« Sexualité(s) et hypermodernité », 5è colloque de la SFPI, novembre 2020, Paris

Si la thématique de ce colloque et ses intervenants dont Alberto Eiguer le rendent intéressant, reste à noter que – comme souvent – il y a confusion et glissement de sens de la pensée de Freud quant au terme de « sexualité », qui ici semble être utilisé en lieu et place de « génitalité ». Rappelons que pour Freud, le sexuel est irréductible au génital, comme le psychisme est irréductible au conscient.

Sexualité(s) et hypermodernité. Réflexions sur l’amour, le désir et l’intimité au XXI siècle

samedi 28 novembre 2020

Maison « Adèle Picot », 39 rue Notre-Dame des Champs – 75006 Paris

La question de la sexualité constitue l’alpha et l’oméga de la pensée de Freud. Freud a découvert très tôt que la libido était au cœur de toute vie psychique. De ce fait, on lui adresse de nombreux reproches aujourd’hui, notamment l’hypersexualisation. Certes, Freud dit bien que la sexualité infantile est à l’origine de la formation de l’inconscient; selon lui, l’enfant étant incapable de symboliser et de métaboliser les messages qui lui parviennent de l’univers sexuel adulte refoule ses pulsions. Ces forces refoulées sont confrontées aux tabous et aux interdits et génèrent des névroses. Plus récemment, l’Ecole anglaise et Lacan en France se sont appropriés ces bases de la pensée freudienne pour requestionner le sexuel.

La vision de Freud et de certains de ces successeurs reste néanmoins marquée par une époque : celle de la société du XIX siècle et de la première moitié du XXème siècle. Or, l’évolution sociale – notamment via l’assouplissement des interdits et des tabous mais aussi la mise en avant du diktat de l’épanouissement personnel – a entraîné nombre de mutations psychiques et une évolution notable dans les pathologies.

Aujourd’hui, nous psychanalystes intégratifs du XXI ième siècle  – sommes confrontés dans notre pratique à une augmentation des états-limites. Pour cette catégorie de patients, la frustration et les interdits sont difficiles à supporter. De ce fait, ils privilégient l’agir voire le passage à l’acte. Le pulsionnel n’est ni pensé, ni élaboré mais agi, la décharge pulsionnelle signe un retour massif du refoulé. Pour les états-limites, il est plus facile de faire que de dire.

En parallèle – dans notre société hypermoderne – l’hyperchoix, l’hyperconnectivité, la poussée de l’individualisme, le déclin des religions et des idéologies – ont des conséquences importantes sur la relation à la sexualité et bouleversent la conception de l’amour, du désir et de l’intimité : accès précoce à la pornographie, addictions au sexe, relations construites sur un modèle économique néolibéral, revendications de liberté, polyamour, affirmation du genre et besoin d’être aimé traversent notre société hypermoderne, et interrogent les relations narcissiques et objectales.

Faut-il encore parler de sexualité au singulier ? Quelle place pour la sexualité dans notre société hypermoderne marquée par l’hyperpulsionnel et les aspirations sans limites ? Quelles incidences sur la conception de l’amour, la place du désir et le rapport à l’intimité ? Comment l’exposition de et à la sexualité transforme t-elle pratiques et fantasmes ? Quel regard porter en tant que psychanalyste intégratif  sur ces questions et ces évolutions ?

La SFPI, fidèle à sa philosophie intégrative, invite des spécialistes de sciences humaines de sensibilité différente pour élargir la réflexion sur ces questionnements dans notre pratique, ses référents théoriques et ses dispositifs spécifiques tant en approche individuelle que groupale.

Inscriptions : SFPI

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