Cela fait déjà un bon moment que nous rassemblons nos observations et les données de recherche disponibles sur ces questions. Le temps est maintenant venu de les systématiser. En voici quelques thèmes:
1) Profils de personnalité et trajectoires développementales des psychothérapeutes : implications pour le processus thérapeutique
2) L’activation des enjeux personnels du psychothérapeute : résonance empathique ou impasse thérapeutique
3) La psychothérapie du psychothérapeute : thèmes thérapeutiques, développements et évitements
4) Psychothérapie personnelle et efficacité professionnelle : effets réciproques positifs et négatifs
5) Révélation de soi et transparence : effets sur le thérapeute et sur le client
6) Le cerveau du psychothérapeute et sa neurochimie : diapason de l’accordage «
Séminaire organisé par le CIG :